‹ Œuvres de Pierre LebrunChapitre 26 sur 98 · L'INSPIRATION POÉTIQUE. M · texte numérisé non relu

L'INSPIRATION POÉTIQUE. M

Seraient dç belles actions.

Le poëte! un dieu le domine.

II a de soudaines lueurs ,

Comme d'une vertu divine ;

Il voit, il conçoit, il devine,

Dans les plus hautes profondeurs ;

Il sent en lui tout à coup naître

Ce qu'il n'a jamais pu connaître ;

Dans l'inspiration, pareil

 l'enfant que l'art mesmérique

Fait parler durant son sommeil ,

Qui voit, connaît, comprend, explique

Tout ce qu'il ignore au réveil.

Ah! si ces instants de la vie Davantage pouvaient durer !

Mais leur clarté bientôt ravie Dans l'ombre nous laisse rentrer ; Le poids de cette humaine argile , Si lourde et pourtant si fragile, Loin du trône immatériel Où l'âme régnait dans sa sphère.

L'entraîne, et des hauteurs du ciel Nous fait retomber sur la terre.

iîO POEMES ET POÉSIES.

Je crois , Louise , qu'il est temps , En effet, que Ton m'y ramène; Je m'en suis écarté longtemps ; Me voilà loin de Melpomëne De vous surtout! je m'aperçois Que je rêve ! Ce pauvre monde Qu'en ses vers tout poëte fronde , A pourtant du bon quelquefois.

On ne vit pas toujours aux bois.

Et malgré mon goût solitaire, Paris , me pressant d'arriver.

Ne saurait enfin me déplaire.

Quand je vais vous y retrouver.

Adieu ; lorsque trois fois encore J'aurai veillé dans ce séjour, Avec la quatrième aurore De mon départ luira le jour ; Et du somme encore incertaine.

Vous vous éveillerez, à peine , Honteuse d'avoir trop dormi , Qu'en écoutant la dixième heure , Tout à coup dans votre demeure Vous verrez entrer votre ami.

Page 1