‹ Œuvres de Saint François de Sales (volume 2)Chapitre 249 sur 267 · EXTRAIT DE L'HISTOIRE INÉDITE DE LA FONDATION DU MONASTÈRE DE GRENOBLE · texte numérisé non relu

EXTRAIT DE L'HISTOIRE INÉDITE DE LA FONDATION DU MONASTÈRE DE GRENOBLE

(Octobre 1619)

En leur faisant ses adieux, il leur dit qu'elles monteroyent et s'envoleroyent comme des passereaux, et prendroyent leur essor sur les celestes monts en la terre des vivans; ou bien comme des chastes colombes en leur colombier, esloignées de toutes sortes de bruits et du tumulte du monde, et par consequent plus capables de la vraye tranquillité d'esprit, pour respandre leur ramage en la presence de leur celeste Espoux. « Je rends graces à mon Dieu, » adjousta-t'il, « de ce qu'il veut estre servi en ce lieu, et je m'en vay content de laisser une Communauté que j'espere estre agreable à ses yeux et qu'il benira. » Et il dit à la Superieure qu'il avoit beaucoup plus senti de devotion en son Monastere que despuis son despart de Paris. Elle le pria de s'employer pour une affaire d'un amy du couvent; il luy promit qu'il le feroit volontiers. « Mais sçachez, ma fille, » adjousta-t'il, « que ce ne sera pas sans me faire violence, car je vois le monde d'un certain ceil que Dieu me fait la grace de devenir tousjours plus simple et moins mondain parmi les artifices de la Cour. »

Page 1