‹ Œuvres de RabelaisChapitre 34 sur 45 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

Gomment Gargantua feut mis soubz aultres pédagogues.

COMMENTAIRE HISTORIQUE

ET SOMMAJBE DE CE GHAPITIIE.

u Au milieu de cette belle instruction, dît Ginguené, le pédant meurt: un autre lui succéde^vieux tousseux, nommé maître Jobelin-Bridé, lequel suit les mêmes errements, et ne farcit la tête de son élève que de telles et semblables lectures. Son père consulte un homme sage, qui lui dit qu'il Tandroit mieux ne rien apprendre que tels livres sous tels précepteurs. Cet homme fait voir au roi un jeune page élevé par de meilleurs niaitres. Le page adresse à Gargantua un discours plein de grâce, de politesse et de bon sens. Mais toute la contenance de Gargantua fut qu'il se prit à pleurer comme une vache , et se cachoit le visage de s<mi bonnet, et ne fut possible de tirer de lui une parole, non plus qu'un pet d'un àné mort, n

u Lecteurs, ne vous scandalisez pas de cette polisonne* rie, continue Gin^uené; attachez - vous au sens de cette petite scène allégorique : rappelez-vous combien de princes, nés peut-être avec de l'esprit naturel, sont devenus incapables de la moindre réponse, par l'éducation niaise et insignifiante qu'ils ont reçue : rappelez-vous ce trait du duc deBerri, à la séance du parlement, pour sa renonciation

à la couronne d'Espag^ne. Le premier président lui adressa un compliment: le prince avoit appris une réponse de six lig^nes ; il dit et répéta plusieurs fois monsieur... sans pouvoir aller plus loin ! Le premier président attendit le peu de temps qu'auroient pu durer deux phrases , et s'inclina profondément^ comme si la réponse eût été finie. Ce prince, affligée du déconcertement où il s'étoit trouvé, ne levoit pas les yeux, et garda un silence morne jusqu'à Versailles. Pour l'achever, une princesse de Montauhan vint au-devant de lui à son arrivée, et le félicita impudemment sur son éloquence. Le prince, n'y pouvant plus tenir, s'échappe brusquement, et lorsqu'il est en liberté, s'abandonne aux larmes et aux cris; il s'emporte contre son g[ouverneur qu'il accuse de sa mauvaise éducation, u On n'a cherché qu'à m'abrutir, s'écrie-t-il en sanglottant, on y a réussi ; on m'a rendu incapable de tout. Cet état violent dura deux heures.» {Mém. de Duclos, tom. L) N'est-ce pas précisément la scène du fils de Grandgousier?»

Grandgfousier , las de voir son fils Gargantua étudier beaucoup et ne rien apprendre , se détermine à expulser maître Jobelin-Bridé , et autres pédants sophistes, et lui donne pour précepteur Ponocrates, avec lequel Gargantua va à Paris pour étudier plus fructueusement. L'histoire est encore ici d'accord avec le roman, et rapporte de Louis XII ce que Rabelais dit de Grandgousier.

u Louis XII , dit Garnier, tom. XXII, pag. 544 5 se voyant sans enfants mâles, donna toute sa tendresse à François I". Il méditoit les excellents ouvrages philosophiques de Cicéron , en recueilloit les plus belles maximes , s'en nourrissoit, et tàchoit de les inculquer à François d'Angouléme, son gendre et successeur; il chérissoit ce jeune prince, comme s'il eût été son fils... »

Il n'est pas étonnant d'après cela que Louis XII ait congédié tous les Jobelins-Rridés, qui faisoient perdre le temps

au jeune comte d'Angouléme , qui étoit en effet d'âge à recevoir ses leçons, quand il devint à-la-fois son gendre et son héritier présomptif. Ce prince, étant né en 1494? ^^ ayant été fiancé en i5o6 à Claude de France, fille de Louis XII et d'Anne de Bretagne, qui n'avoit que sept ans ^ il n'avoit lui-même que douze ans, quand il devint, pour ainsi dire , le fils adoptif de Louis XII par ce mariage. C'est alors que Louis XII dit à la reine, qui s'y opposoit: «Je vois bien que ce gros garçon gâtera tout; mais le moyen de ne pas se rendre aux désirs de mes sujets. »

A tant ' son père apperceut que vrayment il estudioit tresbien , et y niettoit tout son temps, toutesfoys que en rien ne proufïîtoit. Et, qui pis est, en devenoit fou, niays, tout resveux et rassoté^. De quoy se complaignant a don Philippes des Marays, viceroy de Papeli gosse ^, entendit que

' Cependant.

