‹ uvres de Philippe Desportes (volume 4)Chapitre 171 sur 190 · POUR LA MASQUARADE DES CHEVALIERS AGITEZ · texte numérisé non relu

POUR LA MASQUARADE DES CHEVALIERS AGITEZ

PLAINTE EX FORME d'eCUO

OÙ suis-je? ô misérable! où m'a jette l'orage? Est-ce plaine, est-ce mont, est-ce bois ou rivage Qui bénin me reçoit, et me va secourant Des naufrages d'Amour, le piteux demourant ? Malheureuse ma vie à souffrir condamnée ! Quel destin me poursuit d'une haine obstinée? Le ciel veut-il nommer une mer de mon nom, Où si c'est le courroux de quelque autre Junon? — Non. Non, dieux ! qui me respond ? quel bruit me fait la guerre, Quoy n'auroy-je repos sur l'eau ny sur la terre?

Mais, ô fille de l'air ! Echo n'est-ce point toy. Qui viens à ce besoin consoler mon émoy?— Moy. Narcisse à tes langueurs puisse estre secourable. Belle et gentille nymphe, aux amans favorable ! Dy moy que je dois estre en si grand déconfort? — Fort. Quel remède est plus propre au travail que j'endure ? — Dure. Hé ! n'ay-je pas duré tidellement servant ? Qu'ay-je en fin recueilly si long -tans poursuivant? — Vant. Donc que doy-je plus faire en ce malheur extrême? — Aime. Helas! j'aime si fort que je m'en hay moy-mème. Mais je n'avance rien, les destins trop constans Contre ma loyauté sont tousjours combattans. — Attans. Et bien ! j'attendray donc, sans que tant de traverses, De flots, de vens, d'escueils et d'injures diverses, Dont foible et sans secours je me trouve assailly, Puissent rendre un seul jour mon courage failly. Non que l'espoir m'allège au mal que je supporte, L'esprit n'est pas constant que l'espoir reconforte, Mais celuy seulement qui sans rien espérer Peut d'un cœur invaincu toute chose endurer.

DE TmOLEON DE COSSÉ

CMTE DE DP.ISSAC *

0 mort! contente toy! Ton char est honoré D'une riche despouille et de trop belles armes ; Tu peux bien l'assouvir, si lu te pais de larmes; Héros ne fut jamais si justement pleuré.

Mars ne doit désormais se tenir asseuré, Ains redouter craintif et fuîr les allarmes, Voyant devant ses yeux, entre mille gensdarmes, Le jeune Jlars gaulois palle et défiguré.

Mais, las! que sçay-je, moy, si Mars, esmeu d'envip, A point forcé la mort à le priver de vie! 0 Mars, s'il est ainsi, tu t'es bien abusé!

Car, s'il a remporté tant d'honneur sur la terre, Or' qu'il est immortel, il sera plus prisé, Et sera révéré comme dieu de la guerre.

* Ce jeune seigneur, d'une bravoure intrépide, fut tué au siège de Mucidan, en Périgord, le 28 avril 1569, à l'âge de vingl-six ans. De là les justes regrets auxquels Desportes servit d'interprète. Il était né en 1543 et ser\ii de compagnon, pendant son enfance, à Charles IX, qui, devenu roi, le lit genlilhonnoe ordinaire de sa chambre et colonel général de l'infanterie française au delà des Alpes. Il débuta dans la carrière niililaire, en 1532 au siège de Rouen, et combattit la in<"me année pour défendre Paris. Il secourut Malte en 1565, et força les Turcs à se rembarquer, les poursuiv i même jusque sur le rivage.

DE LIY-MESMF.

Brissac estoit sans peur, jeune, vaillant et fûiH : Il est mort toutesfois. Passant ne t'en estonne, Car Mars, le dieu guerrier, pour monstrer son effort. Se prend aux plus vaillans et aux lasches pardonne.

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