‹ Œuvres de Philippe DesportesChapitre 3 sur 259 · XIV PHILIPPE DB8P0RTBS · texte numérisé non relu

XIV PHILIPPE DB8P0RTBS

Le siège de la Rochelle était une conséquence de la Saint Barthélémy, que le duc d'Anjou avait si fortement conaàllée, laquelle il avait pris tant de part. Ce hideux massacre, oeti œuTre infernale exécutée au nom du ciel, ne semble pas avoi -beaucoup ému Desportes; il soupirait, comme on voit, des plaii tes amoureuses pendant que son 'patron allait combattre les hu guenots, qui ne voulai^it point se laisser tranquillement égoi ger. Une de ses meilleures chansons, écrite sans le moindr doute à cette époque, attendu qu'elle se trouve dans le premie iivTe des Amours de Diane, prouve encore son indifférence poli tique '. l/auteur y assimile complètement les tribulations qu lui cause l'amour à là guerre intestine qui déchire la France L'ne lutte si cruelle lui parait uniquement une source de m^ taphores. S'idenlifiant avec les huguenots dans ses vers subtih Télégant poète teiinine ainsi sa comparaison, adressée à un femme, bien entendu :

Comme eux je suis troublé de rage.

Comme eux je cause mon dommage Pour plaire à mon opinion ; Comme eux mon mai même j'ordoime, Et pour vous je me passionne Coiivne eux pour leur religion,

L*DÉ d'eox des honneurs se proposé, L'un des biens, l'autre plus grand' chose, L'auUre un paradis bienheureux :

Les bsens, les honneurs -d l'empire, El le paradis où j'aspire, Cest d'être toujours amoureux.

Quelle insoudance révèlent ceft strophes! Quel Aiélan sang et de volupté, de galanterie et de carnage ! Desporti bien de cette race française, qui joue avec la vie et a mort.

Après cinq mois d'un siège inutile et meurtrier, pt quel il avait été élu roi de Pologne, grâce aux mao

mais le siège ayant commencé phis tôt et le voyagé du prinor

depuis qudques knois, les adieux furent écrits avant le dépv

* Voyei ce morceau, très-heoreux de forme, page W.

PHILIPPE DESPO.BTES. XXV

sa mère, 1^ duc d'Âi\jou élait reveifiu à. Paris vers la fin U a mois de juia 1573; il y resta, trois mois fiu milieu des. fêtes. Dans une de ces réjouissances Tut déclamée VAntigone de Sophocle, traduite par Antoine de Baîf. Desportes y glissa une alloculk» en l'honneur du prince, qui dénote sa complaisance sans limitiçs et son extrême finesse. j)ans. la corruption proronde du roi de Pologne, il avait entrevu, comme dans tin abîme, un ppuveau genre de dépravation, qui, luttant d'abord xx>ntre son goût pour les fenmies, devait finir par le dominer* Il affectait déjà de porter les ornements destinés à l'autre sexe, ignoble .caprice qu'il porta aux. derniers excès quand il fut roi de France. « Le roy, dit l'Ëstoile, faisoit forqe mascarades où il se trouvoit or» dinairement babillé en femme, ouyroit scm pourpoint et décou\Toit sa gorge, y portant un collier de perles et trois collets de toile, deux à fraise et un renversé, ainsi que .les portoient les dames de la cour. • .

D'Aubigné, dans son style frénéliquei peint avec plus de détail les singuliers costumes du roi trés-chrétien et ajoute :

Pour nouveau parement, il porta tout ce jdùr Cet habit monstrueux, pareil à son amour; Si, qu'au premier abord, chacun èloit en peine. S'il voyoil un roi femme ou bien un homme reine.

Eh bien I croirait-on que Desportes eut l'extrême condescendance de flatter dés ses débuts, et de flatter en public cette révoltante sophistication de l'amour? Il compare adroitement le prince avec Achille â Scyros, portant des habits féminins :

Lorsque le preux Achille étoit entre les dames. D'un habit féminin d^isé finement, Sa douceur ogréable, en cet accoutrement, Allumoit dans les cœurs mille amoureuses flammes.

En Toyant ses attraits, sa façon naturelle, Les beaux lys de son teint, son parler gracieux, Les roses de sa joue et l'éclair de ses yeux, On ne l'estimoit pas autre qu'une pucelle «.

Hais Achille n'était pas seulement beau comme une jeune fille, il était encore vaillant comme un héros. Le duc lui res- 46mble de tous points : il nous fait voir, dit le poêle, Mars et Jénus ensemble *.

