‹ Œuvres de Philippe DesportesChapitre 195 sur 259 · DE TIMOLEON DE COSSÉ · texte numérisé non relu

DE TIMOLEON DE COSSÉ

Cf MfE DE BRISSAC *

0 mort! contente toy! Ton char est honoré D'une riche despouille et de trop belles armes ; Tu peux bien t'assouvir, si lu te pais de larmes; Ilnros ne fut jamais si justement pleuré.

Mars ne doit désormais se tenir asseuré, Âins redouter craintif et fufr les allarmes, Voyant devant ses yeux, entre mille gensdarmes, Le Jeune Mars gaulois palle et deûguré.

Mais, las! que sçay-je, moy, si Mars, esmeu d'envie, A point forcé la mort à le priver de vie! 0 Mars, s'il est ainsi, tu t'es bien abusé!

Car, s'il a remporté tant d'honneur sur la terre. Or' qu'il est immortel, il sera plus prisé, F.t sera révéré «omme dieu de la guerre.

* Ce jeune seigneur, d'une bravoure intrépide, fut tué au siège de Mucidaii, en Périgord, le 28 avril 1569, à l'âge de vingt-six ans. De là les justes i-egrets auxquels Desportes servit d'interprcte. 11 était né en 1545 et servit de compagnon, pendant son enfance, à Charles iX, qui, devenu roi, le fit geiKillioininc ordinaire de sa chambre et colonel général de rinfanterie française au delà des Alpes, il débuta dans la carrière militaire, en 1501 au siège de Uouen, et combattit la même année pour défendre Paris. Il secourut y.i\\ic en toG5, et força les Turcs à se rembarquer, les poursuivi nx'iiio^u que sur le rivoge.

^^ NASQUARADBS.

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PLAINTE EX FORME D'eCHO

Oû suis-Je? ô miserablo! où in'a jette l'orage? Est-ce plaine, est-ce mont, est-ce bois ou rivage Qui bénin me reçoit, et me va secourant Des naufirages d'Amour, le piteux demourant ? Malheureuse ma vie à souffrîr condamnée 1 Quel destin me poursuit d'une haine obstinée? Le ciel veut-il nommer une mer de mon nom. Où si c'est le courroux de quelque autre Junon? — Non. Non, dieux ! qui me respond ? quel bruit me fait la guerre, Quoy n'auroy-je repos sur l'eau ny sur la terre?

Mais, ô fille de l'air 1 Echo n'est-ce point toy. Qui viens à ce besoin consoler mou émoy? — Moy. Narcisse à tes langueurs puisse estre secourable, Belle et gentille nymphe, aux amans (kvorable! Dy moy que je dois estre en si grand déconfort? — Fort. Quel remède est plus propre au travail que j'endure? — Dure. Hél n*ay-je pas duré fidellement servant? Qu*ay-je en fin recueilly si long -tans poursuivant? — Vant. Donc que doy-je plus faire en ce malheur extrême? — Aime. HelasI j'aime si fort que je m*en hay moy-mème. Mais je n'avance rien, les destins trop constans Contre ma loyauté sont tousjours combattans. — Attans. Et bien ! j*attendray donc, sans que tant de traverses, De flots, de vens, d'escueils et d'injures diverses, Dont foible et sans secours je me trouve assailly. Puissent rendre un seul jour mon courage faiUy. Non que l'espoir m'allège au mal que je supporte, L'esprit n'est pas constant que l'espoir reconforte, Mais celuy seulement qui sans rien espérer Peut d'un cœur invaincu toute chose endurer.

DE TIHOLEON DE GOSSÉ

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