‹ Œuvres de Saint François de Sales (volume 2)Chapitre 127 sur 267 · XI. DE LA VERTU D'OBEISSANCE · texte numérisé non relu

XI. DE LA VERTU D'OBEISSANCE

par des voyes scabreuses et dangereuses, les inferieurs se sousmettans à tout ce qui n'est point manifestement peché, ni contre les commandemens de Dieu et de sa sainte Eglise, je vous peux asseurer qu'ils ne peuvent jamais errer. Le vray obeïssant, dit l'Escriture Sainte *, parlera de ses victoires ; c'est à dire il demeurera vainqueur en toutes les difficultés esquelles il sera porté par obeissance, et sortira à son honneur des chemins esquels il entrera par obeissance, pour dangereux qu'ils puissent estre. Ce seroit une plaisante facon d'obeir si nous ne voulions obeir qu'aux Superieurs qui nous seroyent agreables. Si aujourd'huy que vous avez une Superieure fort estimée, tant pour sa qualité que pour ses vertus, vous luy obeissez de bon coeur, demain que vous en aurez une autre qui ne sera pas tant estimée vous ne luy obeissez pas de si bon coeur qu'à l'autre, luy rendant bien pareille obeissance, mais n'estimant pas tant ce qu'elle vous dit et ne le faisant pas avec tant de satisfaction, hé! qui ne void (&') que vous obeissez à l'autre par vostre inclination et non pas purement pour Dieu? car si cela estoit, vous auriez autant de plaisir et feriez autant d'estime de ce que ceste-cy vous dit, comme vous faisiez de ce que l'autre vous disoit. J'ay accoustumé de dire souvent une chose que tousjours il est bon de dire parce qu'il le faut tousjours observer, qui est que toutes nos actions se doivent pratiquer selon la partie superieure ; car c'est ainsi qu'il faut vivre en ceste maison, et non jamais selon nos sens et nos inclinations. C'est sans doute que j'auray plus de satisfaction, quant à la partie inferieure de mon ame, de faire ce qu'une Superieure me commande à laquelle jay de l'inclination, que non pas à faire ce que l'autre

(h') qui nous seroyent agreables. — Aujourd'huy que j'ay une Superieure qui est fort estimée, tant par sa qualité comme par ses vertus, je luy obeiray ; et demain que j'en auray une qui sera moins estimée, je ne voudray pas luy obeir. Vous luy rendez pareille obeissance qu'à l'autre, dites-vous; mais vous n'estimez pas tant ce qu'elle dit, ni ne le faites pas avec tant de satisfaction. O mon Dieu! qui ne sçait (Ms. et Coll.)

* Prov., xxi, 28.

me i-a lagzella ia zen ay di tout point: mais pour-

veu que Pobeisse egalerren: quant à la partie superieure i sufi. et mor sheissance vast mieux quand jay moins

de plaisir a [a faire. parce quia c'est Li ou nous mons Se C'est pour Lisa et non pour nostre plaisir que

-'v a rez de plas commun dans le molde 42e cesta faxiz d'obeir à ceux que l'on avme: .2 est extremement rare et ne se

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Trouver ce que cesta Szperieure icy fait. ni de dire ou nser pour;zecy ella fa: des ordonnances que l'autre taisoit pas? U certes. non jamais. mes cheres filles; ains il faut approuver tou? ce que les Superieures font ou disent. perimette-t ou defezdent. pourveu :' quil ne soit mar:festerrezt contre les commandemens de Dieu, car alors il ne faut zi obeir ri approuver cela. Mais hors de là. les inferieurs doivent tousjours croire et faire confesser à leur propre jugement que les Superieurs font tres-bien et gui!is on: bonne raison de le faire; car autrement ce seroit se faire Superieur et rendre le Superieur inferieur. puisque nous nous rendrions examiaateurs de sa cause. Non, ii faut piier les espaules sous le fardeau de ia sainte obeissance, croyant que ces deux Superieures ont eu bonne raison de faire le commandement qu'eiies : ont fait, quov que different et contraire l'un à l'aztre.

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