Î NOTE
Que de rAcropolis, que de la Palamide.
La Palamîde est la citadelle de Napolî de Romanie, comme rAcropolis est celle d* Athènes.
Et du Tage à TEscaut, Xout peuple est entendu qui veut bien parler haut.
La révolution de Belgique était bien proche.
NOTE 67, PAGE 2ftl.
J'irai demain l'entendre... et je crains pa chanson.
Ce vers, écrit au commencement de juillet» était prophé* tique. L'atmosphère politique était dès lors chargée de Féiectricité d'où devait sortir la foudre qui a renversé la royauté de Charles X.
Mais le vers précédent, ckassex-les, diassez-ks^ n'avait trait toutefois dans ma pensée qu'aux ministres. C'étaient là les nuages que je voulais écarter du trône.
DES ËPITRES FAMILIÈRES. 463
N*avez-vou6 pas appris dans votre Domairon.
Domairon , fort obscur aujourd'hui , était un professeur de littérature à TEcole militaire de Brienne. Cest dans ses livres, maintenant fort peu connus « que Tempereur Napoléon ayait appris ses premiers éléments de belles-lettres et d'histoire. Il lui en était resté un tel souvenir que, dans une de ses visites au prytanée de Saint-Gyr, il ordonna que les ouvrages de son ancien professeur fussent mis entre les mains des élèves du cours de rhétorique. Nous fûmes donc obligés , mes camarades et moi , d'apprendre par cœur des pages entières de ce brave homme.
I^'fenèlre où jadis i*infànie Charles-Neuf A tiré sur le peuple avec sa carabine.
On a vu longtemps, attachée au balcon de la grande et riche fenêtre du musée qui ouvre sur le quai du Louvre, cette inscription que la République une et indivisible y avait fait mettre et que j'ai reproduite ici presque mot pour mot :
c'ifST T>B CBTTE rBffSTRB QUB L'INFAMB CHARLB8 IX
D'SXéCRABLB M K M O I R B
A TlRi SUR LE PKUPLB AVRC UlfR CARABINR
J'embrasse vos genoux, comme dit Desmousseaux , Non pas le Desmousseaux que la Chambre idolâtre, Mais le vrai Desmousseaux, celui du vrai théâtre.
On a cherché ici à rendre les habitudes de langage des gens qui , en parlant de la représentation d'une pièce de théâtre , plus familiers avec les noms des acteurs qu*avec ceux des personnages, appellent ceux-ci du nom de ceux-là, et au lieu de BurrhuSy disent Desmousseaux, au Heu de Néron, Talma.
Les noms des députés dont les journaux ont le plus parlé s'effacent en peu d'années. Il est peut-être nécessaire de dire aujourd'hui que, sous le règne du roi Louis -Philippe^ il y avait un député qui se nommait Desmousseaux de Givré, lequel paraissait quelquefois à la tribune et y parlait avec plus d'esprit que d'autorité. Son principal mérite aux yeux de plusieurs était d'être le beau -frère d'un homme qui, deux fois ministre du gouvernement parlementaire, garde dans la littérature de notre temps le rangéminent qu'il a occupé à la tète de l'Université de France.
Quant à son homonyme, Desmousseaux l'acteur du Théâtre- Français, c'était un père noble, comme on disait autrefois, qui ne manquait pas de talent et d'étude, qui avait une assez belle prestance, qui remplissait d'une manière estimable les Ariste dans la comédie , et dans la tragédie les Agamemnon et les Burrhus, Il a eu quelquefois des éclairs.
DES ËPITRËS FAMILIÈRES. 465
« Ce n'était pas un grand artiste , écrivait M. Jules Janin au moment où Desmousseaux venait de mourir *, ce n'était pas un grand artiste à coup sûr, et pourtant les écrivains d'oraisons funèbres auraient pu rappeler qu'un jour, lui aussi Desmousseaux, il avait été sublime à son tour. On jouait le Cid d* Andalousie, et Desmousseaux prononça ces simples paroles : faites venir un prêtre, d'une façon si terrible, que Talma en eut peur, et que M"« Menjaud ellemême poussa ce grand cri de pitié et de terreur qui flt croire un instant à la révélation d'un talent inconnu. »
Ayez-vous entendu ce qu'il dit à Talma?
En rencontrant encore dans mes vers ce nom si populaire, ce nom d'un homme que j'ai tant connu , aimé et admiré , je voudrais céder à une envie qui m'est venue plus d'une fois, et fixer ici quelques-uns des souvenirs qu'ont laissés en moi des relations longues et chères. On a beaucoup écrit sur Talma. Ses plus célèbres contemporains, Ghénier, Lemercier, Ducis, d'autres encore, ont dignement apprécié en lui l'acteur et l'homme; il a été pour M»« de Staël l'objet de l'étude la plus approfondie et de l'admiration la plus passionnée. J'aurais aimé à joindre à ces illustres témoignages un témoignage plus obscur sans doute , mais aussi bien fidèle. Au moment de la mort de Talma , ses exécuteurs testamentaires,