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Amour, oyanl tant renommer La \enus qui me fait aimer Entreprist vers elle un vovage • lant 11 est désireux du beau ' ' Et se ût oster son bandeau I our mieux voir si parfait ouvrage.
Alors ravy de tant d'attraits.
Lt navré de ses propres traits • • î>us sus. dit-il, qu'on me rebande; Aussi bien, revolant aux cieux il ne faut pas que je m'attnndé De voir rien d'égal à ses veux. .
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CLEONICE.
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Quand je vous voy si belle, ô ma douce adversaire Je dy, d'estoniiernent et d'amour transporté. Si m"a llarnme doit croistre égale à sa beauté, One sera-ce de moi? que faut-il que j'espereV ^ Celle qui fut promise au Troyen pour salaire, Cause du long débat si souvent rechanté. Qui tint les Grecs dix ans autour d'une cité, N'avoit tant d'hameroni pour les hommes atfraire. -
Quand en la mer Pontique, errant en maints destours, Ke Danube orgueilleux vient descharger son cours, Il rend long tans après douce l'humeur salée.
Vos beautez tout de mesme, entrans dedans mon cœur Destrempent doucement son amere langueur, El parmy mes ennuis la liesse est meslée.
l'ourcc que je vous aime à l'égal de mon ame, Je vous voy contre moy la haine entretenir. Or, si l'inimitié mon amour fait Unir, Ch'anoeant de naturel, m'aimerez-vous, madame.
Mais en vain pour mon bien tel secours je réclame, Car vous pourriez plustosl amante devenir, Que pour quelque accident qui me sçeust advenir, Je sentisse en l'esprit moins d'amoureuse llame.
Le roc de vostre cœur, de glayons rempare, l'iustost s'éclatera d'un feu démesuré.
Que l'ardeur qui m'allume en rien soit consumée.
Et puis j'avme trop mieux vous aimer sans espoir Que ne vous aimant point, à mon gré vous avoir, Car 'l'amant est tousjours plus divin que l'aimee .
XXX Vil
Le ravon d'un bel œil namboyant et léger, Passant" comme rm éclair, ma poitrine a percée, Et par sa vive flamme, eu mon cœur elançee,
Imité l'un
sonnet iialien qui commence par celle strophe
V amo, Donna; e di me sol percli lO v ; Non per allia cagion, neniica siele :
Ueh! se per sol amarvi odio m havele, Gradiretemi poi s' io vi disamo l
CLEONICE. 197
N'a rien liissé de<lans de mortel à purger.
Depuis vostre beauté s'y est venu loger, Trouvant la place \-uide et Uns nulle pensée, Et, pour toute la llamme autour d'elle amassée, Sa glace et ses froideurs elle ne veut changer.
Peut estre afin qu'im jour, quand ma despoûille entière Sera réduite en cendre, et faute de matière S'amortira d'un coup mon triste embrasement.
Elle sorte du feu sans qu'elle en soit atteinte. Pour jelter, sacrilège, au vent ma cendre esteinte. Et sur mon ombre encore avoir commandement.
Si vostre esprit divin, tout au ciel adonné, Un jour tant seulement s'abaissoit en la terre, Pour voir de quels liens vostre rigueur m'enserre, Assez je me tiendrois en mes maux guerdonné.
Mais depuis tant d"hyvers que je suis enchaisné. Et que laveugle Amour coup dessus coup m'enferre, Vous ignorez encor de m'avoir fait la guerre. Et que, vaincu de vous, je sois si mal mené.
Reconnoissez vos coups qu'autre ne m'eustsçeu faire, Reconnoissez les traits de vostre œil adversaire, Et, piteuse, à la fin dites tout bas de moy :
« I.e mal de cet amant ne vient que de me suivre ; Par trop d'affection il est mort dedans soy. C'est raison qu'en mon cœur je le fasse revivre. »
J'avoy creu que l'espoir du fruit que l'on désire Rendoit l'amour durable et lui donnoit pouvoir, Et q\ie le bien du tout impossible d'avoir * Se desiroit sans peine et sans donner martire.
Je dure toutesfois, bien que, sous vostre empire. Rien, sinon des tourmens, je n'atten recevoir. Et sens maintes douleurs mon courage esmouvoir, Tandis qu'à l'impossible aveuglement j'as|iire.
Il est vray bien souvent que mon feu si brûlant. Faute d'un peu d'espoir, se fait moins violant. Et qu'il reste tousjours de la glace en mon ame.
Mais je ne laisse pas d'aimer et d'endurer ;
\.f l.i'^n ab«o)iimpnt impo<:<;ibl(» à obtenir.
198 CLEOMCE.
Et, s'il m'ostoit permis en aimant d'espérer, Il n'y a rien en moy qui ne fust tout de Hame.
ST A.NCF.S
Alors qu'auprès de vous la fortune m'appelle, M'ouvrant tous les thresors que recèlent les deux, Trop foible à contempler une chose si belle, Je me courrouce à moy de n'avoir que deux yeux. Mais las! c'est pour mon mal que j'en veux davantage, Car je ne voy que trop ma perte et mon dommatre.
Mes yeux sont assez clairs pour lire en vos beautez L'irrévocable loy de ma mort asseurée, Et pour voir que trop haut mes désirs sont portez, Ayans l'aile tardive et foible, et mal cirée. Pour voir qu'à vos soleils leurs cerceaux se desfont, Ta que tout mon espoir comme neige se font.
0 misérable vue à pleurer condamnée !
Tu le vois, maintenant qu'il n'en est plus saison, Kt tu ne le veis pas à l'heure infortunée Que par un doux regard tu vendis ma raison : Mais surprise et ravie, et d'amour affollée, T'égayois en l'objet qui mon ame a brûlée !
Fay donc de ton erreur maintenant pénitence. Pleurant les passions qu'au cœur tu fais sentir. Mais qui pourroit pleurer une si belle offance? C'est pécher doublement que de s'en repentir; Non, ne le faisons pas, mais monslrons au contraire Que ce malheur forcé nous est choix volontaire.
0 misérables yeux, aussi fous que dolans! Qui vous fait aujourd'hui lùchcr tant de fontaines? Sentez-vous plus qu'hier de douleurs et de paines, Perdant de vostre jour les rais estincelans?
Ce que d'un mal nouveau les accez violans Vous cachent une fois, ses rigueurs inhumaines, Ses courroux, ses fîertez de froideur toutes plaines, Mille fois sans raison vous le furent celans.
Et puis, quand vous seriez cent mille ans auprès d'elle, Devez-vous espérer qu'elle en soit moins cruelle. Et qu'ayez à la lin favorables les cieux?
Non, non, ne pleurez point deux ou trois jours d'absance; Pleurez le premier jour que vous veistes ses yeux. Qui de tous vos malheurs fut la seule naissance.
r.LKoNKu:. l'jo