‹ Œuvres de Philippe DesportesChapitre 184 sur 259 · A MADEMOISELLE DE BR]SSAC · texte numérisé non relu

A MADEMOISELLE DE BR]SSAC

JEAXNE DE COSSÉ

(lomme quand il advient que l'humaine pensée, Compagne d'un désir \-ainement curieux, Entreprend de voler jusqu'au plus haut des cieux l'our voir des deïtez la grand' troupe amassée.

Alors qu'elle présume estrc bien avancée, C'est lors qu'elle connoist son vol audacieux ; Car toujours le chemin s'esloi^e de ses yeux, Et ne voit point de lin à l'œuvre commencée.

Tout ainsi qui voudra, plein de temeriUS S'essayer de trouver fin à l'infinité Des grâces, qui vous font divinement reluire.

En pensant s'avancer ses labeurs accroistront; Car d'un sujet finy cent mille autres naistront, Et faudra qu'à la fin tout court il s*en retire.

A MADEMOISELLE DE LA CHASTAIGNERAYE : DB vivo:(MB

0 beaux cheveux châtains d'une qui ce nom porte» Ondez, cre^pes et longs, où les Jeux inconstans Et les petits Amours, conune oiseaux voletans. S'emprisonnent l'un l'autre en mainte et mainte sorte»

0 bel œil, qui d'Amour rend la majesté forte» Clair, brun, fier et piteux, seul soleil de ce tans, Le bois sec reverdit au retour du printans, Et le tien fait fieurir mon espérance morte I

11 faudroit estre roche» acier ou diamant» Pour ne devenir flamme et mourir doucemant Auprès d'une beauté de beautez si pourveuG.

0 célestes rayons, qui me donnei la loy, Je voudrois estre Argus alors que je tous voy Et, ne vous voyant point, estrc privé de veufi ' !

* Pour le< Irois dorniùres ))ersoiiim, voyei nnlrodoctàoa pbeée m téta du volume.

CHANSON

0 birn-Ucureux qui peut passer sa vie Entre les siens, franc de haine et d'envie, Parmy les champs, les foresls et les bois, Loin du tumulte et du bruit populaire, Et qui ne vend sa liberté pour plaire Aux passions des princes et des rois !

Il n'a soucy d'une chose incertaine, II ne se paist d'une espérance vaine, • Nulle faveur ne le va décevant, Do cent fureurs il n'a l'amc embrasée.

Et ne maudit sa jeunesse abusée, Quand il ne trouve à la An que du vant.

11 ne fremist, quand la mer courroucée Enfle ses flots, contrairement poussée Des vens esmeus,soufllans horriblement ; Et quand la nuict à son aise il sommeille, Une trompette en sursaut ne l'éveille, Pour l'envoyer du lict au monument. '

L'ambition son courage n'attise; D'un fard trompeur son ame il ne dtçuise, II ne se plaist à violer sa foy; Des grands seigneurs l'oreille il n'importune, Mais en vivant contant de sa fortune, Il est sa cour, sa faveur et son roy,

Je vous rens grâce, ô dcïtez sacrées Des monts, des eaux, des forests et des prées,

400 blVEitSES AlioLKs.

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