XII. De L’EsPRIT DEs REGLES
c'est? C'est estre exactes à l’observance des moyens arvenir à ceste fin, qui sont nos Regles et Constins, et estre fort diligentes à faire tout ce qui en nd et qui sert à les observer plus parfaitement : , C'est avoir l'esprit de nostre Religion. Mais il faut ceste exacte et ponctuelle observance soit entreprise implicité de cœur, je veux dire qu'il ne nous faut pas oir aller au delà, par des pretentions de faire plus | ne nous est marqué dans nos Regles; car ce n'est par la multiplicité des choses que nous faisons que ; acquerons la perfection, mais c'est par la perfecet pureté d'intention avec laquelle nous les faisons. ut donc regarder quelle est la fin de vostre Institut intention de vostre Instituteur, et vous arrester aux ens qui vous sont marqués pour y parvenir. Quant fin de vostre Institut, il ne la faut pas chercher en ention des trois premieres Sceurs qui commencerent, plus que celle des Jesuites au premier dessein ut saint (m) Ignace; car il ne pensoit à rien moins faire ce qu'il a fait par apres, comme de mesme ; François, saint Dominique et les autres qui ont nencé des Religions. Mais Dieu, à qui seul apparde faire ces assemblées de pieté, les a fait reussir facon que nous voyons qu'elles sont ; car il ne faut 3 croire (2) que ce soyent les hommes qui, par leur ion, ayent commencé ceste facon de vie si parfaite » est celle de la Religion : c'est Dieu par l'insn duquel ont esté composées les Regles, qui sont rens propres pour parvenir à ceste fin generale les Religieux, de s'unir à Dieu, et au prochain mour de Dieu.
comme chaque Religion a sa fin particuliere, ussi les moyens particuliers pour parvenir à ceste
Peres Jesuites au premier dessein du bien-heureux Pere (Ms.
sont, — Il ne faut jamais penser, et encore moins le croire, pas vray aussi, (Ms. et Coll.)
fin et union generale, tous ont aussi un moyen general pour y parvenir, qui est par les trois vœux essentiels de la Religion. Chacun sçait que les richesses et les biens de la terre sont des puissans attraits pour dissiper l'ame, tant pour la trop grande affection qu'elle y met, que pour les sollicitudes qu'il faut avoir pour les garder, voire pour les accroistre, d'autant que l'homme n'en a jamais assez selon ce qu'il desire. Le Religieux couppe et tranche (v) tout cela par le vœu de pauvreté. Il en fait tout de mesme à la chair et à toutes ses sensualités et plaisirs, tant licites qu'illicites, par le voeu de chasteté, qui est un tres-grand moyen de s'unir à Dieu tres-particulierement ; d'autant que ces plaisirs sensuels allentissent et affoiblissent grandement les forces de l'esprit, dissipent le cœur et l'amour que nous devons à Dieu, et que nousluy donnons entierement par ce moyen, ne nous contentant pas de sortir de la terre de ce monde, mais sortans encore de la terre de nous-mesme, c'est à dire renoncans aux plaisirs terrestres de nostre chair. Mais beaucoup plus parfaitement nous unissonsnous à Dieu par le vceu d'obeissance, d'autant que nous renonçons à toute nostre ame, à(P) toutes ses puissances, ses volontés et toutes ses affections, pour nous sousmettre et assujettir non seulement à la volonté de Dieu, mais à celle de nos Superieurs, laquelle nous devons tousjours regarder comme estant celle de Dieu mesme; et cecy est un tres-grand renoncement, à cause des continuelles productions des petites volontés que fait nostre amour propre. Estant donc ainsi sequestrés de toutes choses, nous nous retirons en l'intime de nos cceurs pour plus parfaitement nous (4) unir à sa divine Majesté.
Or, pour venir en particulier à la fin pour laquelle nostre Congregation de la Visitation a esté erigée, et
(0) Le Religieux — donc couppe court à (Ms. et Coll.) (p) d'autant que — c'est ramasser toute nostre ame, avec (Ms. et Coll.) (q) four — nous plus absolument et parfaitement (Ms. et Coll.)