‹ Œuvres de Philippe DesportesChapitre 194 sur 259 · AUTRE HASQUARADE POUR LE ROY HENRY · texte numérisé non relu

AUTRE HASQUARADE POUR LE ROY HENRY

Ces dëuv en fil 11^ d^ ïlars, dont lii gluito itidonLéc Aux déserts plus eadici pnv k fera'izsl pJantcet La Icrreur du iH&vanl, çn Ums IJpui redoulfîi, Du bulin qu'Us ont fUiU courai^s LouLi^ la l^ae, Vienniînl p.iycr cea vûèqï, non auï diêui du La gujïrrui Biais à vos yeux vainqu<;urs, dcraî^ca d(*s bcauU'ï.

Ce sont six prisonniers j i^rands d'honnnms oi diî xaLe, Qui ile tout runivers faUoicnt Ueuiblci' l'auilact^ Avant que la forlune eost sau^imis leur valeur^ Beaux, courioLB et discrets, en J' avril d« leur dgc, De qui les accîdeJQS n'ont fliJchï le courage. Hais sont moins abnttus plus ils ont Je malhifur'

Aticeptcz cfl présent d'un œil doiu et prapics, Reteiiant les captifs pour vous faire: soj-vicc, Ou pour les immoler à voslrc cruauté* Us sont tous rc50lus d'i>nilijper vostre rmpire, Et, quoy qu'il en arrive, un setU d'oui ne désire Que si belle prison se change en liberté'

Que pour eux la ri^eur loin do touâ soit bannie ! Aux ours et au!£ dragons propre est la tdonnfe, Mais non aux deTt*^ qnl dc^mineiit sur ncu^. Une iN^auLé cruelle (\^l un monstre en nature. La lier lé des lions se Ut en leur fl^^ure ; Où le vtsi}|;e est beau, 1c cœur doit ostre doux.

POUÏl LA iHil.*^.fiUAUiDE DES CUASSBURS

Nous somiriefi six cl lajssiiiirîi Je U bt^lli Cyjuis^ Nourris en ses foreflls do l^aphoa et d'Erice, Entre les jeax mignards, où nous avons âpprzf De nature et d'AïuDur ee piaillant exereiciJ Qui, par divers st^nliera et par lieux inconnus, Kn chassant jonr et nuit soinme3 icy venus,

> Ces stances sont imitées, ou, p( du Bernia, qui comolence ainsi :

Noi siamo, 6 belle donne, c M inisiri e servi a 1* amoros

464 MASQUARADËS.

Bien fournis de courtaux, de limiers et de toiles, Pour chasser aux forests des jeunes damoiselies.

On dil que leurs taillis sont assez fréquentez, El que tout ce terroir est fort propre à la chasse; Les piqueurs seulement ne sont pas bien mcmtez, Leurs courtaux et leurs chiens sont de mauvaise race : Ils n'ont jamais appris coratme l'on doit chasser, Faire enceinte es devant, rembuscher et lancer, Rcquester, redresser, mettre bien sa brisée ; Mais souvent redresser c'est chose mal-aisée.

Ce n'est pas peu de cas de chasser comme il faut ; A la perfection mainte chose est requise. Les piqueurs bien rusez souvent sont en deUaut, Et sans plus redresser laissent leur entreprise. Pour estre bon chasseur, il faut premièrement Estre ferme et bien roide, et piquer vivement, (•arder l'ordre et le tans, et l'art et la mesure, Et non comme les foux courir à Tadvanture.

11 faut un bon limier pénible et poursuivant, Nerveux, le rable gros et la narine ouverte, Qiii roidisse la queue et s'allonge en avant. Si tost qu'il sent la heste ou qu'il l'a découverte; Et lors c'est le plaisir, quand un veneur parfait Le sçait tenir de court ou luy lascher le trait, L'arrester, l'échaufifer, comme il a connoissancc Ou que la beste ruse, ou bien qu'elle s'avance.

Tous endroits pour courir ne'tont pas approuvez, Et chacune forest n'est duisante à la chasse : Les champs marescageux, qui sont trop abbruvez, Bien souvent à nos chiens ont fait perdre la trace; Les lieux, d'autre costé, raboteux et pierreux Sont fascheux à piquer et sont fort dangereux ; Qui veut que sans danger le plaisir l'accompagne, Il n'est que de chasser en la plaine campagne.

