‹ Œuvres de Pierre LebrunChapitre 57 sur 98 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

GULLEYAZ, l). JUAN.

G l' LL B Y A Z , sur le sopha^ faisant signo à D. Jiiaii d'y prendre place auprès d'elle.

Dans ce lieu , dont je suis la maîtresse suprême , Sois sans peur. Approche, assieds-toi.

D. JLAN.

De la peur! je ne sens que de la honte en moi.

L'indigne habit où je me voi Déshonore à mes yeux l'esclavage lui-même.

GULLEYAZ

Rends-lui grâce, il te fait entrer Dans ce terrible sanctuaire Où nul homme asse» téméraire , Si ce n'est mon sultan, n'a droit de pénétrer.

Jeune Chrétien, tu m'as su plaire.

D'un lieu secret , ce matin , au bazar.

Mes yeux sur toi sont tombés par hasard , Et tout à coup éblouis par tes charmes...

D . JUAN, pleurant de rage.

honte !

GULLKYAZ.

Il pleure , enfant ! comment le consoler !

Quoi ! si près de mon sein, des pleurs peuvent couler! Quoi ! si près de mes yeux, des yeux versent des larmes !

Elle se lève et marche vers D. Juan , qu*elle regarde quelques instants fixement, puis elle lui prend la main d'un air d*empire.

GULLEYAZ

Chrétien , as-tu jamais aimé?

D. JUAN

Aimé! Haïdé! que dit-elle?

Inès ! d'une rougeur nouvelle Je sens mon visage enflammé.

Chrétien, as-tu jamais aimé?

D. ^UAN.

Quand , naguère encor, ma jeunesse

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