* Voyez la fin de la pièce, page 456; qu' 1 me soit permis de faire remarquer ce beau vers :

Les roses de sa joue et l'éclair de ses yeux^

* C'est certainement à Desportes que s'attaque d'Aubigné, quand il traîne

lift PHILIPPE DESPORTBS.

G*est ainsi que la protection des Valois dégradait 1 Leurs vices conompaient les sources diaplianes de I: changeaient en poisons ses flots sacrés. Jamais peut-é la Rome impériale, école de dépravation aussi odieu: complète n*infecta la littérature de ses enseignement tes aurait pu y apprendre le vol et le meurtre auss les voluptés contre nature. Pendant cette courte ré trois mois, que le duc d'Anjou fit à Paris, eut lieu uc brigandage bien capable de le former, s'il avait eu d lions en ce genre.

Le roi de Pologne, avant son départ, voulut mari teauneuT, sans doute pour se dispenser de Tentretei son absence. Il avait, dans cette intention, jeté les yc citoyen trés-ricbe, Duprat de Nantouillet, prévôt de homme honorable se trouva peu flatté du rôle qu'oi nait et refusa péremptoirement la belle. Transporté le prince résolut d'en tirer vengeance. S'étant coi Charles IX et le roi de Navarre, qui fut depuis Henr voya dire au fier bourgeois qu'ils souperaient chez h têtes couronnées s'y rendirent en effet, ayant pour e bande de courtisans, et l'on peut supposer que ne était du nombre, car il suivait partout le roi de Polc '^ le repas, les seigneurs fouillèrent les armoires et les Nantouillet, firent main basse sur ses deniers, sur : d'argent, lui volèrent plus de cinquante mille li%Tes.

Le lendemain, le premier président alla trouver et lui dit que toute la ville était émue de cette éq tume. Le prince jura qu'il n'y avait point figuré, q^' vait le soutenir sans calomnie.

— J'en suis charmé, dit le magistrat ; je vais on enquête et punir les coupables.

— Non, non, s'écria le prince, ne vous mettez p! de cette afliaire : dites seulement à Nantouillet qu'il forte partie, s'il veut demander raison du dommage advenu *.

Voilà comment s'exerçait le droit divin au seiz voilà comment on fortifiait le principe d'autorité.

les flatteurs des rois sur b claie, dans son effroyable satire qa La Princes : ces vers le désignent clairement :

Quand d'eux une Thaïs une Lucrèce est dite. Quand ils nomment Achille un infàiue Tbernte, cri

< J(mmal de Benri lli, par llSstoile, t I, p. Cl et es» * Dufiresnoy.

PHILIPPE DBSPORTES. IXVK

Pendant que le duc d'Ai\jou cherchait à négocier le mariage de la Châleauneuf, il portait au cou, devant tout le monde, le portrait de la princesse de Condé; le roi d'ailleurs ne se gênait point pour annoncer publiquement qu'il ferait tuer le mari. Ce dernier, loiA de fuir la mort, semblait plutôt la chercher : au siège de la Rochelle, il avait montré un courage téméraire, qui annonçait le désir de trouver le repos à six pieds sous le gazon ^

Durant le séjour momentané du nouveau roi de Pologne dans la capitale, Philippe mit sous presse le recueil de ses vers, pour lequel le duc lui avait fait un si riche cadeau. Le privilège est du 28 juillet. Cette première édition, publiée en format in-4*, éclipse par son 'luxe toutes celles qui virent le jour plus tard. La beauté du papier, le soin de l'exécution, la rendent précieuse : la bibliothèque de l'Arsenal en possède un exemplaire magni' ûque. L'aspect du livre confhme donc le rapport de Claude Carnier. Cette édition princeps a encore cela de curieux qu'elle renferme les œu>Tes capitales de Desportes, sauf un très-petit nombre de morceaux ; il y manque les Amours de Cléonice, le ..deuxième livre des Elégies, quelques pièces détachées; mais on y trouve ses meilleurs sonnets, ses plus belles chansons, ses peintures de la campagne les mieux touchées, son éloquente diatribe contre le mariage. A vingt-sept ans. Desportes avait donc franclii presque toute sa carrière poétique.

