‹ Œuvres de Philippe DesportesChapitre 56 sur 259 · LIVRE II. %i · texte numérisé non relu

LIVRE II. %i

Von teint ptlte et nw voix, mon œil piétinait sans eeMe, N*ont sçe« douter un cœur qui se disoit finroé :

Espoir, que tant de fois loin de moy j*ay diassé, Conme une idole feinte, et vaine, et tromperesse, Vers quelque autre abusé désormais trouve adresse. Je ne puis en tes rets estre plus enUoé.

Les deux ny les enfers n'ont de toy connoissance, Les humains seulement font joug sous ta puissanee, Qui desseins sur desseins ne cessent d*enfUler.

Tu n'es qu'un songe faux des veillans misérables, Tu repais les esprits de chansons et de ûJ>les, Et, te cuidant tenir, on te voit envdler. .

Je ne suis point jaloux ny ne le veux point eatre» Quand un plus fortuné sera de vous reQeu; M'appercevant ixùp tard que je me suis degeu. Je cesseray de suivre un enfimt pour mon maistre.

Bien que vostre beapté mon désir ait fut naistrt. Il fùst mort toutesfots aussi-tost qiie.OQii(Mi, Sans l'espoir tout riant qu'en iros yeux jlafpergeii. Qui ma flamme a nourrie et Ta ftit ainsi croistre.

J'ay sur vostre constance assiB mon battiment : Cest une éternité, s'il a bon fondement; Binon, au premier vent; adiea fardiiteotiire.

Si ce malheur m'advicnt, saintonent je promets Qu'aux sennens et aux pleurs je ne eroirty jimaiB, Ny qu'au cœur d'une Isnmie nne seule aoMmr durs.

XXY

Belle et guerrière main apprise à la victoire S Jamais de l'arc d'Amour un seul trait ne pondant; Main qui de son beau diar les resnes va guidant. Quand il retourne en Cypre, orgueilleux 4e ta gloiiv.

Main dont le blanc esclat obscurdst tout yvoîrev Qui fais de ta firoideur naistre un deair ardait, Qui le sceptre et Testât des amours va gardant, Qui m'escris en l'eqwit la loy que Je veux croirs^

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Non, il n'en sera rien, beauté trop inhumaine, J'ay soin de mon salut, dont vous n'avez souqf.

Par vos feintes douceurs ne sortans point de l'ame. Quand vous m*avez rendu tout de soulfre et de flame. Vous pensez-vous mocquer d'Amour et de ma foy? ^ Mais vos deguisemens forcent ma patience, Vostre firoid mon ardeur, les tourmens ma constance : Je ne puis estre à vous si vous n'estes à moy.

Vous le voulez, et j'ay trop de coustume De vous servir pour ne le foire pas : Sors, traistre amour, tourne arrière tes pas ; Tu me brûlois, le dédain te consume.

Si jamais plus vostre beauté m'allume, Yem qui pieuvez des traits et des appas. Ma flamme esteinte, et qui seulement fume, Revive encor pour mon cruel tre^M».

Malgré ma dame et malgré que j'en aye, Qu'à 'chauds bouillons tousjours saigue la playe Qu'elle me fit à ses pieds estendu.

Je sens ma braise en glaçons convertie, Mon cœur tout sien comme elle elle a rendu : Toufljoars le tout se suit de sa partie.

Encor aucunefois, cet archer décevant Au combat me desfie et tasche à me reprendre Avec des yeux trompeurs, qui, sous ma vieille cendre, Fout revivre des feux brûlans comme devanU

Mais la nuict solitaire, à mon aide arrivant. Fait qu'en moy je retourne et me mets à comprendre Le mal qui m'est prochain : parquoy, sans pAus attendre. Tous ces brasiers je plonge en Lethée bien avant.

Connue un petit oyseau j'approche de la proye» Puis la peur des gluaux me fait prendre autre voye. J'y revien, je la laisse, et foy maint et maint tour.

J'ose et je n'ose pas, je m'arreste et galope » Bref, j'ourdis une toile ainsi que Pénélope, Dont je desfay la nuict ce que j'ay fait le jour.

Puis que mon plus bel âge, ai servant despenaé, Puis que ma loyauté, mon ardeur, ma tritteite, '

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