* Sot, hébété, doublement sot.

'* Ce des Marais, vice-roi de Papeligosse, auquel Grandgonsier se plaint de l'ineptie de maître Jobelin, est évidemment le cardinal George d'Amboise, premier ministre de Louis XII, homme plein de talents et de vertus. L'auteur lui donne le titre de vice-roy de Papeligosse, parcequ'il ëtoit légat du pape en France, et que même, sans les intrigues du cardinal de La Rovère (depuis Jules II), il eût succédé à Alexandre VI. Rabelais, qui avoit le plus grand intérêt de masquer ses personnages, lui donne le prénom de Philippe y qui signifie en grec qui aime les chevaux , par allusion à son prénom de Geof^e, saint qu'on représente toujours à cheval, et au proverbe monté comme un saint George , parcequ'en effet il montoit très bien à cheval. Quant au nom de des Marais qu'il lui donne aussi, c'est

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mieulx luy vauldroit rien h apprendre que tek

livres , soubz telz précepteurs , apprendre. Car

comme habitant vraisemblablement, à Paris, le Marais, quartier de la cour dé Louis XII, qui occupoit le palais des Tournelles, sur la place Royale.

Bemier et Le Motteux sont bien éloignés d'avoir rencontré juste ici. « Les chapitres xv et xvi, dit le premier, regardent entre autres choses un don Philippe des Marais ^ vice-roi de Papeligosse, qu'on croit marquer M. de La Trémouille, un des favoris et lieutenants généraux es armées du roi Louis XII , lequel commit au gouvernement de François de Valois certain Ponocrates (homme laborieux) ^ pour lui inspirer des maximes différentes de celles qu'il avoit apprises de Louise de Savoie sa mère ; de sorte que lui confrontant Eudémon , j^une homme bien appris et instruit, l'auteur fait voir par cette opposition la différence qu'il y a d'un enfant bien élevé à un qui n'a rien appris de bon. »

« Le chapitre xv, dit Le Motteux, nous apprend comment Gargantua feut mis soubz aultres pédagogues, par le conseil de don Philippe des Marais. Je conçois que ce don Philippe des Marais pourroit être Philippe, ^t/s du maresghal de Navarbe. Le don est un titre navarrois aussi bien qu'espagnol, et marais approche assez de maréchal. » Quelle pitié! quand on sait que maréchal vient de l'allemand marschall, qui signifie étymologpquement valet de cheval , et n'a par conséquent aucun rapport de sens avec marais» Quant à Le Duchat, il n'a pas même songé à percer ce mystère ; mais il a très bien vu que Papeligosse est un pays imaginaire nommé ainsi, parcequ'on suppose qu'on y vit dans une entière Uberté, jusqu'à pouvoir impunément s'y gausser du pape. « Papeligosse, ajoute-il, dans Ménage, est proprement un pays où l'on se gausse du pape, tel que File des Papefigues du livre IV, chap. xlv, xlvi et xltii; et je me trompe fort si le traducteur de Rabelais, en anglois, n'a fort bien rencontré de prétendre que le pays de Papeligosse étoit la Navarre, mise à l'interdit avec son roi Jean d'Albret, par le pape Jules II. Ce prince s' étoit gaussé de Jules, en ne voulant pas déférer à la bulle papale qui lui ordonnoit de renoncer à l'alliance qu'il avoit avec le roi de France Louis XII. Jules à son tour lui fit la figue en le faisant dé-

GARGANTUA. agS

leur sçavoir n'estoit que besterîe : et leur sapience nestoit que moufles ^. abastardissant les bons et

poniller de la meilleure partie de son royaume : de sorte qu'après une révolution si funeste au roi de Navarre, il ne faut pas s*étonner si, dans si peu qu'il lui restoit de pays, le pape et ses suppôts, comme les sorbonnistes , y ëtoient haïs et méprisés, comme ils Fét oient par don Philippe des Marais, vice-roi de Béarn. » Mais Le Duchat ne fait pas attention que Jules H, après avoir supplanté le cardinal d'Amboise son concurrent pour la papauté, avoit aussi excommunié Louis XII, et mis le royaume de France en interdit, que Ton s'y gaussoU de lui, et que Louis XII même le fit condamner au concile de Pise.

