‹ Œuvres de Saint François de Sales (volume 3)Chapitre 150 sur 322 · LIV. POUR LE MERCREDI DES CENDRES · texte numérisé non relu

LIV. POUR LE MERCREDI DES CENDRES

les ordonnances et commandemens de Dieu, qui font des interpretations ou qui veulent faire des prudens sur les choses commandées se mettent en peril de mort; car tout leur travail accompli selon la propre volonté ou la discretion humaine n'est digne que du feu.

C'est ce que j'avois à vous dire touchant le jeusne et ce qu'il faut observer pour bien jeusner. La premiere chose est que vostre jeusne soit entier et general, c'est à scavoir que vous fassiez jeusner tous les membres du corps et les puissances de l'ame : portant la veué basse, ou du moins plus basse qu'à l'ordinaire ; gardant plus de silence, ou du moins le gardant plus ponctuellement que de coustume ; mortifiant l'ouye et la langue pour n'entendre ni dire rien de vain et inutile ; l'entendement, pour ne considerer que des sujets saints et pieux ; la memoire, en la remplissant du souvenir de choses aspres et douloureuses et quittant les joyeuses et gracieuses ; en fin tenant en bride vostre volonté, et vostre esprit aux pieds du Crucifix et en quelque sainte et dolente pensée. Si vous faites cela vostre jeusne sera entier, interieur et exterieur, car vous mortifierez le corps et l'esprit. La seconde condition est que vous n'accomplissiez pas vostre jeusne ni vos ceuvres pour les yeux des hommes, et la troisiesme, que vous fassiez toutes vos actions, et par consequent vostre jeusne, pour plaire à Dieu seul, auquel soit honneur et gloire par tous les siecles des siecles. Au nom du Pere, du Fils et du Saint Esprit. Amen.

*Matt..rv,1;Marc., 1,13; Luce, iv, 1.

* Eccli., m, 27.

* Cf. tom.VIII huj.

Edit., p. 248.

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