‹ Œuvres de Saint François de SalesChapitre 11 sur 64 · A UN INCONNU · texte numérisé non relu

A UN INCONNU

(MINUTE nWÉDITE)

Témoignages de respect et d'affection.

Padoue, [octobre ou novembre 1590 (1).]

Monsieur,

Je me fais accroyre que monsieur des Granges (2), present porteur, m'ayme beaucoup, comme j'en ay eu de fort bons signes ; dont l'ayant prié fort instamment

(1) L'allusion que cette lettre fait à la vacance du Saint-Siège justifie la date que lui attribuent les éditeurs. Elle a dà étre écrite dans l'intervalle qui s'est écoulé entre la mort d'Urbain VII (27 septembre 1590) et l'élection de Grégoire XIV (5 décembre de la méme année). Il est vrai que le Siège apostolique fut vacant quatre fois pendant les années que saint François de Sales passa à Padoue; mais des raisons qu'il serait trop long de détailler militent en faveur de l'époque indiquée ci-dessus.

(3) Jacques des Granges, étudiant à l'Université de Padoue, appartenait, d'aprés Charles-Auguste de Sales, à une noble famille de la Val d'Aoste. Il

qu'estant de pardela il me recommandasse fort affectionnement a vostre bonne grace, je ne doute poinct que sil vous peut trouver et se souvient, il ne face cela pour moy. Toutefoys, pour autant que peut estre ne vous trouvera il pas comme il desire, et aussy quil est fort aysé a oublier si peu de chose comme je suys, (2) affin d'asseurer mon intention j ay escrit ces deux mots que je vous addresse, par lesquels je vous saluë tres humblement et affectionnement, et vous remercie de la memoyre que vous eustes de moy quand monsieur de la Chapelle (1) print congé de vous pour venir icy, lequel m'a encores dict que d'autrefoys vous luy avies parlé de moy ; (5) ce que cognoissant ne venir de mes merites, j'en honore d'autant vostre bonté, delaquelle je reconnoys toutes ces faveurs.

On a dict que le duc de Florence (?) s'en alloit mourir et quil se traittoit de fayre Pape le Cardinal de Sens (5), ce que n'estant asseuré je m'en rapporte a l'evenement. Je presuppose que deux de mes lettres vous auront estées

données . . . . . . . . . . . . . . . «4

Revu sur l'Autographe conservé à la Visitation de Turin.

(a) comme je suys, — [je luy ballie ceste lettre...) (b) de moy ; — l'faveur laquelle bien que je ne merite, si ne laysse je pas d'en estre tres ayse...]

fut l'un de ceux qui signérent en qualité de témoins les lettres-patentes concédant à saint Frangois de Sales le grade de docteur en droit. On lit en effet dans ces lettres : Dafum ef actum Padua... anno Domini MDXCI... die Jovis, V mensis Septembris... prasentibus Rdo Domino Joanne de Agio et Nobilibus Dominis Joanne Baptista Valentiano, Amedeo de Bavo, Joanne Gulielmo Martineto... Jacobo de Granges, et Joanne Jacobo Andrerio, omnibus Sabaudis.

(1) Jean-Baptiste de Valence, fils de Jean-Baptiste, seigneur de la Chapelle, dont le nom figure dans le document cité ci-dessus ; il fut toute sa vie l'ami de notre Saint. On le retrouve plus tard (1617) juge-mage à Ternier et Gaillard, conseiller du duc de Savoie, puis enfin sénateur (1** octobre 1632).

(2) Ferdinand Ie" de Médicis, qui régna de 1587 à 1609. C'étaient assurément de faux bruits qui circulaient au sujet de sa santé; car non seulement l'histoire ne mentionne aucune maladie du duc à cette époque, mais elle témoigne au contraire de l'activité qu'il déploya pendant les diverses vacances du Saint-Siége qui se succédérent alors à de si courts intervalles.

(3) Nicolas de Pellevé (1518-1594), d'abord Evéque d'Amiens, avait été transféré à l'archevéché de Sens en 1562, et promu au cardinalat le 15 juin 1570.

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