SUR LA MORT DE LOYS DU GAST
MAISTRE DE C.\MI> DE LA GARDE DC rsOV
Ne semez point des Heurs sur la tombe sacrée Du valeureux le Gast, vive flame de Mars,
' Lo c;»rdinai de Lorraine (Charles de Guise) était né à Joinville le 17 lévrier 1523. il fut ministre sous François II, sous Charles IX, et sacra Henri IIl. Adversaire déclaré de la tolérance, il essaya d'introduire chez nous l'inquisition et provoqua le fameux colloque de Poissy. La ligue n'eut pas de chef plus zélé- Il aimait, protégeait néanmoins les savants et les littérateurs. Le 23 décembre 1374, il termina sa funeste carrière. Le cardinal de Guise (Louis 1" de Lorraine) vint au monde le 21 octobre lo27. Sa haute naissance lui ouvrit le chemin des honneurs. « Cestoit, dit l'Estoile, un bon homme, peu remuant. On l'appeloit le cardinal des bouteilles, parce qu'il les aimoit fort et ne se méloit gueres d'autres affaires que de celles de la cuisine. »
- Louis Béranger du Guasl, favori de Henri III, fut enivré par sa haute foi-
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Mais des niarques de guerre, escus, lances et dards; Autre ornement funèbre à sa cendre n'agrée.
Ou'on n'entende à l'entour les accens misérables Des nymphes, des pasteurs, des Amours lamentans; Mais que la forte voix des meilleurs combattans Célèbre son obseque et ses faits mémorables.
Jamais le ciel ne mit plus d'addresse et de grâce, .Ni de force en un corps, ny cœur plus asseuré; Et s'il ne l'eust si-tost d'entre nous relire, La France auroit son Mars aussi bien que la Thrace.
Dés sa première enfance, en vertus accomplie, .\yant d'un beau désir le courage cnilnasé, 11 s'estoit comme un but en l'esprit proposé Que pour aimer la gloire il faut haïr la vie.
En cent et cent combats, dont France est trop fertile, Soustenant de son roy le fidelle party, Cent fois les plus vaillans son effort ont senti, El l'estimoicnt des siens le rampart et l'Achile.
En fin demeuré sauf des guerres plus cruelles, Durant qu'en tans de paix il se va moins gardant, L'n soir on le massacre, et tombe en respandant Plus d'honneur que de sang de vingt playes morlelles-
0 rigoureux destins dont France est combatuë ! Mars au discord commun luy ravit ses enfans, Puis, ceux qu'on voit rester vainqueurs et Irionfans, Au giron de la paix laschement on les tué.
DE LUY-MESME
Le Gast. qui sous Brissac, nourriture avoit prise. Et qui seul imita ses desseins généreux, Eut le cœur grand et beau, l'esprit avantureux, Pour luy du plus haut ciel basse estoit l'entreprise.
En ce tans triste et feint il vescut sans feintise. N'estima les plus grands, mais les plus valeureux; D'argent il fit jonch-'e, et ne fut désireux Pour tout bien que de gloire ouvertement acqiiisc.
lune aupoinldelrailerrivec insolence les pius grands personnages. Il n'épargnait pas les darnes de la cour et d.nairiait publiquement la reine Marguerite de .Navarre. Cette princesse, d'accord ôvec le duc d'Alençon, le fil tuer dans son lit par le baron de Vileaux, alors caché au monastère des Auguslins pour éviter les conséqnencee d'un meurtre précédent. Il avait luimême tué beaucoup de schismaiiques pendant la Sainl-Barthélemy. Sa morl eut lieu le 31 octobre 1575, à dix heuré's du soir. L'assassin fut recueilli p,"i le duc d'Aleni on et condamné seulement à des dommages-inltréts. Le roi lit enterrer pompeusement son mignon.
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H aida ses amis, ses ennemis chassa, Et tousses compagnons en faveurs surpassa, Fut fidelle à son maistre et gaigna son courage.
En fin, la nuict, au lict, foible et mal disposé, J-e voit meurtrir de ceux qui n'eussent pas osé En plein jour seulement regarder son visage.