‹ Œuvres de Pierre LebrunChapitre 11 sur 98 · LE CIMETIÈRB AU BORD DE LÀ MER · texte numérisé non relu

LE CIMETIÈRB AU BORD DE LÀ MER

Ud vieil if sur la route &i indique rentrée; D'un haut et vert gazon son enceinte est parée ; Un pommier, au noiiîeu , de ses ran)eaux épais Laisse pendre des fruits qu'on ne cueille jamais , Qu'on voit naitre et mûrir et tomber sur la terre. Nul mouvement, nul bruit; tout semble ici se taire. L*église sans pasteur est muette à son tour; Et lui-même, immobile au sommet de la tour, Le cadran dont l'aiguille animait ces demeures, Se tait, et pour les morts ne compte plus les heures.

Loin du nK>nde et du temps, sous la garde des cieux,

C'est là que du hameau reposent les aïeux.

Là, sous l'épais gaaon d'une terre inégale,

D'où l'on voit d'humbles croix sortir par intervalle,

Ils viennent, déposant leur fatigue et leurs maux,

De la longue journée oublier les travaux.

Ceux-ci, rameurs du port, dès la première étoile

Pour jeter leurs filets arrondissaient la voile;

Celui-là conduisait les chèvres au vallon ;

Cet autre , dans la plaine allongeait le sillon ;

Et chaque soir, du ciel observant les nuages ,

Y cherchait pour ses blés.de rassurants présages;

Cependant qu'avec eux , et plus près de la croix ,

Au milieu du troupeau qu'il guidait autrefois

Leur pasteur dort lui-même, et, comme aux jours de fête,

5i POEMES ET .POÉSIES.

Pour les conduire au ciel reste encore à leur téte.

Vous aussi, matelots, au pays revenus,

Vous êtes là couchés, sous les gazons connus

Où vous couriez enfants, quand, la messe finie,

Vous fouliez de vos jeux cette terre bénie !

Battus de tous les vents et sur toutes les mers.

Des cieux les plus lointains, des bords les plus divers.

Rendus à leurs parents qu'un même lieu rassemble.

Les voilà maintenant qui reposent ensemble;

Kt ce repos, si doux à leur corps accablé.

Par la fureur des vents ne sera plus troublé.

A l'abri du pommier qui protège leurs têtes.

Les matelots ici n'ont plus peur des tempêtes ,

Plus à lutter le jour contre les éléments,

Plus à faire le soir sécher leurs vêtements.

Après les maux finis et la lutte cessée,

lis ont fermé les yeux, et dit dans leur pensée :

La nuit sera paisible. Hélas! à côté d'eux,

l/humble église, k ses murs délabrés et poudreux.

Garde encor suspendus , suppliantes images ,

Les vœux qu'en leur détresse ils faisaient aux orages.

Ainsi , ceux qui suivant des jours aventureux , Jeunes, ont demandé fortune à d'autres cieux. Viennent tous , vieux et las , retrouver le rivage

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