‹ Œuvres de Saint François de Sales (volume 2)Chapitre 34 sur 267 · I. OBLIGATION DES CONSTITUTIONS · texte numérisé non relu

I. OBLIGATION DES CONSTITUTIONS

en beuvant trop voudroit bien ‘ne s’enivrer pas, quoy que neantmoins en beuvant il s’enivre : mais celuy qui mange par mespris -de la Regle et par desobeissance, veut la desobeissance mesme, en sorte qu'il ne feroit pas l’œuvre ni ne la voudroit pas s'il n’estoit esmeu à ce faire par la volonté qu'il a de desobeir. L'un donc desobeit voulant une chose à laquelle la desobeissance est attachée, et l'autre desobeit voulant la mesme chose parce que la desobeissance y est attachée. L'un rencontre la desobeissance en la chose qu'il veut, et voudroit bien ne la rencontrer pas ; et l'autre l'y recherche, et ne veut la chose qu'avec intention de l'y trouver. L'un dit :.je desobeis parce que je veux manger cet abricot (€) que je ne puis manger sans desobeir ; et l'autre dit : je le (4) mange parce que je veux desobeir, ce que je feray en (e) mangeant. La desobeissance et mespris suit l'un, et elle conduit l'autre.

Or, ceste desobeissance formelle et ce mespris des choses bonnes et saintes n'est jamais sans quelque peché, pour le moins veniel, non pas mesme és choses qui ne sont que conseillées : car bien qu'on puisse ne point suivre les conseils des choses saintes, par l'élection d'autres choses, sans aucunement offenser, si est-ce qu'on ne peut pourtant les laisser par mespris et contemnement, sans offense; d'autant que tout bien ne nous oblige pas à le suivre, mais ouy bien à l'honorer et estimer, et par consequent, à plus forte raison, à ne le point mespriser et vilipender.

Davantage, il s'ensuit que celuy qui viole la Regle et Constitutions par mespris, il l'estime vile et inutile, qui est une tres grande presomption et outrecuidance : ou bien, s'il l'estime utile et ne veut pas pourtant se sousmettre à icelle, alors il rompt son dessein avec grand interest du prochain, auquel il donne scandale et

(c) ces abricotz (d) les (e) en — les

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