‹ Œuvres de Saint François de Sales (volume 2)Chapitre 97 sur 267 · QUE RIEN NE L'EN PUISSE DESTOURNER · texte numérisé non relu

QUE RIEN NE L'EN PUISSE DESTOURNER

Vous demandez que c'est que la vraye modestie. Je vous diray qu'il y a quatre vertus qui portent toutes le nom de modestie. La premiere, et celle qui le porte par eminence au dessus des autres, c'est la bien-seance de nostre maintien exterieur : et à cette vertu sont opposés deux vices, à scavoir, la dissolution en nos gestes et contenances, c'est à dire la legereté ; l'autre vice qui ne luy est pas moins contraire, est une contenance affectée. La seconde qui porte le nom de modestie, est l'interieure bien-seance de nostre entendement et de nostre volonté : celle-cy a de mesme deux vices opposés, qui sont la curiosité en (P) l'entendement, la multitude des desirs de scavoir et d'entendre toutes choses et l'instabilité en nos entreprises, passant d'un exercice à un autre sans nous arrester à rien; l'autre vice, c'est une certaine stupidité et nonchalance d'esprit, qui ne veut pas mesme scavoir ni apprendre les choses necessaires pour nostre

(a) SUR LR SUJET DE LA MODESTIE. (Ms.) — DE LA vRAYE MODESTIE. (Coll.) (b) de (Ms. et Coll.)

(1) Dans les éditions antérieures on lisait es/z/, ce qui est certainement une faute. Voir plus loin, p. 148.

Cf. le Directoire pirituel our les ceurs de la Visit., rt. x. (Coutumier, rt. xx.)

perfection, imperfection qui n’est pas moins dangereuse que l’autre. La troisiesme sorte de modestie consiste en nostre conversation et en nos paroles, c’est à dire en nostre façon de parler et de converser avec le prochain, evitant les deux imperfections qui luy sont opposées, à sçavoir, la rusticité et la babillerie : la rusticité qui nous empesche de contribuer quelque chose pour l’entretien de l’honneste conversation ; la babillerie qui nous fait tellement parler que nous ostons le temps aux autres de parler à leur tour. La quatriesme est l’honnesteté et bien-seance és habits, et les deux vices contraires sont la saleté et la superfluité.

Voila les quatre sortes de modestie. La premiere est extremement (©) recommandable pour plusieurs raisons, et premierement, parce qu'elle nous assujettit fort; il n’y a point de vertu en laquelle il faille une si particuliere attention ; et en ce qu'elle nous assujettit, consiste son grand prix, car tout ce qui nous assujettit pour Dieu est d’un grand merite et merveilleusement (4) agreable à Dieu. La seconde raison est qu'elle ne nous assujettit pas seulement pour un temps, mais tousjours et en tout lieu, aussi bien estans seuls qu’en compagnie, et en tout temps, ouy mesme en dormant. Un grand Saint lescrivit à un sien disciple, disant qu'il se couchast modestement en la presence de Dieu, ainsi comme feroit celuy à qui Nostre Seigneur, estant encor en vie, (e) commanderoit de dormir et se coucher en sa presence; et bien, dit-il, que tu ne le voyes pas et n'entendes pas le commandement qu'il t'en fait, ne laisse pas de le faire tout de mesme que si tu le voyois, parce qu'en effet il t'est present et te garde (f) pendant que tu dors *.

(c) Or voila: dites moy donc maintenant de laquelle vous voulez que je vous parle. (Ms. et Coll.) La premiere est grandement (Coll.)

(d) est d'un — merite infini; bien que je ne me plaise pas trop d'user de ce mot de merite, entre vous autres, mais je veux dire, est infiniment (Ms. et Coll.)

(e) encor en — ceste vie, tout ainsi qu'il y estoit avant sa mort et passion, luy (Ms. et Coll.)

(f) regarde (Ms.)

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