DE SEBASTIEN DE LUXEMBOIRG
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Celuy que la mort mesme en vivant redoutoit, Lors qu'il ouvroit les flancs de la mutine armée. Et qui, chaud d'un beau sang et de gloire animée, Sans crainte de la mort aux dangers se jettoit.
Cette fatale sœur qui toujours l'aguettoit, D'envieuse fureur et d'ire envenimée.
Se meslant dans l'estain d'une balle enflammée. Perça son front vainqueur, où la gloire habitoit.
Puis, se resjouyssant d'un si piteux ouvrage : — Voy, ce dit-elle alors, que te sert ton courage? Et comme les plus forts sont sujets à ma loy.
— Tu t'adjuses, dit-il, ô mort pleine d'envie! Car je laisse un renom qui n'a point peur de toy, Et vay revi^Te au ciel d'une immortelle vie.
1)1 SIEUR DE SILLAC
C'est en vain désormais que la mère nature Travaille à faire voir des ouNxages parfaits, Puis qu'ils sont par la mort si promptement défaits, Et que le plus parfait est celuy qui moins dure.
Peintres mal avisez, qui, par vostre peinture,
qu'il favorisait le duc d'Alençon, il y resia dix-sept mois- Ilcnri III lui ouvrit les portei de sa prison et lui offrit des lettres-patentes qui atteslerjient son innocence, tr Trouvez bon, sire, que je les refuse, dit-il ; un Cossé doit croire que personne ne la supposé coupable. » II aimait la table et encore plus les femmes. II mourut en Anjou, au mois de février 1582.
-i"0 EPITAPIIES.
Faites la mort sans yeux, reformez vos poiulrails. 'lousjours au plus beau but elle a<lresse ses traits, El n'en tire jamais un seul à lavanture.
Elle a choisi Sillac entre mille soldars, Sillac, choisi d'Amour, d'Apollon et de Mars, El, d'un coup, de trois dieux l'attente elle a ravie.
Mais, las ! elle est sans yeux, car s'elle eust veu les pleurs Qu'ont respandu sur luy les beaux yeux de ses sœurs, Elle eust esté contrainte à luy rendre la vie.