‹ Œuvres de Saint François de Sales (volume 2)Chapitre 52 sur 267 · III. De LA FERMETE · texte numérisé non relu

III. De LA FERMETE

demeurez en Israël où est l'ennemy de vostre propre volonté, sans doute il vous y fera mourir. Il ne seroit pas bien de prendre des charges et offices par sa propre election, de crainte que nous n'y fissions pas nostre devoir : mais quand c’est par obeissance, n’apportons jamais nulle excuse; car Dieu est pour nous, et nous fera profiter davantage en la perfection que si nous n’avions rien à faire. Et ne scavez-vous pas ce que je vous ay desja dit autrefois * et qu'il n'est pas mauvais de redire, que la vertu ne requiert pas que nous soyons privés de l'occasion de trebucher en l'imperfection qui luy est contraire? « Il ne suffit pas, » dit Cassian *, « pour estre patient et bien doux en soy-mesme, d'estre privé de la conversation des hommes ; car il m'est arrivé, estant en ma cellule tout seul, de me passionner quand mon fusil ne prenoit pas feu, » tellement que je le jettois par colere.

Certes, il faut finir, et par ce moyen vous laisser en Egypte avec Nostre Seigneur, lequel, comme je croy, comme aussi d'autres tiennent, commencoit dés lors à faire des petites croix, quand il avoit du temps de reste apres avoir aydé en quelque petite chose à saint Joseph, tesmoignant dés lors le desir qu'il avoit de l’oeuvre de nostre redemption (x).

(x') Zequel, — je croy, comme les uns tiennent, quand il avoit quelque peu de temps de reste apres avoir aydé en quelque petite chose à son beau-pere saint Joseph, faisoit des petites croix, commengant dés lors à tesmoigner le desir qu'il avoit de l'heure derniere de la redemption.

*Cf. Entretien X V

* Instit., lib. VI] C. XVII.

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