‹ Œuvres de Saint François de Sales (volume 2)Chapitre 8 sur 267 · PREFACE XVII · texte numérisé non relu

PREFACE XVII

envoyer l’Entretien dans nos Maisons après que vous laurez raccommodé. » A la Mère de la Roche, elle écrit (1) : « Voyez les Entretiens; que s'il y en avait quelqu'un qui fût si mal recueilli que vous ne puissiez le raccommoder, attendez ceux de Nessy. » C'était une raison d’être réservé dans la communication des Manuscrits; aussi la Sainte ajoute : « On peut montrer les Sermons, mais non les Entretiens, sinon à personnes trés connues et confidentes (2). » Bien des lettres durent étre échangées entre sainte Jeanne-Francoise de Chantal et la Mére de la Roche sur le méme sujet. Malheureusement, les piéces de cette correspondance qui nous eussent fourni tant d'utiles renseignements, ne sont pas parvenues jusqu'à nous.

Pour la premiére fois en septembre 1624, perce dans une lettre de la Sainte, l'idée de faire imprimer ces recueils ; l'année suivante, elle les soumet à l'examen d'un Père Jésuite et écrit à la Mère de Blonay (3): « Le Père qui a vu les Entretiens estime que ce sera un livre trés utile et digne de l'auteur. » Et plus tard (4) : « Je salue trés humblement le Révérend Pére Provincial... Si vous recevez les Entretiens, faites en sorte qu'il les voie et en dise sa pensée. » Deux années s'écoulent sans qu'il soit aucunement donné suite à ce projet. La Sainte est absorbée par de longs voyages, des fondations multipliées, et surtout par les sollicitudes que lui occasionnent les premiéres poursuites entreprises pour la béatification de son saint Directeur. Sur ces entrefaites, elle apprend qu'un inconnu a soustrait les Manuscrits, précieusement gardés dans le secret du cloitre comme un trésor de famille, et qu'il se propose de les livrer à la publicité ; d'abord, on crut à une fausse alerte, mais

(1) Lettre pxcm.

(2) Au nombre de ces « personnes trés connues, » il faut compter les premiers historieus de notre Saint: Longue-terre, le P. de la Riviére, dom Jean de Saint-Frangois, qui mentionnent ou citent les Mss., et méme le P. Dagonel, S. J., qui en donne des fragments dans son livre intitulé: Advis chrestiens, importans et communs à tous. A Paris, chez Sebastien Cramoisy, M.Dc.xxix.

(3) Lettre Dcxxx1r.

(4) Lettre pcccxxrr.

XVIII Les VRAYS ENTRETIENS SPIRITUELS

bientôt il fut évident que ces alarmes n'étaient que trop fondées, et que les Entretiens étaient sous presse. La charité et la discrétion ont étendu sur cette affaire un voile épais que le temps n’a pas déchiré; c’est à peine si la correspondance de sainte Jeanne-Françoise de Chantal le soulève assez pour autoriser des conjectures. Nous nous bornerons à citer les paroles de la Sainte (1). Le 14 avril 1628, elle affirme à la Mére de Blonay que « les Entretiens sont imprimés avec permission du parlement de Grenoble... Je vous ai écrit, » ajoute-t-elle, « le nom du Cordelier duquel le frére libraire les a imprimés. » Le 25 avril elle mande, de Paris (3), à Mgr Jean- François de Sales, frère et successeur du Saint sur le siége épiscopal de Genéve : « Nous sommes ici à faire une fort diligente enquéte des Entretiens que l'on dit étre imprimés ; car de Lyon l'on nous écrit qu'on a envoyé six cents exemplaires en cette ville et six cents à Toulouse, où l'on a aussi écrit pour les faire arréter partout s'il se peut... Cependant, nous ne perdrons pas de temps, car nous présenterons requéte pour les faire arréter. » Cette fois-ci la Sainte n'avait pas été bien informée ; car assurément le livre en question n'avait pu étre expédié à Paris le 25 avril, puisqu'il ne fut « achevé d'imprimer » que le 7 mai. L'impression était faite par Alexandre de la Clostre, imprimeur de l'Université de Valence, qui fit paraitre l'ouvrage sous ce titre :

Les Entretiens et Colloques spirituels du Bien-Heureux Francois de Sales Evesque et Prince de Geneve, Fondateur des dames de la Visitation. A Tournon. Pour Pierre Drobet, Marchand Libraire à Lyon (3).

On voit dans les diverses piéces insérées à notre Appendice IV que l'éditeur avait obtenu l'approbation de la Faculté de théologie de Valence, et un Privilége royal qui lui assurait pour six ans la propriété de

(1) Lettre pcccxti.

(2) Lettre ncccxtvir.

(3) Les éditeurs des Œuvres de Fénelon (Réponse à la Déclaration, 8 17)

ont commis la méprise d'attribuer les Co//ogues à l'imprimeur lyonnais Pierre Bailly, qui n'a nullement participé à cette publication. On lui doit au contraire une édition des Vrays Entretiens spirituels.

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