* Cest-à-dire n'étoit que pédantisme, billevesées et bouffissures, par allusion à un visage enflé et boufB, anciennement appelé, mo-' Jbie. ( Voyez le Dictionnaire de Trévoux. ) D'où on a dit moufiu , qu'on trouve dans Duez rendu par paffuto, joufBu, qui a les joues potelées, qui font pa/ quand on les soufflette. D'où l'on dit encore,, en languedocien, selon M. Guizot, es moufle y il est gras, bouffi. Ce mot est donc composé de moue pour premier radical, et de flare, Jh^ pour le second, comme jouffbi Y est déjoue et du même mot. Ainsi Fétymologie suivante de Le Duchat, qui fait venir moujle de mollicubis , est inadmissible. « Moufle y dit-il, vient peut-être de mollicu~ lus. n On appelle moufle ^ à Toulouse, dit Gaseneuve, une chose qui, pour estre rempUe ou fourrée de plume ou de laine, est tellement molle y que les doigts s'y enfoncent si on la presse tant soit peu. n En ce sens quand Rabelais dit que la science des maîpres dont il parle n'est que moufles, il entend qu'elle n'est rien moins que solide» Rabelais, ajoute Le Duchat dans le dictionnaire de Ménage, com-> pare à des moufles la sapience des sophistes, mot qu'il savoit bien venir de sapere, qui signifie proprement goûter, savourer; parceque comme une main garnie de moufles, qui sont toujours ou de laine ou de drap, ou de peau avec le poil ou la laine , ne peut rien discerner de ce qu'elle touche ; de même la teinture qu'un jeune homme avoit prise dans l'école des sophistes faisoit que, loin d'y avoir appris quelque chose, il ne lui restoit même plus de disposition à apprendre ce qu'on auroit pu lui enseigner de meilleur. Livre IV,

nobles esperitz, et corrompant toute fleur de jeu-^ nesse. Qu'ainsi soit^, prenez, dist il , quelqu ungde ces jeunes gens du temps présent, qui ait seuUement estudié deux ans : en cas qu'il n'ait meilleur jugement, meilleures paroUes, meilleur propous que vostre filz , meilleur entretien et honnesteté entre le monde, reputez moi a jamais ung taille bacon ^ de la brene. Ce qu'a Grandgousier pleut tresbien, et commanda qu'ainsi feust faict.

Au soir en souppant , ledict des Marays in-

chap. XXX de l'édition de i553, il compare le palais de Quaréme- Prenant à une moufle; et à la fin du même chapitre, sa discrétion aussi à une moufle. Item, toujours suivant la même idée, liv. V, cha. xxiii, parlant de la dame Quinte-Essence, reine des chimistes et autres cerveaux déréglés, il dit qu'encore qu'elle eût de bonnes dents, et que ses viandes requissent mastication , elle ne mangeoit ni ne £;oûtoit rien de ce qu elle mâchoit, parcequ'elle avoit le gosier doublé de satin cramoisi.

^ Si vous en doutez.

