XVI. Des AVERSIONS
comme leur roy, soit soigneuse de les tenir de pres pour leur apprendre la façon de les acquerir et conserver. Si ne faut-il pas neantmoins qu’elle manque pour cela à converser avec les personnes seculieres quand la necessité ou la charité le requiert ; mais hors de là, (X) il faut que la Superieure soit courte avec les seculiers. Je dis hors la necessité et charité, d'autant qu'il y a certaines personnes de grand respect, lesquelles il ne faudroit pas mescontenter. Mais les Religieux et Religieuses ne se doivent jamais amuser avec les seculiers, sous pretexte d’acquerir des amis pour leur Congregation. O certes, il n’est pas besoin de cela, car s’ils se tiennent dedans pour bien faire ce qui est de leur charge, ils ne doivent point douter que Nostre Seigneur ne pourvoye assez leur Congregation des amis qui leur sont necessaires (!).
Mais s’il fasche à la Superieure de rompre compagnie quand on sonne les Offices pour y aller, de crainte de mescontenter ceux avec qui elle parle? Il ne faut pas estre si tendre ; car si ce ne sont des personnes de grand respect, ou bien qui ne viennent que fort rarement ou qui sont de loin, il ne faut pas quitter les Offices ni l’oraison, si la charité ne le requiert absolument. Quant aux visites ordinaires des personnes desquelles on se peut librement dispenser, la Portiere doit dire que nostre Mere ou les Sœurs sont en l’oraison ou à l'Office; s'il leur plaist d'attendre ou de
(k') Je requiert. — Par exemple, avec quelque dame bien mondaine laquelle desirera peut estre de se convertir, quittant la vanité pour suivre la verité et devotion ; et pour ce, elle aura beaucoup besoin de l'assistance de la Superieure pour luy donner plusieurs advis et conseils qui luy sont necessaires. Mais hors de la necessité ou charité, (Ms. et Coll.)
(V) 4 ne faudroit pas mescontenter. — Et quant à ce point que vous alleguez, que la Superieure demeure longuement au parloir à cause du soin qu'elle a d'acquerir des amis pour la Congregation, Ó certes, il n'est pas tant besoin de cela, comme on penseroit bien; car si elle se tient dedans pour bien faire ce qui est de sa charge, elle ne doit point douter que Nostre
Seigneur ne pourvoye assez la maison des amis qui luy seront necessaires. (Ms. et Coll.)
302 LES vRAYS ENTRETIENS SPIRITUELS
revenir. Mais s’il arrive que pour quelques grandes necessités l’on aille au parloir pendant ce temps là, qu’au moins l’on reprenne du temps apres pour refaire l'oraison, tant qu'il se pourra ; car de l'Office, nul ne doute que l'on ne soit obligé de le dire. (m)
Or, pour le regard de la derniere question, qui est si l'on ne doit pas tousjours faire quelque petite particularité à la Superieure de plus qu'au reste des Sceurs, tant au vestir qu'au manger, elle sera tantost resolue ; car en un mot, je vous dis que non, en facon quelconque, si ce n'est de necessité, ainsi comme l'on fait à chacune des Sceurs. Mesmes il ne faut pas qu'elle ayt une chaire particuliere (2) si ce n'est au chœur et au chapitre ; et en ceste chaire jamais l'Assistante ne s'y doit mettre, bien qu'en toute autre chose on luy doive porter le mesme respect qu'à la Superieure (s'entend en son absence); au refectoire mesme il ne luy en faut point, ains seulement un siege comme aux autres. Bien que par tout on la doive regarder comme une personne particuliere et à laquelle on doit porter un tres-grand respect, si ne faut-il pas qu'elle soit singuliere en aucune chose, que le moins qu'il se pourra. L'on excepte tousjours la necessité, comme si elle estoit bien vieille ou infirme; car alors il sera permis de luy donner une chaire pour son soulagement. Il nous faut eviter soigneusement toutes ces choses qui nous font paroistre quelque chose au dessus des autres, je veux dire suréminent
(m') revenir. — Et si je ne me trompe, la Superieure qui sçaura que si elle perd le temps de dire l'Office ou de faire l'oraison avec les autres, qu'il faudra qu'elle reprenne le temps de dire l'Office et de faire l'oraison au temps que sa commodité le luy pourra permettre, elle se rendra assez soigneuse de ne pas perdre le temps que la Communauté y employe, pour des choses non necessaires, Et cecy il le faut observer, non seulement la Superieure, mais toutes les Sceurs, de ne point manquer d'assister aux Offices et à l'oraison tant qu'il se peut. Mais s'il arrive que pour quelque grande necessité on le fasse, qu'au moins l'on reprenne du temps apres pour faire l'oraison, tant qu'il se pourra bonnement; car de dire l'Office, nul ne doute que l'on n'y soit obligé. (Ms. et Coll.)
(n') des Seurs. — Dites-vous s'il ne faut pas qu'elle ayt une chaire par tout? Non certes, il ne le faut pas, (Ms.)
P, aiia,