LA MORT DE LORD BYRON
AKRIViM À MISBOLOMOHI LK 19 AVKIL DKRNIKR
Saint-Maorice , mai 1824-
De Paris tout à coup quel bruit vient d'accourir! Qui, Byron? lord Byron? qui, l'ami de la Grèce? Lui , si plein d'avenir, de gloire , de jeunesse ! Byron , se peut-il bien ! Byron vient de mourir ! Les vœux d'un peuple entier n'ont pu le secourir t
Et moi, j*étais assis devant les eaux tranquilles Qui baignent de Saint-Maur les verdoyantes îles! Paisible je chantais sous les pommiers fleuris , Et de la Grèce en deuil n'entendais pas les cris ! Témoin du beau réveil d'une héroïque race. Je chantais dans mes vers , par sa gloire inspirés , Des Grecs des anciens jours les fils régénérés , Et, voyant lord Byron s'élancer sur leur trace, Au milieu des héros je préparais sa place ; Et le voilà qui meurt ! il meurt , sans avoir pu Doter du moins sa mort d'une palme immortelle ! Il meurt, lorsque sa vie allait être si belle ! Ah ! qu'à jamais ce chant demeure interrompu, Et du jour où me vient la fatale nouvelle Laisse dans mes écrits une marque éternelle !
Aux yeux de son siècle surpris , Il était apparu comme un beau météore.
Sa magique harmonie enchantait les esprits, Sur les cœurs entraînés plus souveraine encore. Par le ciel , en naissant , si puissamment doté . Et génie et courage et richesse et beauté .