‹ uvres de Philippe Desportes (volume 4)Chapitre 114 sur 190 · LIVRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I

Que les tiens soient punis qui suivent la constance, Tu me dois reserver le plus cruel tourment, Car Phœbus ne veit onc un si fîdel amant. Celle qui fut première est ma dernière flame; Comme je n'ai qu'un cœur je n'aime qu'une dame, Tousjours à mesme but s'adresse mon penser. Tel est mon naturel que je ne puis forcer. Et bien que ma Delon se change d'heure en heure, Cest la loy des destins que constant je demeure, Tandis qu'il y aura des poissons sous les eaux. Des estoilles au ciel, dedans l'air des oyseaux, Des bestes dans les bois, des hommes sur la terre, Et tandis q\i'aui moutons les loups feront la guerre. Que l'hyver sera froid et l'esté chaleureux, Lt tant que les beautez auront des amoureux.

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