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son, contre la saincte escripture? De ma part je ne trouve rien escript es bibles sainctes qui soit contre cela. Mais, si le vouloir de dieu tel eust esté, diriez vous qu'il ne leust pu faire? Ha , pour grâce , n emburelucocquez ^^ jamais vos esperitz de ces vaines pensées. Car je vous dy que a dieu rien nest impossible. Et, s'il vouloit, les femmes auroyent doresnavant ainsi leurs enfans par l'aureille. Bacchus ne feut il pas engendré par la cuisse de Jupiter? Rocquetaillade nasquit il pas du talon de sa mere*^? Crocquemouche de la pantoufle'^
'* Le verbe emburelucocquer revient encore liv. II, chap. xni, el liv. III, chap. XXII, et il sig^nifie proprement s*emplir la tête de chimères semblables à ceUes que les moines ont accoutumé de loger sous leurs capuchons de bure. (L.) — Nous pensons que ce mot pourroit bien venir plutôt de berlue pour un radical, et pour l'autre tenir à cette expression, avoir des y ers coquins dans la tête, des vertiges, des chimères. On appelle vers coquins les vers luisants qui jettent le soir une fausse lueur qui peut égarer comme celle des follets, dont ils ëtoient peut-être aussi un symbole dans notre ancienne mythologie. Mais, quelle que soit l'étymologie de ce mot, en voici la signification usuelle et certaine : Emhurelucoquer, embrelucoquer, et emberlucoquer, sont traduits dans Oudin, par trorubler, brouiller Tentendement; dans Dnez, par brouiller la cerveUe; s'emburelucoquer, dans les Curiosités d*Oudin, est expUqué par s'embrouiller, s'enivrer. Dans le roman du Fauvel, cité dans le glossaire de Roquefort, le Fauvel, demandant fortune en mariage, dit :
Je cuyde par nuit a la lune , Embureîicoquer fortune.
. Enfin on ht dans la comédie de Crispin médecin, par Hauteroche: « Â quoi bon s'aller embrelicoquer l'esprit de ces bâtards de noms ! C'est peut-être le fameux cardinal de la Rochetaillé, ou Roc-
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de sa nourrice? Minerve nasquit elle pas du cerveau par laureille de Jupiter? Adonis, par Fescorce d une arbre de mirrhe? Castor et PoUux, de la cocque d'ung œuf, pont et esclous^^ par Leda? Mais vous seriez bien dadvantaige esbauys et estonnez, si je vous expousoys présentement tout le chapitre de Pline auquel parle des erifantemens estranges et contre nature. Et toutesfoys je ne suis point menteur tant asseuré comme il ha esté. Lisez le septiesme de sa naturelle histoire^ chap. ni, et n en tabustez ^ plus lentendement.
quetailiade, homm^ de grand mérite, mais sans naissance, que l'auteur fait sortir ici du talon de sa mère , pour désirer la bassesse de son extraction ; ou Jean de La Roquetailladey alchimiste de Bordeaux, qui a publié au seizième siècle des écrits recherchés par les adeptes , entre autres un intitulé : Cœlum philosophorum , seu sécréta naturœ , 1543, in-8°. Voyez Mélanges de littérature, lettres ZZ, page i38. Mais il se pourroit que ce fût le Johannes de Rupescissa du Mirabilis liber (folio 123, verso), moitié de l'ordre des frères mineurs, qui a prédit Tantechrist, la fin du monde, etc., dont Fauteur se moque ici à son ordinaire. Il s*appeloit Jean de Rochetaillée : c'étoit un cordelier qui obtint de la réputation par ses prédications en 1373. Il attaqua particulièrement les mœurs du clergé, et comparoit l'Église à un oiseau qui, après avoir été embelli des plumes des autres, se pavanoit, le& méprisoit, et cherchoit à les dépouiller encore.
*♦ Bruscambille, page 4^7 de ses œuvres, édition de i6a6, donne Pantou^ pour père aux quatre fils Aymon. (L.)
'* Pondu^t éclos.
*^ Ci-dessous encore, dans le prologue du liv. III, boutoit, tabustoity cullebutoit; et au chap. ix du même livre, de ces tahus je me pasterois bien, Cest une contraction du verbe tarabuster; et je crois que l'un et Tautre ont été formés par onomatopée du bruit incommode que font avec leurs maillets, ou avec leurs marteaux, deux ou trois
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tonneliers ou forgerons qui frappent ensemble. (L.) — Ne m en ta" bxistez plus l'entendement, signifie ne m*en fatiguez plus la tête. On dit aujourd'hui tarabuster dans le même sens : il est dérivé de tara- 6at, nom d'un instrument qui servoit à réveiller les religieux la nuit , pour aUer prier Dieu ; et ce nom de tarabat paroît composé de tard rabat: on appeloit et on appelle encore rabat un esprit, un lutin, qui revient la nuit^ et qui fait du bruit dans la maison. De rabat on a fait rabater^ faire du bruit comme un rabat. Quant à tabuter^ il vient de tabut^ qu'on a dit pour noise, querelle, débat.
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