‹ uvres de Philippe Desportes (volume 4)Chapitre 63 sur 190 · LIVRE II. S · texte numérisé non relu

LIVRE II. S

Par cent et cent fureurs elle fait outrager.

La misérable Inon. d'Athamas pourchassée, Portant son fils d'un bras, esperduê, insensée, S'élanra dans la mer et noya ses douleurs :

Et moy, de vos courroux fuyant la violance. Et portant sous le bras ma débile espérance, Troublé, je me submerge en la mer de mes pleurs.

Puis que, pour mon mallieur, ceste unique beauté, Oue j'aime uniquement, fait aimer tout le monde, Il ne faut pas penser que l'angoisse profonde, Qui s'ancre en mon esprit, perde sa cruautr.

Je suis transi de froid au plus chaud de l'osté. Tant la crainte en mon cœur d'un pié-ferme se fonde. Le soleil me fait peur, le ciel, la terre et l'onde, Les vens, les ileurs, les bois, l'ombrage et la clarté.

Las! si pour la voir telle, une aspre jalousie Doit posséder mon cœur comblé de frenaisie, Faites pour mon salut (ô pitoyables dieux!)

Afin que la fureur de ce mal diminué, Que ceux qui l'osent voir soient privés de la veué. Ou, pour ne les voir point, que je perde les yeux.

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