NA8QUARADE8. f^Tî

Ces couaUuik verdJEsans en g-azons neteveî. Qui eommeni^cnC encor d pousser un herbagi?, Des chasseurii bien esperls les ineilîeurs sont Irouvei ; Mais ils veuirnt des clncns qui sùEcnt Ûa gîtiud courtij^e. Un chien foiblc de reins so rcmpl soudaitieinpntj On a bvau forliufir eL sonner bautenienl, Quanrj iJ a iail un cours, sa force diminué Et, sana t»Iiia re<|uester, il va bmuiïint lu qu^uS.

f^OG duens ne sont pas [«b, mais, iousjourB vigoureux, EuhauffeK du plalur vont supportant la pdne; Ils ne erazgnrnl Tliper ny l'esté chaloureuXj Un cry les rc^youït et les met en baleine, Et ^ns cstre en defauï, legtrs comme le vanlt Tous] ours bien ameutes» le droit i h vont suivant - Et n'y a lieu ai fort, ne si serré boeâgc. Qu'ils îi*ï met lent la teste et n'y trot) vent passage*

QqiI i^thbîr penâez-voua qii'un chasseur doit i'fùïr, Vmemnmi finement une beste rusée, Qui touruûye en son fort, pendant le deeevûir. Ou qui donne le change et fait ea reposée, Quand âpres grand travail il la voit coaunenoer A se feindre k corps et sa teste baisser, Cliaueeler eoup sur coup, à la Du renver^» Tomber à sa mercy toute inoll«i H iJtsEûe?

ÎX

Dames qui, par vos yeuï amoureusement dotm, Rendez comme il vou» plaist une eme sssi^ettje. Sans perdre ainsi le tan^ cbass^]^ avecques nous, El la cbasse en commun vctus sera départie; Preste^-nouïi seulement vos bois et vn^ ferestst Wûua fournirons de chiens, de cour taux et de rets ; Et, bien que sur nous seuh la peine su il remi»r. Vous aurez le plaisir et Je fhilL de la prise.

^166 MA8QUARADBS.

POUR LA MASQDAUVDE DES CHEVALIERS AGITEZ

PLAIME EN FORME D'eCBO

Où suis-je? ô misei-able! où in'a jette l'orage? Est-ce plaine, est-ce mont, est-ce bois ou rivage Qui bénin me reçoit, et me va secourant Des naufrages d'Amour, le piteux demourant ? Malheureuse ma vie à souffrir condamnée 1 Quel destin me poursuit d'une haine obstinée? Le ciel veut-il nommer une mer de mon nom, Où si c'est le courroux de quelque autre Junon ? — Non. Non, dieux ! qui me respond ? quel bruit me fait la guerre, Quoy n'auroy-je repos sur l'eau ny sur la terre?

Nais, ô fille de l'air I Echo n'est-ce point toy. Qui viens à ce besoin consoler mon émoy? — Moy. Narcisse à tes langueurs puisse estre secourable, Belle et gentille nymphe, aux amans ûkvorable! Dy moy que je dois estre en si grand déconfort? — Fort. Quel remède est plus propre au travail que j'endure? ~ Dure. Hél n'ay-je pas duré fidellement servant? Qu'ay-je en fin recueilly si long -tans poorsuitant? — Yant Donc que doy-je plus foire en ce malheur extrême? — Aime. Helas! j'aime si fort que je m*en hay moy-mème. Vais je n'avance rien, les destins trop constans Contre ma loyauté sont ton^'ours combattans. — Attans. Et bien ! j*attendray donc, sans que tant de traverses, De flots, de vens, d'escueils et d'injures diverses, Dont foible et sans secours je me trouve assailly, Puiss^t rendre un seul jour mon courage failly. Non que l'espoir m'allège au mal que je supporte. L'esprit n'est pas constant que l'espoir recondTorte, Mais celuy seulement qui sans rien espérer Peut d'un cœur invaincu toute chose eadorer.

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