‹ Œuvres de Saint François de Sales (volume 2)Chapitre 6 sur 267 · PREFACE XIII · texte numérisé non relu

PREFACE XIII

« au rapport de ma Sceur Jeanne Charlotte. » Puis, se ressouvenant des surcharges du saint Evéque, de la prière qu'elle lui a faite de réserver tous ses loisirs à la composition du Traïtté de l'Amour de Dieu, la Sainte se ravise et écrit le 28 avril à la Mère de Bréchard : « Ne pressez plus mon très cher tout bon Père de faire l'Entretien, puisqu'il est tant accablé, et que ce livre le presse si fort (1). » Et un peu plus tard, aprés avoir parlé de plusieurs détails de constructions, elle ajoute : « Mais pour ces petites choses, il n’est pas besoin de donner la peine à mon très cher Seigneur de venir; au contraire, il le faut attirer le moins qu'il se pourra, et lui laisser son temps pour son livre (2). » C’est ainsi que la fin de cette année 1615 et une partie de la suivante ne furent pas pour la petite Communauté un temps d'abondance spirituelle ; car l'achèvement du 7raîtté de l'Amour de Dieu et des absences prolongées, ne permirent pas au saint Evéque de s'occuper beaucoup de ses filles.

Dans une remarquable lettre, en date du 1° aoùt 1617, sainte Jeanne-Françoise de Chantal écrit de lui ces paroles : « Cette sainte àme va toujours se sanctifiant et avancant du cóté de la désirable éternité, et ne s'arrétera qu'il ne soit au rang de ces grands et anciens Péres et Prélats de l'Eglise... Nous avons peu souvent la consolation de le voir depuis un an (3). » Cette consolation parait étre redevenue plus fréquente pendant les mois qui suivirent. On continue les recueils, on en fait des copies pour les communiquer aux nouveaux Monastéres. Ces copies sont envoyées à Moulins, à Lyon, à Grenoble. « Nous vous envoyons tous les Entretiens que Monseigneur nous a faits depuis notre retour de Lyon, » écrit sainte Jeanne-Francoise de Chantal à la Mére de Bréchard, « celui sur la Régle est admirable (4). » Et à

la Mére de Chátel : « Vous aurez tous les Entretiens (1) Lettre xxvi.

(2) Lettre xxx.

(3) Lettre cx.

(4) Il s'agit de l'Entretien XIII.

que Monseigneur nous a faits et qu’il nous fera encore; car, ma très chere fille, tant qu’il me sera possible je lui veux faire employer le temps qu'il vient céans à cela, avant notre départ, afin que toutes les Maisons participent à ce trésor (1). » Les désirs de la Sainte furent réalisés, car, d'aprés les conjectures les plus probables, cette année 1618 est précisément l'une de celles qui enrichirent le plus la collection des Entretiens. Ceux De la Cordialité, De la vertu d'Obeissance, De l'Esprit des Regles et De [a Volonté de Dieu datent de cette époque.

De Bourges, de Paris, où elle était allée fonder des Monastéres, sainte Jeanne-Francoise fait circuler les précieux Manuscrits dans l'Institut naissant. Bien plus, elle ne cesse de conjurer le saint Fondateur d'entretenir la Communauté d'Annecy, ce qu'il lui accordait facilement. « Nos Sceurs d'ici font fort bien, » écrivait-il le 13 décembre 1619, « et n'y a rien a redire, sinon qu'elles « veulent trop bien faire, a fin que nostre Mere reve- « nant, treuve que tout va bien; cela les presse un « peu. Hier nous fismes un entretien ou je m'essayay « de les mettre un peu au large. » Cet entretien dut étre suivi de plusieurs autres ; car, le 12 février 1620, la Sainte écrit (2) : « Monseigneur... exhorte fort nos Sœurs ; c'est pour l'utilité de toutes les Maisons, je l'ai fort prié de le faire. »

Pendant que la sainte Fondatrice presse son bienheureux Père de rompre abondamment le pain de la divine parole, elle recommande à toutes ses Communautés de se nourrir des miettes qui leur en sont transmises. « Faites fort lire l’Entretien des Règles et tout ce que l'on a de Monseigneur, » écrit-elle à la Mére de Chátel (5), « je ne trouve rien de tel pour nourrir l'esprit de la Maison. » A la Mére de Monthoux (4! : « Attachezvous invariablement à la Régle, aux conseils qui sont

(1) Lettre crvur.

(2) Lettre ccxxix.

(3) Lettre ccrxir.

(4) Lettre cccxxxv.

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