A L\ VIERGE
« Tu PS cette blanche toison de Gédéon, non baignée par trois k fois de simple rosée, mais toute remplie des grâces et des mys- '' téres delà Trinité, par l'ouvrage de laquelle tu asincompréh siblemenl conceu Ion Père et ton Dieu. Tu es cette nouvelle \. non marâtre comme la première, cpii fit mourir ses enlal!^ avant que de les engendrer, mais méro aimable et débonnaire : non mère des mourants, comme l'autre, mais des ressuscites et des revivants, par le moyen de celui dont tu es ensemble épouse, et fille, et mère. Tu es cette valeureuse Judith, qui sauva ton peuple et la cité désespérée, coupant la tête au cruel twan qui nous tenoit si rudement assiégés. Tu es cette agréable Esther, les délices du Roy céleste, qui tournas le jugement de notre i mort cl les couteaux qui nous menayaient sur celuy même qui i les avoit préparés. »
Certes, l'homme qui priait dans ce langage magnifique aurait pu traiter en prose les matières les plus graves et les plus délicates, lue dernière citation finira de le prouver.