^ Taille -bacon, comme taille - boudin , veut dire un homme de néant, quoique proprement ces mots désignent un fanfaron, un batteur de vache liée, un briseur de portes ouvertes, tel que le trinc' amellùs (voy. le Dictionnaire de la langue toulousaine, aux mots ▲MELLO et trinca), trinquamclle on tranche-amende des Toulousains. Bacon , dans le Lyonnois, dans le Dauphiné , dans le Poitou, et dans la Lorraine, signifie du lard ; en Angleterre de même. En Provence c'est un porc salé, ce qui me rappelle châ d' poché ça don bacon, paroles d'une vieille chanson messine qui disent que chair de pourceau c'est du bacon. La Bréne est un petit pays de la Touraine , où est Mézières, autrement appelé Saint-Michel-en-Brêne. (L.) — Un taillebacon doit signifier un tranche-lard ou un châtreur de porcs, puisqu'il est certain que bacon signifie lard. De Marsy le traduit par uii bailleur de balivernes.

troduict ung sien jeune paige de Ville Gongis nomme Eudemon 7, tant testonné , tant bien tiré ®, tant bien espousseté, tant honneste en son maintien que trop mieulx ressembloit quelque petit angelot qu ung homme. Puis dist a Grandgousier : Voyez vous ce jeune enfant? il nha encore douze ans 9, voyons, si bon vous semble, quelle différence y ha entre le sçavoirde vos resveurs mateologiens '° du temps jadis, et les jeunes gens de maintenant. L essay pleut a Grandgousier, et commanda que le paige proposast. Alors Eudemon , demandant congé de ce faire ' ' audict viceroy son maistre, le bonnet au poing, la face ouverte, la

' * Ce charmant Eudemon , dont le nom grec iuJ'eti/jion simplifie heureux £[énie, étoit le jeune Cossé-Brissac, appelé par les dames de la cour le beau Brissac, prince accompli, dit l'iiistoire^ tant au physique qu'au moral. Kauteur le fait venir de Ville-Gongis, bourg du Berri, entre Buzançais et Châteauroux, par allusion sans doute au bourg de Villa-Gonza y dans le royaume de Naples, dont les Cossé étoient en effet originaires. Voyez Brantôme , tom. VIII, pag. 334-

' Tiré à quatre épingles, comme on parle. (L.) — Si bien coiffé. Testonné vient de tête : on disoit testonneur pour coiffeur.

^* Le beau Brissac, né en i5o6, avoit douze ans de moins que François I"*. Mais Rabelais ajuste tout cela à son roman : son Gargantua n* ayant commencé à étudier qu'à onze à douze ans, et y ayant employé près de cinquante-quatre années, sous Thubal Holoferne, sans compter le temps qu'il reçut des leçons de maistre Jobelin, d'après le chapitre précédent , il devoit avoir environ soixante-six ans ^ quand Eudemon n'en avoit encore que douze.

"* Cest-à-dire de vos rêves-creux, de vos pédants et vains discoureurs, du grec ftfltTAioxo^oc , vaniloquuSj composé de /Jidrrenoçy vain, vide, et xoyo; discours. — " Demandant permission de faire cela.

bouche vermeille , les yeulx asseurez , et le regard assis sur Gargantua , avecques modestie j uvenile ' *, se tint sus ses pieds et commen<;a le louer et ma gnifier, premièrement de sa vertu et bonnesmeurs, secondement de son sçavoir, tiercement de sa noblesse, quartement de sa beaulté corporelle. Et, pour le quint, doulcement l'exhortoit a révérer son père en toute observance, lequel tant sestudioit a bien le faire instruire ; enfin le prioit qu'il le voulsist ' ^ retenir pour le moindre de ses serviteurs. Car aultre don pour le présent ne requeroit des cieulx sinon qu'il lui feust faict grâce '^ de luy complaire en quelque service agréable.

Le tout feut par iceluy proféré avecques gestes tant propres, prononciation tant distincte, voix tant éloquente, et languaige tant aorné '^ et bien latin , que mieulx ressembloit ung Gracchus, ung Ciceron ou ung Emilius du temps passé qu'ung jouvenceau de ce siècle. Mais toute la contenance de Gargantua feut qu'il se print a plorer conune une vache , et se cachoit le visaige de son bonnet , et ne feut possible de tirer de luy une parolle, non plus qu'ung pet d'ung ane mort.

