‹ Œuvres de Saint François de Sales (volume 2)Chapitre 225 sur 267 · XVI, I · texte numérisé non relu

XVI, I

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372 LES vRAYS ENTRETIENS SPIRITUELS

sont heureuses ! elles sont hors du bruit de pere, de mere, qui ne font autre chose que crier; on ne scauroit rien faire qui les contente, c'est tousjours à recommencer. Nostre Seigneur promet à ceux qui quittent le monde pour son service plusieurs consolations ; allons donc en Religion.

Voicy, mes cheres filles, trois sortes de pretentions qui ne valent rien pour entrer en la maison de Dieu. Il faut, par necessité, que ce soit Dieu qui bastisse Za (e) cité, ou autrement, bien qu'elle fust bastie, il la faudroit ruiner *. Je veux croire, mes cheres filles, que vos pretentions sont toutes autres, et partant que vous avez toutes bon cœur et que Dieu benira ceste petite troupe commençante. Il me vient en l’esprit deux similitudes pour vous donner à entendre sur quoy et comment vostre pretention doit estre fondée pour estre solide ; mais je me contenteray d’en expliquer une qui suffira. Posez le cas qu'un architecte veuille bastir une maison; il fait deux choses : premierement, il considere si son bastiment doit servir pour quelque particulier, pour un prince, ou bien pour un roy, à cause qu'il faut qu'il y procede de differente maniere ; puis il calcule à loisir si ses moyens sont bastans pour cela, car qui se voudroit mesler de bastir une haute four, et qu'il n'eust pas de quoy fournir son bastiment (f) on se mocqueroit de luy, d'avoir commencé une chose de laquelle il ne pourroit sortir à son honneur * ; puis il faut qu'il se resolve de ruiner le vieil bastiment qui est en la place oü il en veut edifier un nouveau.

Nous voulons faire un grand bastiment, mes cheres filles, qui est d'edifier chez nous la demeure de Dieu (8). Partant, considerons bien meurement si nous avons suffisamment du courage et de la resolution pour nous

(e) pour entrer en — Religion, qui est la maison de Dieu. Il faut necessairement que ce soit Dieu qui bastisse la ville ou (Ms.)

(f) fournir — à la despense (Ms.) — pour un tel bastiment (Coll.)

(g) qui est — de loger Dieu chez nous et nous rendre son temple vivant. (Ms. et Coll.)

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