‹ Œuvres de Philippe DesportesChapitre 4 sur 259 · PHUIPI'E DE SPORT ES. XXV · texte numérisé non relu

PHUIPI'E DE SPORT ES. XXV

sa mère, Iç duc d'Aigou élait reveiiu à. Paris vers la fin du mois dojuia 1575; il y resta trois mois ^u milieu des.fétcs. Dans une de ces réjouissances fut déclamée VAntigoue de Sophocle* traduite par Antoine de Baïr. Desportes y glissa une allocutioa en l'honneur du prince, qui dénote sa complaisance sans limiti^ et son extrême finesse. J)ans. la corruption profonde du roi de Pologne, il avait entrevu, comme dans hn abîme, un nouveau genre de dépravation, qui, luttant d'abord xu)ntre son goût pour les femmes, devait finir par le dominer* 11 affectait déjà de porter les ornements destinés à l'autre sexe, ignoble caprice qu'il porta aux. derniers excès quand il fut roi de France. « Le roy, dit l'JSstoile, faisoit forœ mascarades où il se trouvoit ordinairement habillé en femme, ouyroit son powrpoint et décou vroit sa gorge, y portant un collier de perles et trois collets de toile, deux à fraise et un renversé, ainsi que les portoient les dames de la cour. •

D'Aubigné, dans son style frénétique^ peint avec plus de détail les singuliers costumes du roi trés-chrétien et ajoute :

Pour nouveau parement, il porta lont ce jdur Cet habit monstrueux, pareil à son amour; Si, qu'au premier abord, chacun èloit en peine. S'il voyoit un roi femme ou bien un homme reine.

Eh bien 1 croirait-on que Desportes eut l'extrême condescendance de flatter dés ses débuts, et de flatter en public cette révoltante sophistication de l'amour? H compare adroitement le prince avec Achille â Scyros, portant des habits féminins :

Lorsque le preux Acliille étoit entre les dames, D'un habit féminin déguisé finement, Sa douceur ogréable, en cet accoutrement, AUumoit dans les cœurs mille amoureuses flammes.

En voyant ses attraits, sa façon naturelle. Les beaux lys de son leint, son parler gracieux, Les roses de sa joue et Téclair de ses yeux, On ne l'estimoit pas autre qu'une pucelle *.

Mais Achille n'était pas seulement beau comme une jeune fille, il était encore vaillant comme un héros. Le duc lui ressemble de tous points : il nous fait voir, dit le poôtc. Mars et Ténus ensemble ».

* Voyez la fin de la pièce, page 456; qu'l me soit permis de faire remarquer ce beau vers :

Les roses de sa joue et l'éclair de ses yeux, « C'est certainement à Desportes que s'aKaque d'Aubignét quand il traîne

Le siège de la Rochelle était une conséquence de la ^ Barthélémy, que le duc d'Anjou avait si fortement conseil laquelle il avait pris tant de part. Ce hideux massacre, œuvre infernale exécutée au nom du ciel, ne semble pas -beaucoup ému Desportes; il soupirait, comme on voit, des] tes amoureuses pendant que son patron allait combattre le guenots, qui ne voulai^it point se laisser tranquillement ger. Une de ses meilleures chansons, écrite sans le mo doute à cette époque, attendu qu'elle se trouve dans le pr* livre des Amours 4e Dianey prouve encore son'indilTérence tique*. L'auteur y assimile complètement les tribulation; lui cause l'amour à la guerre intestine qui déchire la Fi Une lutte si cruelle lui parait uniquement une source d( taphores. S* identifiant avec les huguenots dans ses vers su rélêgant poète teiiuine ainsi sa comparaison, adressée i femme, bien entendu :

Comme eux je suis troublé de rage.

Comme eux je cause mon dommage Pour plaire à mon opinion ; Comme eux mon mal même j'ordoime.

Et pour vous je me passionne Comme eux pour leur religion.

L*nii d'eux des honaears se propose, L'mi des biens, l'autre plus grand' ciiose, L'autre un paradis bienheureux :

Les bsens, les honneurs et l'empire, Et le paradis où j'aspire, Cest d'être toiyours amoureux.

Quelle insouciance révèlent cefi strophes! Quel ta sang et de volupté, de galanterie et de carnage ! Des bien de cette race française, qui joue avec la vie mort.

Après dnq mois d'un siège inutile «t meurtr quel il avait été élu roi de Pologne, grâce aux

mais le siège ayant commencé plus tôt et le voyagé do f

depuis quelques mois, les adieux furent écrits avant le

* Voyei ce moroeta, trës-heurear de forme, page I

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