Dont son père feut tant courroussé qu'il voidut occire'^ maistre Jobehn. Mais le dict Des Marays l'en garda par belle remonstrance qu'il luy feit j en

la

Digne d'un jeune homme. — '^ Qu il le voulût. — *♦ Qu'il eàt le bonheur. — '^ Omé. — '® Tuer; du latin occidere.

manière que feust son ire modérée. Puis commanda qu'il feust payé de ses guaiges, et qu on le feist bien choppiner theologalement '7 ; ce faict qu'il allast a tous les diables. Au moins, disoit il, pour le jourd'hui ne coustera il gueres a son houste , si d'adventure il mouroit ainsi saoul comme ung Angloys*®. Maistre Jobelin parti de la maison, consulta Grandgousier'9 avecques le viceroy quel précepteur l'on luy pourroit bailler, et feut advisé entre eulx qu'a cest office seroit mis Pono-

" Cest ainsi qu'on lit dans Tédition de Dolet. La crapule des an^ tÀens régents de collège et des sorbonistes des siècles passés avoit donné lieu à cette expression proverbiale, que H. Etienne explique par boire beaucoup et du meilleur vin. (L.) — G*est-à-dire à la mode des théologiens du temps ^ qui étoient pour la plupart de grands ivrognes.

'* Le soldat et le petit peuple anglois trouvent le vin d'autant meilleur, qu'il n'en croit point en Angleterre. La nation est d'ailleurs fort carnassière, et elle avoit long-temps ravagé la France. En ce temps-là où le boui^eois firançois ne pouvoit voir sans un extrême crève-coeur les Anglois se gorger de ses biens, vint déjà la coutume d'appeler Anglois tantôt, comme dans Fépitre du poëte Crétin au roi François 1*% un rude créancier, tantôt, comme dans Marot, un recors impitoyable, vivant à discrétion cbez un débiteur. Et c'est à ce même temps-là qu'il fafUt encore rapporter cette expression proverbiale dont Érasme avoit déjà fait mention dans ses Adages, et qui se trouve aussi dans les œuvres de médecine de Rondelet, au chapitre xviii, de sudoris Excretione. (L.) — Lorsque sous Charles VII, dit un des éditeurs de 1752, les Anglois possédoient la plus grande partie de la France, ils vivoient à discrétion chez le bourgeois; et quand les vins de France étoient communs, la raison angloise étoit fort rare.

' ' Crandgousier consulta .

3oo LIVRE I, CHAP. XV.

crates^^, pédagogue de Eudemon, et que tous en. semble iroyent a Paris ^% pour congnoistre quel estoit lestude des jouvenceaulx de France pour icelluy temps.

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Ce Ponocrates doit être Jean-Jacqnes Trivulce , Milanois, maréchal de France, qui servit sous Charles VIII, Louis XII et François I'^'^: il dirigea les premiers faits d'ai'mes de ce dernier prince, entre autres à la bataille de Marignan, et vraisemblablement aussi ceux du jeune Brissac. Ponocrates vient du grec ironc travail, et K^tturiu je commande, qui commande le travail, le maître des travaux, par allusion à Tautorité qu'il prenoit sur son élève, ou plutôt à ses exploits miUtaires. Ce guerrier, qui fut long -temps en faveur sous François T**, et qui mourut à Châtres, sous Montlhéri, en i5i 8, ordonna qu'on gravât sur son tombeau cette courte épitaphe , qui exprime bien le caractère que ce nom indique : hic quiesgit, qui ruit- QUAM QuiEviT (ici rcposc Jean-Jacques Trivulce, qui, auparavant, n'avoit jamais eu de repos ) ; et il y a de l'apparence, dit Le Duchat, que ce fut pour ne la point faire mentir, qu'étant prêt d'expirer, il s'escrimoit encore de son épée à droite et à gauche.

^ ' * François T", notre Gargantua, étudia effectivement à Paris, au collège de Navarre. Voyez Gaillard, yie de François /*'', tom. I. — Cette résolution d'envoyer Gargantua à Paris, pour congnoistre quel esloit testude des jouvenceaux de France pour icelluy temps ^ est une preuve, selon Le Motteux, que Grandgousier n'étoit pas roi de France , comme on se l'imagine ; et que Gargantua ne doit être censé paroître dans ce royaume qu'en qualité d'étranger. Mais il se trompe : elle prouve seulement que François V n'étoit pas né roi, et qu'il est venu étudier à Paris de la ville où il étoit né et où il avoit été élevé.

GARGANTUA. 3oi

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