‹ uvres de Philippe Desportes (volume 4)Chapitre 147 sur 190 · XV · texte numérisé non relu

XV

Comme un chien que son maistre a long-tans caressé, S'il advient qu'à la longue il change de nature, S'enfuit, puis s'en revient, espérant qu'il ne dure, Et pour six coups de fouet ne peut estre chassé ;

En lin d'ardanle soif et de faim trop pressé. Se voyant défaillir faute de nourriture. Est contraint autre part chercher son avanture, Cljangeant pour un nouveau celuy qui l'a laissé ;

J'en ay fait tout ainsi, dédaigné de ma dame : J'ay couru, j'ay tourné, pensant fléchir son ame, J'ay demandé pardon, triste et déconforté;

Mais puis qu'en ces courroux si ferme elle demeure. Je me pourchasse ailleurs de peur que je ne meure. Non par mon inconstance, ains par nécessité *.

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