LIVRE 11. ^à
Aux durs tableaux de la mémoire, Vantez vostre commandement; De moy, je sers si noblement, Que je ne chante autre victoire.
Le forçat, sauTé du danger, Monstre sa chaisne à l'estranger, Triste enseigne de son supplice; Et moy, je monstre mon lien, Heureuse siarque de mon bien, Car mon bien -went de mon service.
Hercule, en tous lieux redouté, Ayant maint travail surmonté, Servant, effaça cette gloire; Mon senice n'est pas ainsi, Car il rend mon nom esclairci Trop plus qn'une belle victoire.
0 vous, furieux de soucis, Sans repos troublez et transis.
Pour renverser ijne police, Ayans l'univers travaillé.
Le prix qui vous sera baillé N'est rien auprès de mon senice.
Ce bel œii qui donne le jour, Alors qu'il chasse, à son retour, La nuict marchant en robe noire.
Ne voit rien, par tout l'univers.
Devant, derrieiie, et de travers.
Egal au Dieu de ma victoire.
Heureux %il sei t comme je fais.
Et qui consacre tous ses faits A chose si sainte et propice; Aussi, pour m'en recompenser, Kien mieux je ne sçauroy penser Que de mourir en son service.