‹ Œuvres de Pierre LebrunChapitre 58 sur 98 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

Pouvait aimer en liberté , Mon âme palpitait sans cesse Sous le regard de la beauté.

En vain maintenant la plus belle M'offrirait les plus heureux jours.

La liberté! rien n'est sans elle; Et l'aigle emprisonné ne connaît plus d'amours.

GULLEYAZ

Si l'on charmait ton esclavage?

D. JUAN

Mes fers seraient-ils moins des fers?

GULLEYAZ

Si les cœurs t'offraient leur fiommage?

D. JUAN

Captif, quels hommages sont chers !

GULLEYAZ

Si, trahissant sa loi suprême, Du harem la maîtresse même Te disait : esclave, je t'aime, Je t'aime, et pour toi je me perds?

D. JUAN

Je répondrais : vous êtes belle.

Mais, esclave, point d'heureux jours.

La liberté! rien n'est sans elle; Et Taigle emprisonné ne connaît plus d'amours.

GULLEYAZ, d'un mouvement plein de violence , tire à demi son poignard.

Malheureux!

D. JIJAN.

Quel transport!

GULLEYAZ

O fureur!

La barbare î

D. JL'AN.

GLLLEYAZ.

Uépriinons ce courroux.

D. JUAN

Quel désordre l'égaré!

Gulloyaz se calme pou à peu, et cherche h reprendre une apparence d'empire sur elle-mOmc. Remise de sa forte émotion, elle affixîtc dMnterro{îCT D. Juan d'un air naturel et d'un ton de voix sec , froid et impt^ricux ; puis abandonne tout à coup coUe. apparente indifTi^rence, qu*elle ne peut soutenir un seul moment , malgré son orgueil.

Esclave, quel est ton pays?

Ton nom?

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