LIVRE II
>iy les diminuer d'une seule estincelle.
Vous serez le premier et dernier de mes vœux, J'en jure par vos yeux, et par vos blonds cheveux, Et par l'éternité de ma peine cruelle.
CHANSON
Amour, grand vainqueur des vainqueui-s, Et la Beauté, royne des cœurs, Jadis firent un vœu notable; Et, pour n'y manquer nullement, Chacun jura maint grand serment Qu'il le tiendroit irrévocable.
Premier, cet enfiant passager Jura de jamais ne loger, En esprit ou en fimtasie, Sans exanter homme ni Dieu Qu'il n'y retint toujours un lieu Prés de soy, pour la Jalousie.
Beauté, jurant après Amour, Promit de ne faire séjour Ny d'arrester jamais en place, Sans y loger aussi soudain L'orgueil fantastique et hautain, L'aigreur, le mespris et l'audace.
Sermens cruels et rigoureux, Cest par vous que les amoureux Sont pressez d'angoisses mortelles.
L'un rend leur esprit transporté; L'autre fait que la cruauté A tant de force au cœur des belles.
De ces vœux trop bien observez, Nous avons esté reservez, 0 ma belle et chère Déesse 1 Vos douces beautez et ma foy Sont du tout exempts de la loy, Et ne sentent point sa rudesse.
Car, bien que la mesme beauté Ait en vous son siège arresté, Rien de fier ne vous deshonore :
Vos yeux et vos propos sont doux; 11 est vray que ce n'est à tous, Mais à moy seul qui vous adore.
Aussi, jaçoit que vos beaux yeux Puissent rendre, jusquw aux deux,
i(tt DIANE.
Du plus grand Dieu Tame saisie, Vostre foi m'a tant asseuré, Et leur feu si bien esclairé.
Que je suis franc de jalousie.
Piûssion&-nous vivre ainsi toujours, Maistresse, heureux en nos amours, A qui nulle autre ne ressemble; Et, s*il faut sentir du malheur.
Que ce soit la seule douleur De n*estre pas tousjours ensemble.