‹ Œuvres de Saint François de Sales (volume 2)Chapitre 154 sur 267 · XIII. De L’EspRIT Des REGLES · texte numérisé non relu

XIII. De L’EspRIT Des REGLES

combattoyent pour ceux qui gardoyent les hardes : aussi ils meritoyent tous une mesme recompense, puisqu'ils obeissoyent tous également au Roy. Dieu soit beni. (7)

(2°) également — à la volonté du Roy; car ce n'est pas l'œuvre qui nous fait meriter, ains l'amour et la charité avec laquelle nous la faisons.

Disons encor ce mot sur le sujet de la Presentation de Nostre Seigneur au Temple et de la Purification de sa tres-sainte Mere. Regardez, je vous prie, comme ce tres-saint et glorieux Enfant se laisse porter, tout simplement mais amoureusement, entre les bras du bien-heureux saint Simeon, car il ne pleure point ni ne tesmoigne nulle repugnance d'estre tiré des bras de sa tres-chere Mere, bras esquels il ressentoit tant de suavité qu'il ne se peut dire. Quelle suavité, je vous prie, lors que la tres-sainte Vierge distilloit dans la sacrée bouche de son Enfançon les gouttes de son tres-pur et celeste lait, faisant quant et quant de sa bouche des souspirs enflammés qu'elle langoit dans le cœur du Sauveur, lequel en eschange ouvroit ses petits yeux pour la regarder: et par le moyen de ces regards, le cœur de la tres-glorieuse Vierge demeuroit presque pasmé des flammes de son amour. Que personne donc ne s'excuse plus d'aller à la sainte Communion sur son indignité : O mon Dieu, comment oseray-je aller recevoir Nostre-Seigneur si souvent comme les autres, veu que je suis si miserable ? O Dieu, je n'oserois m'approcher de Dieu par le moyen de l'oraison ! Hé, quelle tromperie! ne voyez-vous pas que Nostre-Seigneur va tout simplement entre les bras de saint Simeon, et quitte sa tres-chere Mere qui estoit toute pure et sans macule ?

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