Du Radier a fait de grands efforts pour découvrir quelles étaient les maltresses chantées par Desportes sous des noms fictif. La première était indubitablement Diane de Cossé-Brissac, femme du prince de Mansfeld. Dans cette cour dissolue, on ne tenait plus compte des rangs, comme le prouvent si bien les Datnes galantes de Brantôme, peintre joyeux de désordres inouïs. Desportes d'ailleurs était un homme influent ; le bruit courut même qu'il avait pour amie intime la sœur de Henri III, la femme du roi de Navarre, cette Mai'guerite que nous avons vue figurer dans une scène très-leste. Pour le rapprocher de la caste nobiliaire, on affectait d'écrire son nom en deux mots. Une liaison avec Diane ne laissait pas d'avoir ses périls. Les Mansfeld étaient des hommes violents et implacables. L'un d'eux, bâtard de leur maison, avait joué un rôle sinistre pendant la guerre de Trente Ans, et saccagé le nord de la France. Le mari de Diane ne montra pas un caractère plus facile : ayant surpris sa femme avec un autre amant, le comte de Maure, qui avait supplanté

* L'Estoile, même volume, p. 6S et tt*

!ULVm PIIILIPPB DëSPOUTES.

Desportes, il Jes tua run et l'autre dans un acc**^ de fureur *. Le poète rima Tépitaphe de la volage et charmante victime mais sans foire allusion à son genre de mort. U gémit en outre sur sa fin tragique dans une pièce de cent trente^ix vers *.

Les deux livres des Amours de Diane^ au surplus, ne renfermen pas uniquement les sonnets, chansofis, allégories, complainte et dialogues adressés à rinconséquente et malheureuse princesse. L*auteur y a é^idemment inséré une foule de morceau: composés pour Charles IX et le duc d'Anjou, suivant un désii bien naturel aux écrivains de réunir leui^s travaux épars.

Le sonnet A mademoiselU Jeanne de liriMac se trouve dans celt édition et à la suite on lit des stances, que les imprimeurs ei ont séparées depuis, mais qui lui servent de commentaires. Elle débutent ainsi :

Lorsque j'écris ces vers, il ne faut que Ton pense Que, trop audacieux, je n'aye connoissance Et dQ votre grandeur et de ma qualité; Car je jure vos yeux et leur puissance sainte. Que je garde en ceci le respect et la crainte. Dont il frut révérer une divinilé.

Je veux bien croire à l'himible adoration du poêle, mais c deux morceaux n'en prouvent pas moins qu'il courtisait ime \ rente de Diane, pendant que celle-ci agréait ses hommages l'enivrait de caresses.

Du Radier forme des conjectures assex vagues sur la seco maîtresse chantée par Desportes. Il croit que c'était Hélén* Surgéres, la même que Ronsard a si hautement célébrée. Cor le sonnet dont il s'autorise termine les Amowt de Cleo il ne peut se rapporter qu'à cette dernière. Aussi le crit dans son incertitude, parait-il encore disposé à voir en elle polyte Bouchard, vicomtesse d'Aubeterre, nièce de Brantô alliée à la maison de Vivonne; mais il n'appuie d'aucune f cette nouvelle hypothèse. Or des indications précises, dét même, auraient seules de l'intérêt, en éclairant la biog de Desportes, en nous initiant aux mœurs de la cour, en revivre pour nous ces aimables créatures, qui se sont longtemps évanouies dans la région des fantômes.

Desportes se plaint souvent des rigueurs ou des infidéL* éprouve. Sa figure contribuait sans le moindre doute i fortunes amoureuses. U n'avait pas la beauté qui sédo

* Du Radier, loc. cit.

* Voyez à la iin du volume, p. 484.

PHILII'PE DESPORTES. XXIX

chaine les cœnrs. Sur l'éclition de 1611, publiée par son frère, on voit son buste, que couronnent Apollon et Vénus. 11 a l'ceil brillant, le front vaste et régulier : tout le visage respire l'attention et le jugement. Mais le nez est volumineux, enflé par le bout comme une massue; une large bouche conOnc à de lourdes mâchoires; le cou peu développé met la tête trop prés des épaules* Le voluptueux rimeur porte un grand collet de toile rabattu, un pourpoint serré, avec de nombreux boutons, et une pelisse garnie de fourrure, que termine par le haut une sorte de palatine *.

Cependant Charles IX jugeait que le roi de Pologne différait trop Iongtem])$ son départ. Le monarque malgré lui dut se résoudre à quitter la France et la princesse de Condé. Il chargea Desportes de mettre en vers ses adieux à l'une et à l'autre *. Le 28 septembre 1573, il commença enfin son voyage, emmenant avec lui le poêle. Des proscrits n'abandonnent pas plus péniblement le sol natal. Cet exil émut d'ailleurs toute la littérature : les écrivains perdaient un protecteur puissant, affable, qui aimait à rendre service. Ce fut un concours de lamentations. Germain Vaillant de la Guesle, Jean Daurat, Antoine Baïf, déplorèrent en latin son absence, dont on ne prévoyait pas la courte durée.

