‹ Œuvres de Saint François de Sales (volume 2)Chapitre 155 sur 267 · QUE L'ON A SUR SOY-MESME · texte numérisé non relu

QUE L'ON A SUR SOY-MESME

La premiere question est si d'estre sujette (b) à sa propre opinion est une chose bien contraire à la perfection. Sur quoy je responds qu'estre sujet à avoir des propres opinions ou n'y estre pas, est une chose qui n'est ni bonne ni mauvaise, d'autant que cela est tout naturel. Chacun a des propres opinions ; mais cela ne nous empesche pas de parvenir à la perfection, pourveu que nous ne nous y attachions pas ou que nous ne les aymions pas, car c'est seulement l'amour de nos propres opinions qui est infiniment contraire à la perfection ; et c'est ce que j'ay tant de fois dit *, que l'amour de nostre propre jugement et l'estime que l'on en fait, est la cause qu’il y a si peu de parfaits. Il se trouve beaucoup de personnes qui renoncent à leur propre volonté, les uns pour un sujet, les autres pour un autre ; je ne dis pas seulement en Religion, mais parmi les seculiers et dans les cours des princes mesmes. Si un prince commande quelque chose à un courtisan, il ne refusera jamais d'obeir ; mais d'avoüer que le commandement soit bien

(a) SUR LE SUJET DE LA TENDRETÉ QUE L'ON A SUR SOY-MESME. (Ms.) — DE LA PROPRE OPINION. (Coll.)

(b) Avant toutes choses il faut faire le signe de la Croix, et puis nous dirons quelque petite chose sur les deux questions qui m'ont esté faites, bien que peu, à fin de laisser du temps à nos Sœurs de me demander ce qu'elles voudront. La premiere est si d'estre attachée (Ms. et Coll.)

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