‹ Œuvres de Pierre LebrunChapitre 13 sur 98 · LES ROGATIONS · texte numérisé non relu

LES ROGATIONS

De Sflftri à fa Spezia, 77 avril 1818.

Le chemin suit la mer, la mer éblouissante Qui d'un ciel plein d'azur reflète la couleur; Dans les champs parfumés la saison renaissante Anime et remplit tout de sa molle chaleur, La plante comme Pair, Tâme comme la fleur.

La marguerite, aux prés, rayonne, et sur les branches Éclatent des pommiers les fleurs roses et blanches.

Un bruit de cloches, dans les champs.

Semblait annoncer une fête ; Et clMnvisibles chants descendaient sur ma tête. C'était ce jour de joie où s'ouvre le printemps ; Où la religion , promenant sa bannière , Bénit Therbe, les fleurs, et les fruits de la terre.

Uu sommet des coteaux penchants.

Du détour des vertes vallées.

En files au loin déroulées , Venus de leurs hameaux, des prêtres à pas lents. Des hommes tête nue et des femmes voilées, Leurs chapelets en main, à des enfants mêlées,

Suivent la croix avec des chants.

Vers le ciel , si plein de lumière

Et si beau de limpidité ,

Ces chants qui montaient en prière ,

Semblaient devant moi sur la terre

Redescendre en fécondité.

A mesure qu'on marche, on voit dans les prairies Les chemins se border d'aubépines fleuries; La cerise en naissant grossir sur les rameaux;

Page 1