SCÈNE V
Pouvait aimer en liberté , Mon âme palpitait sans cesse Sous le regard de la beauté.
En vain maintenant la plus belle M'offrirait les plus heureux jours.
La liberté! rien n'est sans elle; Et l'aigle emprisonné ne connaît plus d'amours.
GULLEYAZ
Si l'on charmait ton esclavage?
D. JUAN
Mes fers seraient-ils moins des fers?
GULLEYAZ
Si les cœurs t'offraient leur fiommage?
D. JUAN
Captif, quels hommages sont chers !
GULLEYAZ
Si, trahissant sa loi suprême, Du harem la maîtresse même Te disait : esclave, je t'aime, Je t'aime, et pour toi je me perds?
D. JUAN
Je répondrais : vous êtes belle.
Mais, esclave, point d'heureux jours.
La liberté! rien n'est sans elle; Et Taigle emprisonné ne connaît plus d'amours.
GULLEYAZ, d'un mouvement plein de violence , tire à demi son poignard.
Malheureux!
D. JIJAN.
Quel transport!
GULLEYAZ
O fureur!
La barbare î
D. JL'AN.
GLLLEYAZ.
Uépriinons ce courroux.
D. JUAN
Quel désordre l'égaré!
Gulloyaz se calme pou à peu, et cherche h reprendre une apparence d'empire sur elle-mOmc. Remise de sa forte émotion, elle affixîtc dMnterro{îCT D. Juan d'un air naturel et d'un ton de voix sec , froid et impt^ricux ; puis abandonne tout à coup coUe. apparente indifTi^rence, qu*elle ne peut soutenir un seul moment , malgré son orgueil.
Esclave, quel est ton pays?
Ton nom?