La vue de la Pologne et les mœurs des Polonais ne diminuèrent point l'affliction des voyageurs. Ces grandes plaines désertes, blanchies par la neige et tourmentées par les vents, ces cabanes enfumées où des rustres vivaient pôle-méle avec les bestiaux, la turbulence perpétuelle des hautes classes, la grossièreté des manières, une ivrognerie prodigieuse, des fanfaronnades interminables, un babil que rien ne lassait, leur causèrent un pénible élonnement. La corruption d'un peuple à demi barbare choquait leur dépravation raffinée. Ils tournaient sans cesse les yeux vers la cour de France. Pour ne pas s'occuper des affaires de son royaume, le prince feignait d'être malade*. 11 écrivait à Marie de Cléves des lettres passionnées « avec le sang qu'il tiroit de son doigt, » nous apprend l'historien Mathieu. Mais ces violents témoignages d'amour ne lui suffisant point encore, il faisait rimer par Desportes une complainfe sur les abattements, les tristesses, les désespoirs qu'il éprouvait loin

* Voyez, au commencement de Tédition actuelle, le fV'ontispice do 1611, reproduit avec la dernière exactitude par MM. David et Varin.

s Voyez p. 408, la Complainte pour monseigneur le duc d'Anjou, éleu roy de Pologne, lorsqu'il partit de Francd*

3 Henri Martin, HUMre de France, t. IX.

XXX PHILIPPE DESPOATBS.

de sa belle. A ses regrets, à ses tendres souyenirs, se mêlai quelque pe« de jalousie et d'inquiétude '.

Après neuf mois de st'jour, le poète en eut assez. 11 obtint li pennission de retourner dans sa patrie; mais, avant de quitte la Pologne, il lui lança des adieux foudroyants. Inspirée par l colère, cette diatribe est un de ses meilleurs opuscules. Ces même un des morceaux les plus achevés qu'ait produits le sei ziéme siècle : il a, sous le rapport des idées, comme sous b rapport du style, une allure toute moderne *. Le retour de Des portes fut une fête pour les savants et rimeurs, qui puîsaien dans sa bourse et prolitaient de son crédit. Jean Daurat écrivi en latin deux diants de triomphe '.

Il venait seulement de partir, lorsqu'un courrier apporta l nouvelle inattendue que Charles 11 était mort le 30 mai 1574 * La couronne, dès lors, passait sur la tête de son frère, le du d'Anjou. Le roi de Pologne s'apprêta donc à regagner son pays mais il ne voulait pas y rentrer les mains vides. Aussi mit-i dans sa valise pour trois cent mille écus de pierreries, souvenir précieux qu'il choisissait parmi les diamants de la couronne Le tour exécuté, il partit à cheval, pendant la nuit du 16 au 1 juin, escorté seulement de sept ou huit compagnons : ils flrer vingt lieues d'une seule traite, poursuivis par une troupe < cavaliers qui ne leur permettait point de ralentir leur cot lis eurent le bonheur d'atteindre la Moravie et de mettre proie en sûreté au delà des frontières autrichiennes. Noble i sion pour un prince qui portait alors deux couronnes! Lei louais se décidèrent sans peine à proclamer sa déchéance.

Une fois à l'abri des poursuites, le prince traversa lenf l'Allemagne et l'Italie du Nord; le 5 du mois de septembi' lement, il rentrait en France par le Dauphiné. Les amis e mensaux de Desportes attribuaient son retour aux cfa; poète : comme la lyre d'Orphée mettait en mouveiv pierres et attirait les animaux sauvages, ils prétendai les accents du barde moderne avaient évoqué le roi de Les diamants cachés dans sa valise, c'étaient des dons > portait pour lui et pour les siens. Le littérateur ofBci

< Le mot de Marie, placé dans la neuvième strophe, prouve ceau avait pour ol:tjet là princesse de Condé.

* Voyez p. 414.

s Voyez p. 481 et 491.

* La dernière strophe de VAdUu à la Pologne prouve qu'il l'arrivée de Festafette, qui eut lieu le 13 ou le 14 juia. Df donc pas resté tout à fait neuf mois hors de wa paya.

