‹ uvres de Philippe Desportes (volume 4)Chapitre 2 sur 190 · XII PHILIPPE DESPOF.TES · texte numérisé non relu

XII PHILIPPE DESPOF.TES

Desporles fut introduit à la cour; mais ses œuvres contiennent à cet égard les indicalions les plus précieuses.

Il se lia de très-bonne heure et de la manière la plus intime avec unhomme encore plus jeune, qui occupait uneposition brillante. Claude de Laubespine, fils du célèbre Claude de Laubespine, secrétaire d'État sous François I", Henri II, François II et Charlei IX*, était lui-même secrétaire des commandements de ce dernier prince. 11 semble avoir réuni les grâces du corps aux mérites de l'intelligence. La nature, suivant Desportes, l'avait fait grand, beau, agile, aimable; il n'avait ni ambition ni dissimulauon, mais, d'un cœur pur et d'une âme droite, ne songeait qu'à rendre service. Les jeunes gens s'éprirent l'un pour l'autre d'une amitié qui les honore tous les deux. Le poète fut sans doute présenté à la cour, mis en relation par Laubespine avec Charles IX et les plus grands personnages, nolanmient avec le duc d'Anjou et le marquis de Villeroy, principal ministre, qui n'avait lui-même que vingt-sept ans. Tous trois lui témoignèrent une égale faveur. Le ministre le logea même dans sa maison et le prit pour secrétaire particulier *. C'était un coup de fortune. Aussi dans le prélude du poëme de Rodomon>, que Desportes dédia bientôt à son protecteur, le nomme-t-il son support, c'est-à-dire son appui. Laubespine avait pu l'introduire facilement chez le ministre, qui avait épousé sa sœur et devait en outre sa haute fortune à son père, comme Villeroy lui-même nous l'apprend dans ses Mémoires'. Le poète se trouva, pour

1 Ce ministre, originaire de Bourgogne, mourul jeune encore, le 11 novembre 13G7. Il passait pour un des plus habiles négociateurs de l'Europe, et fut employé par la cour de France dans toutes les opérations diplomatiques de son temps. Il signa, par exemple, le traité de Càleau-Cambrésis, la paix de Hardelot et assista aux conl'érences de La Marck. Il était baron de Chàteauneuf. La veille de sa mort, il donna d'utiles avis à Catherine de Médicis, qui était venue le consulter.

2 Son admission comme secrétaire chez le marquis de Villeroy est constatée par un document authentique : le privilège de la première édition de ses œuvres; on y lit en effet :

« Par lettres patentes du roy, données à Paris le vingt-huictième jour de juillet 1375, signées par le roy, le roy de Pologne, son frère, et lieutenant général présent, de Neufville (c'est le marquis de Villeroy); et scellées du grand sceau en cire Jaune sur simple queue : Il est permis à maistre Philippe Des Portes, secrétaire de la chambre dudicl seigneur, de faire im|)rimer, » etc.

5 « J'eus cet honneur, quoy qu'indignement, mais favorisé de la protection delà feue royne mère, que Dieu absolve, et des services ti-és-recommnndables que feu M. de Laubespine, mon beau-père, avoit rendus à Sa Majesté, destre pourvu à laage de vingt-quatre ans, par le feu roy Charles, mon premier maistre, de l'office de secrétaire d'Estal qu'exerçoit ledicl feu

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