‹ Œuvres de Saint François de Sales (volume 2)Chapitre 205 sur 267 · XVII. Des Voix · texte numérisé non relu

XVII. Des Voix

tesmoigner parmi les Sceurs ses inclinations ou aversions en ceste occasion.

En fin, pour toutes les imperfections que les filles apportent du monde il faut garder ceste regle : quand

temps-là, ni prescrire aucun temps pour les renvoyer; je voudrois bien avoir un peu de patience pour voir si ce dégoust se passeroit. Il est vray qu'il y en a que l'on a peine de recognoistre leur esprit, et vous avez raison, ma fille, de dire sil'on ne pourroit pas retarder leur Profession. Ouy, cela se pourroit faire à fin de les mieux recognoistre.

Vous demandez s'il faut faire quelque consideration quand on s'appergoit qu'il y a des filles qui font leurs actions pour les yeux de la Superieure ou de la Maistresse. Il est quelquefois bon de faire quelque chose pour ses Superieurs, car puis apres on vient à le faire purement pour Dieu. À ce propos, je vous diray qu'il y avoit dernierement une bonne femme laquelle me vint trouver avec resolution de ne point pardonner à une personne qui l'avoit offencée; et comme je la persuadois à le faire, apres beaucoup de resistance, elle me dit qu'elle le feroit pour l'amour de moy et non pour l'amour de Dieu : j'eus bien de la peine par apres à l'en faire desdire. Or, celles que vous dites qui font pour les yeux des Superieurs, et plus pour un que pour un autre, en sont ainsi : elles font bien voir par là qu'elles font ce qu'elles font pour la creature et non pour le Createur, car si elles le faisoyent pour Dieu, tous Superieurs leur seroyent esgaux. Mais que voulez-vous? cela se peut bien purifier.

Vous demandez encor si une fille estoit sourde ou qu'elle eust telle autre infirmite, si elle pourroit estre receué. C'est ce que j'ay desja dit, que je ne voudrois faire nulle consideration aux infirmités du corps, si elles n'estoyent bien pressantes; toutesfois, la surdité rend quasi une personne incorrigible, car l'on a peine de la faire amender, d'autant qu'on ne luy peut faire entendre sa faute, ni ce qu'il faut qu'elle fasse pour s'amender ; mais pour les autres je n'y voudrois guere regarder. O ma chere fille, n'est-ce pas ce que j'ay desja dit : Si tout le monde se faisoit Religieux, qui le maintiendroit? Ainsi en dites-vous: Si l'on ne recevoit que des infirmes, qui les serviroit? Il ne nous faut pas estre si prudens, car Dieu sgaura bien appeller les fortes au soulagement des foibles.

Hé bien, ma chere fille, si une Sœur estoit sujette à parler par complaisance ou flatterie, il luy faudroit pardonner et luy apprendre à ne le plus faire, s'il se peut; mais voyez-vous, il faut du temps pour mortifier les passions et inclinations. Et en tous ces manquemens, il faut faire comme nous faisons en confession. Voila un homme qui se vient confesser à moy ; il s'accuse d'avoir blasphemé deux cens fois le nom de Dieu : je luy dis plusieurs choses pour son amendement, je le vois plein de bonne volonté de s'amender, je luy donne sur cela l'absolution. Il revient une autre fois et me dit : Je m'accuse d'avoir blasphemé cent fois le nom de Dieu. O certes, je luy donne l'absolution, car je vois clairement l'amendement de cest homme, et partant je juge qu'il ne veut pas demeurer incorrigible. Ainsi en faut-il faire des filles quand [Reprendre au texte, lig. 4.]

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l'on void qu'elles s'amendent, combien qu'elles ne lai «ent pas de commettre des fautes. il ne faut pas les rejetter, car par l'amendement elles font voir qu'elles ne veulent pas demeurer incorrigibles. *

"V! Vous dites si zze fille gui n'azro:t pas gzere de bozzes cozitoss et 47! outre cela sero: qnas; tozsiours es l:;zfrmerie. s':1 ne faziroit pas fare consideration pour lzy dezzer sa voix. car estant tozs£ozrs malade loz se la peut pas esprouver ri recognoistre s02 esprit. Or, je responis a cela gu: x clle n'a pas les conditions propres pocr estre de vostre vocation, il zy a pom di doute quil y faut regarder; mais pour ce qui est de ses infirmités corporelles je ne voudrois pas que l'on y fist trop de consideratioz. si elles n estoyent telles qu'elles l'empeschassent d'observer la Regle. Et pour ce qui est de recognoistre son esprit, certes, lon recognoist mieux le natzrel et l'esprit d'une personne en la malaë:e qu'en nulle autre chose. et la maladie est une continuelle espreuve.

N avez-vous plus rien à dire: Qzeile heure est-il* Avez-vous dit Complies: et quand les voulez-vous dire - Or allez donc, car jay peur de faire une irregularité. Or sus, mes cheres filles, je supplie Nostre Seigneur qu'il vous benisse. Dieu vous donne laccomplissement de tous vos desirs et sa sainte paix. Amen.

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