‹ Œuvres de Saint François de Sales (volume 2)Chapitre 172 sur 267 · XV. DE LA VoLonTE DE Dieu · texte numérisé non relu

XV. DE LA VoLonTE DE Dieu

parte de leur passion et inclination, et c’est chose qu'il se faut garder de faire. Neantmoins, si nous cognoissions palpablement que cela fust, il ne faudroit pas laisser d'obeir tout doucement et amoureusement, et se sousmettre avec humilité à la correction.

C'est voirement une chose bien dure à l'amour propre que d'estre sujet à toutes ces rencontres. (4) Il est vray ; mais ce n'est pas aussi cest amour là que nous devons contenter ni escouter, ains seulement le tres-saint amour de nos ames, Jesus, qui demande de ses cheres espouses une sainte imitation de la parfaite obeissance qu'il rendit, non seulement à la tres-juste et bonne volonté de son Pere, mais aussi à celle de ses parens, et qui plus est, de ses ennemis lesquels sans doute suivirent leurs passions aux travaux qu'ils luy imposerent ; et cependant le bon Jesus ne laisse de s'y sousmettre doucement, humblement, amoureusement. Et nous verrons assez que ceste parole de Nostre Seigneur qui ordonne que l'on prenne sa croix*, doit estre entendue de recevoir de bon cœur les contradictions qui nous sont faites à tous rencontres par la sainte obeissance, bien qu'elles soyent legeres et de peu d'importance.

Je m'en vay vous donner encor un exemple admirable pour vous faire comprendre la valeur de ces petites croix, c'est à dire de l'obeissance, condescendance et souplesse à suivre la volonté d'un chacun, mais specialement des Superieurs. Sainte Gertrude fut faite Religieuse en un monastere oü il y avoit une Superieure laquelle recognoissoit fort bien que la bien-heureuse Sainte estoit d'une complexion foible et delicate ; c'est pourquoy elle la faisoit traitter plus delicatement que les autres Religieuses, ne luy laissant pas faire les austerités que l'on avoit de coustume de faire en ceste Religion. Que pensez-vous donc que faisoit la pauvre fille pour devenir sainte ? Rien autre chose que de se

(q) [La fin de cet alinéa et le suivant ne se trouvent ni dans le Ms. ni dans les Co//oques.]

* Vide supra, p.270.

sousmettre bien simplement à la volonté de la Mere. Et bien que sa ferveur l'eust fait desirer de faire ce que les autres faisoyent, elle pourtant n’en tesmoignoit rien; car quand on luy commandoit de s’aller coucher, elle y alloit simplement, sans replique, estant asseurée qu'elle jouiroit aussi bien de la presence de son Espoux dans son lict par obeissance, que si elle eust esté au chœur avec ses Sceurs et compagnes. Et pour tesmoigner de la grande paix et tranquillité d'esprit qu'elle acquit en ceste pratique, Nostre Seigneur revela à sainte Mechtilde sa compagne, que si on le vouloit trouver en ceste vie que l’on le cherchast premierement au tres-saint Sacrement de l’autel, et puis apres dans le cœur de sainte Liber de Gratia Gertrude *. Il ne s'en faut pas estonner, puisque eciali, Pars VI . . . . ‘ n. ' l'Espoux dit au Cantique des Cantiques* que le lieu où Cap. 1, 6. il se repose est au midy. Il ne dit pas qu’il se repose ni au matin, ni au soir, mais au midy, parce qu'au midy il n'y a point d'ombre; et le cœur de ceste grande Sainte estoit un vray midy, où il n’y avoit point d'ombre de scrupules ni de propre volonté, et partant son ame jouissoit pleinement de son Bien-Aymé, lequel prenoit ses delices en elle. En fin l'obeissance est le sel qui donne goust et saveur à toutes nos actions et les rend meritoires de la vie eternelle.

Je desire encor aujourd'huy de dire deux ou trois mots de la Confession. Premierement, je voudrois qu'on portast un grand honneur aux confesseurs; car, outre que nous sommes fort obligés d'honnorer le sacerdoce, nous les devons regarder comme des Anges que Dieu nous envoye pour nous reconcilier avec sa divine

Cf. le Directoire Bonté *. Et non seulement cela, mais encores il les

irituel pour les : :

-urs dela Visi, faut regarder comme lieutenans de Dieu en terre; et

| psi Coutumier, partant, encor qu'il leur arrivast quelquesfois de se monstrer hommes, commettant quelques imperfections, comme demandant quelque chose curieuse qui ne seroit pas de la confession, comme seroit vos noms, si vous faites des penitences, pratiquez des vertus et quelles elles sont, si vous avez quelques tentations et choses semblables, je voudrois respondre selon qu'ils

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