PHILIPPE DESPOKTBS. XXXt

selon toute justice, en obtenir la meilleure part *. Ce qu'il y avait de certain, c'est qu'en montant sur le trône il allait, pour ainsi dire, faire asseoir sur les marches son poète favori. 'Le gracieux rimeur devint un homme considérable ; sa fortune, qui jusqu'alors avait brillé comme une étoile, mais comme une étoile secondaire, dans le ciel de la cour, resplendit aussitôt parmi les astres de première grandeur. Est-ce alors qu'il refusa la place de secrétaire des commandements? Je serais tenté de le croire : il se réservait pour des fonctions plus intimes. Comme tous les poètes d'ailleurs, il fuyait les tâches trop lourdes, les occupations trop assidues*.

Henri III, ayant perdu beaucoup de temps dans le midi de la France, ne revit pas la princ^se de Condé, qui mourut en couches, le 30 octobre 1574. Son amour était parvenu à un point d'exaltation) qui lui donnait l'air d'une tendresse véritable. Il voulait faire casser le mariage de la belle adultère, pour lui oflfirir la couronne. Sa douleur s'exprima d'une façon étrange : il parut quelques jours en public tout couvert de petites têtes de mort brodées sur ses habits : on en voyait même sur les cordons de ses souliers '. Le cardinal de Bourbon l'ayant invité à un festin, dans l'abbaye où reposait le corps de la jeune femme, le prince déclara qu'il lui serait impossible d'y entrer, si on n'éloignait ces témoignages d'un bonheur trop tôt disparu *.

Le 15 février suivant néanmoins, il épousait Louise de Lorraine, fille du comte de Yaudemont.

Mademoiselle de Châteauneuf le disputa quelque temps à la nouvelle reine. Une fois encore il essaya de la marier; mais, l'ayant oflferte au comte de Briennc, cadet de la maison de Luxembourg, le fier seigneur regarda cette proposition comme un outrage, et, plutôt que de subir une alliance dégradante, il quitta la cour . Les faiblesses du prince continuèrent : mais un jour la favorite osa braver la reine dans un bal; Catherine do

* Hagna viœ referens sibi prsBinia parla suisque,

Ipse duplex regnum, duplicem sua turba favorem. Hos inter primum tibi Musa Hdelis honorem Jure dédit, sibi quem non xmulus occupet aller.

Jo. Auratus, pœtaregius.

t V Baroque hac ambitiosa tempestate spretaB potestatis exemplo, primo amplissimam notarii sacrarum jussionum dignitalem, deinde Burdigalensem Archiepiscopatum recusavit. » Epitaphe de Desportes, par Thibaut soa Mre.

s Henri Martin, t. IX, p. 410; ->BUthieu, p. 408.

* L'EstoUe, J(mrml de Hmi U/.

Le siège de la Rochelle était une conséquence Barthélémy, que 1c duc d'Anjou avait si fortement laquelle il avait pris tant de part. Ce hideux ma œuvre infernale exécutée au nom du ciel, ne seml -beaucoup ému Desportes; il soupirait, comme on vc tes amoureuses pendant que son patron allait comb guenots, qui ne voulai^it point se laisser tranquili ger. Une de ses meilleures chansons, écrite sans doute à celle époque, attendu qu'elle se trouve dan livre des Aniours 4e Diane, prouve encore son indifl tique*. L'auteur y assimile complètement les tribi lui cause l'amour à là guerre intestine qui déchir Une lutte si cruelle lui parait uniquement une se taphores. S'identifiant avec les huguenots dans ses rélêgant poêle teimine ainsi sa comparaison, adi femme, bien entendu :

Comme eux je suis troublé de rage.

Comme eux je cause mon dommage Pour plaire à mon opinion ; Comme eux mon mal même j'ordonne, Et pour vous je me passionne Comme eux pour leur religion,

L*DR d'eux des honneurs se propose.

L'un des biens, l'autre plus grand' ciiose. L'autre un paradis bienheureux :

Les bsens, les honneurs el l'empire, Et le paradis où j'aspire, Cest d'être toujours amoureux.

Quelle insoudance révèlent cefi strophes! Quel sang et de volupté, de galanterie et de carnage ! I bien de cette race française, -qtii joue avec la \i mort.

Après cinq mois d'un siège inutile «t meurtrier, quel il avait été élu roi de Pologne, grâce aux m

mais le siège ayant commencé plus tôt et le voyagé du prix

depuis quelques knois, les adieux furent écrits avant le dépi

« Voyei ce morceau, trës-heureur de forme, page W.

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