‹ Œuvres de Saint François de Sales (volume 2)Chapitre 203 sur 267 · XVII. Des Voix · texte numérisé non relu

XVII. Des Voix

en ceste inconstance de volonté, je ne luy donnerois pas ma voix.

Vous dites encor qu'il y en a de si tendres, qu'elles ne peuvent supporter qu'on les corrige, sans se troubler, et que cela les rend souvent malades. Or, si cela est, il leur faut ouvrir la porte ; car puisqu'elles sont malades, et qu'elles ne veulent point qu'on les traitte ni qu'on leur applique les remedes propres à leur donner la guerison, l'on void clairement que, faisant ainsi, elles se rendent incorrigibles et ne donnent point d'espoir de pouvoir estre gueries. Pour ce qui est de la (4) tendreté, tant sur l'esprit que sur le corps, c'est l'un des grands empeschemens qui soyent en la vie religieuse ; et partant il faut avoir un tres-grand soin de ne pas recevoir celles qui en sont démesurément atteintes, parce qu'elles ne veulent point estre gueries, refusans de se servir de ce qui leur peut donner la santé. (7)

L'on demande en second lieu, qu'est-ce que l'on doit juger d'une fille qui tesmoigne par ses paroles qu'elle se repent d'estre entrée en Religion ? Certes, si elle persevere en ces dégousts de sa vocation et à se repentir, et que l'on voye que cela la rende lasche et negligente à se former selon l'esprit de sa vocation, il la faut mettre dehors. Neantmoins, il faut considerer que cela peut arriver ou par une simple tentation ou pour exercice : et (5) cela se peut cognoistre par le profit qu'elle fera de telle pensée, dégoust ou repentir, quand avec

(q') de — ceste tendreté, c'est un si grand mal, que l'on ne sgauroit avoir trop de zele pour s'en delivrer. La

(r') démesurément atteintes. — La tendreté de l'esprit est encor plus dangereuse que celle du corps, d'autant que l'esprit estant plus noble que le corps, ceste maladie l'ayant atteint en est plus difficile à guerir. $i tant est que celle qui a ce mal ne veuille pas souffrir qu'on luy applique les emplastres sur sa playe, je ne luy donnerois pas ma voix. Et pourquoy ? parce que, ne voulant pas se servir des remedes qui luy sont propres, elle ne peut point estre affranchie de son mal, ni recouvrer sa santé.

(s') mettre dehors. — Vous me dites comme l'on cognoistra si cela vient par exercice ou tentation. Ceste demande est bonne, mais elle est bien difficile; neantmoins,

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vrir et. comme Pay dit. STE. a farre e Que L'on nous dit: €t cecy est la margue que lexercice est de Dies. Mais quazi Don voi que ceste file use e son propre jugement. et que sa volozte est sedute

gastee. perseverazi è son dégoust. alors la chose est en mauvais estat et quasi sans remede : il ia fax: renvoyer.

'*. L'on demande en troisesme lieu, s'il ne faut pas

a dis. 2:125 va 725527 Ta.z ortiza: ire. Mais d:tes- av. ne faite pas soa

profit de ce qu oz iay dit. oz si elle ne sSalezie pas de cs guica La corrige: fait-eiie pizs Cestat Le s03 propre jzgement et de soa esprt que de la direction 424 Ion 127 dozze- ez cela se reni-elle iDIlOTTun Te: Si cela est ‘e nelzy dorzero.s pas ma voix: mais si elle se vent amezier et qc elle vezilie qa 05 la guerisse, en ce cas je 2 ze farcis nulle dificzité de la [zv docner. Mais 03 dites, ma chere fille, que l'estime qa elie a de ce quelle fuit est si grande. qul semtie quelle ne fasse point d'estat de tozt ce gue l'on lzy dit Or. si «ile vent estre salate d'une sainteté marticalisre, cest une autre chose: mais certes, ces saintetés-.a sont tousiozrs à craicère. Que si lon vect estre saint d'une vrave sainteté, il fast qu'elle soit commune. comme celle de Nostre Seigneur et de Nostre Dame. De plus. la sainteté n'est jamais cognesié par ceux qui la possedent, et ceiay qui est plus saint, tant moins pense-til l'estre.

Qne dites-vous, ma chere fille - comme vous pourrez faire poar cognoistre tels esprits pour leur donner en bonne conscience vostre voix, puisque vous De pouvez avoir cognoissance de ces esprits-la, si ce n'est par le moyen des Supsrisurs: Il les faut bien observer, et puis l'on en est bien informé par ce qui «'«n dit au chapitre: car, pourquoy est-ce que les chapitres se tiennent, sinon a fin qu'entendant les opinions de toutes les Sceurs, lon se resolve mieux s5y-mesme en ce que l'on doit faire : Elle est forte, dites-vous, en son propre jugement : elle le sera donc bien tost en sa propre volonté. Mais ne veut-elle point se corriger de cela: Si elle juge des actions des autres il la faut enseigner à ne le plus faire et à se juger soy-mesme et non les autres. Que si elle sçait si bien remarquer ce qui est propre aux autres et non à soy-mesme, h^, que voulez-vous faire à cela ? ce sont des miseres de l'esprit humain. Il la faut bien instruire à s'en corriger, et luy enseigner qu'en lisant les Regles et Constitutions, elle remarque ce qui la concerne seulement, car il

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