‹ uvres de Philippe Desportes (volume 4)Chapitre 172 sur 190 · DE DIA^E DE COSSÉ · texte numérisé non relu

DE DIA^E DE COSSÉ

COMTESSE DE MAXSFELD *

Quand le soleil nous laisse et que, tout radieux, Il va luire à son tour parmy l'autre hémisphère. Tout se couvre d'ombrage, et ce qui souloit plaire Prend un visage triste et se fait ennuyeux.

-Ainsi, chaste Diane, en quittant ces bas lieux, Pour faire luire au ciel ta (lamme ardante et claire, Quel nuage de pleurs, quelle horreur solitaire, Quelle ombre et quelle nuit laisses-tu sur nos yeux?

Helas! ton occident d'autant plus nous ennuie Qu'il vient devant le soir, et que ta belle vie Presque dès le matin nous couvre sa clarté.

Mais, que dis -je ! ah ! je faux, tant Tennuy me transporte ! Ta vertu luit tousjours, la mort n'est assez forte Pour faire que son jour nous soit jamais osté.

DE MADAME LA MARESCHALLE DE DRISSAC*

De palme et de lauriers tout autour soit planté Ce sacré monument : car le corps qu'il enserre

1 Une des trois femmes de Pierre-Ernest de Mansfeld, prince allemand, né le 20 juillet 1517, mort le 22 mai 1604. Pendant toute la première partie de sa carrière, il servit l'Espagne contre la France. Mais, ayant amené, en 1569, des secours à Charles IX contre les protestants, il fit de tels exploits pendant la bataille de Montcontour, que le roi lui écrivit de sa propre main une lettre très-flatteuse, l'.eliré, sur la fin de sa vie, à Luxembourjî, il s'y occupa uniquement des sciences et des arts, qu'il avait toujours aimés ; il se fit construire un palais magnifique, où il rassembla toutes les antiquités que l'on trouvait dans la province et dans les pays limitrophes. Cette Diane est l'héroïne des Premières Amours. Voyez ma préface.

» Femme d'Artus de Cossé, comte de Brissac, nommé maréchal de France en 1567. Il était surintendant des finances depuis 1563. En 1567, il commanda l'amiée contre les calvinistes, sous le duc d'Anjou. Arrêté, conduit à 1,1 Bastille peu de temps avant la mort de Charles IX, sous prétexte

En vivant triompha des vices de la leire, Et l'orna de vertus, d'honneurs et de bonté.

Brissac fut son espoux, ce guerrier indomlé, Qui fut des ennemis la foudre et le tonnerre; Brissac fut son enfant, cet astre de la guerre, Qui trop tost des François retira sa clarté.

Tant que des faits gaulois durera la mémoire, De ces preux chevaliers sera vive la gloire. Elle donc, mère et femme à deux si grands guerriers,

Qui sema de lauriers et de palmes la France, Doit avoir son tombeau, pour digne recompanse. Au lieu de belles fleurs tout semé de. lauriers.

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