‹ uvres de Philippe Desportes (volume 4)Chapitre 177 sur 190 · DE MADAME MARGUERITE · texte numérisé non relu

DE MADAME MARGUERITE

DCCIIESÏ.E DE SAVOTE '

Tu nous veui perdre, ô Dieu plein de vengeance! Tu nous veux perdre, et ton cœur de<;pité i'omma un torrent respand sa cruauté.

Noyant du tout nostre foible espérance.

Il ne restoit rien d'entier de la France, De pur, de saint, d'une antique bonté, Que MiriGLERiTE, humaine deîlé, Et ta rigueur cou\Te cette influance.

« Fille de François I", morte à Turin en 15TV. « au grand regret du duc el de tous les gens de bien, dit l'Estoile. Entre ses perfections, elle estoit tellement craij^nnnt Dieu, poursuit-il, et revêtue dune si héroïque charité, que, s'estans quelquefois rencontrés des gentilshommes françois qui, se trouvans en nécessité, la faisoient prier de leur vouloir prester de l'argent, non-seulement leur en donnoil plus qu'ils ne demandoient, mais les consoloil et leur disoit : «Je vous domie «fe bon cœur ce que vous m'avez « demandé à prester, car je suis fille de roys si grands et si libéraux, qu'ils « m'ont appris, non à prester, mais à donner libéralement. »

-174 E l'ITAl'llK^.

Oue ferons-nous, ô chetifs! desuiniaib.' L'appuy des bon?, le recours et la paix r.evole au ciel, ?a première origine.

, Ton cœur, ù Dieu ! devoit estre assouvy

Du sang gaulois, du roy si-tostravy, Sans arracher celte plante divine.

SLR LES CŒUR^ DE MESSIEURS LES CARDl.XALX DE LORRAINE ET DE GUISE*

rorrt madami: de s. pierre, leur sœir

Deux cœurs sacrez à Dieu sont clos sous cette pierre, Des deux plus grands pielats que l'Europe ait connus; Leur sœur pour tout tliresor se les est retenus, Qui, quand et ces cœur 3 morts, le sien vivant enserre.

Quel désert si caché, quel recoin de la terre N'est plein de leurs combats pour la foy soustenus? En quel lieu leurs travaux ne sont-ils parvenus, Leur constance, leur zèle et leur fidelle guerre?

En vain de vostre tans, athlètes glorieux, Qui pour pris olympique avez acquis les cieux, Tant de monstres cruels l'Eglise ont combatuë.

Honorant vostre tombe, on doit peindre en ce lieu La foy, la vérité, Tardante amour de Dieu, Et, grondant sous vos pieds, l'heresie abatuë.

Page 1