‹ Œuvres de Saint François de Sales (volume 2)Chapitre 12 sur 267 · PREFACE XXV · texte numérisé non relu

PREFACE XXV

s'appropriaient le mieux, et étaient plus convenables... Je suis bien marrie que nos Sceurs de Lyon ne jouissent pas en cette occasion de la consolation qu'elles désirent. Ce qui se pourrait faire en cela serait de regarder ce qui aurait été mis dans les Entretiens, puis faire un recueil des principaux points qui seraient restés, que vous jugeriez étre d'utilité et de consolation, auxquels on ajouterait encore quelques avis que nous avons de notre bienheureux Pére qui sont fort beaux, lesquels on pourrait faire imprimer et joindre à la fin des Entretiens... Mais prenez bien garde, si vous faites cela, de ne pas répéter ce qui aurait déjà été mis aux Entretiens. » Les extraits en question furent faits, mais fort sobrement, et imprimés pour la premiére fois avec quelques autres passages inédits des Manuscrits, au commencement de l'opuscule intitulé : Petite Coustume de ce Monastere de la Visitation Saincte Marie d' Annessy. M.DC.XLII.

L'étendue des Entretiens, la variété des matières qu'ils embrassent pourraient faire supposer que le résumé de plusieurs conférences a été réuni sous un méme titre et un seul numéro d'ordre. Cette supposition n'est fondée que pour le premier et le dernier Entretien et celui De la Desappropriation. Tous les autres ne représentent bien qu'une seule de ces exhortations qui, par suite de l'inépuisable charité du saint Fondateur et la pieuse avidité de ses Religieuses, se prolongeaient parfois des heures entières.

Le Privilège royal qui assurait à Cœursilly la propriété des Entretiens pour six ans ne fut pas respecté. Pendant qu'il les rééditait lui-même en 1630, 1631, 1632 (1)J, ils étaient imprimés à Tournai en 1630 par Adrien Quinqué, à Paris en 1631 par Huré, en 1635 à Rouen par le Boulanger et par Etienne Vereul, et

(1) C'est l'édition de 1632 qui a été reproduite dans les premières Œuvres completes, publiées à Toulouse en 1637. On s'étonne que Vivés, dans un Avertissement placé en regard de la p. 267, tome III, désigne comme « première édition authentique » celle qui a paru dans les Œuvres completes de 1641. Migne commet la méme erreur, tome III, col. 965, note (1442).

XXVI Les vRAYS ENTRETIENS SPIRITUELS

réimprimés en cette même année 1635 à Paris par Huré. Les Vrays Entretiens furent encore réédités à Lyon en 1636 par Pierre Bailly et par Candy, à Paris en 1644 et 1645 par Huré, etc. Il serait fastidieux d'énumérer toutes les éditions qui en furent faites pendant le XVII‘ siècle, et presque impossible de n’en oublier aucune, tant elles sont nombreuses.

Nombreuses aussi sont les versions qui en ont été données dans les principales langues de l’Europe. En 1632, trois ans à peine après la publication de la première édition, une Religieuse Bénédictine de Cambrai les traduisit en anglais (1). En 1648, ils étaient traduits en latin par le P. Lamormaini, S. J.(*) En 1652, paraissait à Rome une version italienne dédiée au Cardinal Fabio Chigi, plus tard Alexandre VII, par ordre de qui elle avait été entreprise (3). La plus ancienne édition allemande qui nous soit connue, remonte à 1667. Elle a été publiée à Lucerne, par le Docteur Gaspard Stadler, et dédiée à l'Evéque de Constance. On signale une traduction espagnole en 1667. La version polonaise faite par la Sceur Frangoise-Aimée de Thélis, l'une des fondatrices de la Visitation de Varsovie, doit remonter à une époque antérieure encore (4); mais elle ne fut imprimée que beaucoup plus tard.

Ainsi par la diffusion des Entretiens spirituels s'accomplissait le conseil évangélique : Ce qui vous a été dit dans les ténèbres, répétez-le en plein jour, et publiez

(1) Cette première traduction anglaise portait ce titre : Spirituall Entertainments of the sovle written by the holy and most reverend lord Francis de Sales bishof and prince of Geneva. Translated by a Dame of our Ladies of comfort of the order of S. Bennet in Cambray. Imprinted at Douay, by Gheerart Pinson under the signe of Cuelen. 1632. — La Communauté des Bénédictines à laquelle nous en sommes redevables, chassée de Cambrai par la révolution française, se retira à Stanbrook (Worcester), où elle est encore florissante aujourd'hui.

(31 Collocutiones Spirituales... in Latinum traductæ per Henricum Lamormaini. Vienna, Cosmeronius.

(3) Z veri Trattenementi o Discorsi spirituali di Monsignor Francesco di Sales... Tradotti dal Francese nell’ Italiano da D. Paolo Battista Uso di Mare, Genovese, monaco Cassinese nella sacra Badia di San Paolo.

(4) Voir l'Année Sainte des Religieuses de la Visitation Sainte- Marie (III* volume), Annecy, Ch. Burdet, 1867.

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