A UN GENTILHOMME
(MINUTE INEDITE)
Remerciements pour la bienveillance que lui témoigne ce gentilhomme
et pour la lettre qu'il en a reçue.
Padoue, [1591.] Monsieur,
Despuys lhonnorable memoyre que vous fistes de moy par lettre a monsieur de Marry, il y a quelque tems, qui me fut comme un'arre de vos graces, le grand desir que ja auparadvant j'avoys d'estre accepté pour vostre serviteur tres humble s'estoit extremement accreu. Et pourtant javoys a plusieurs foys prié monsieur de la Tornette (1| et monsieur de la Porte (3) de vous fayre present, de ma part, et de moy mesme et de mon service, pensant par ce moyen, sans que je vous importunasse par lettres (que je craignoys fort), vous pouvoir fayre sçavoyr combien je me connoissois honnoré de vostre mention et combien humblement je vous en remercioys. D'autre part j'estimoys que sous l'adveu de ceux qui m'eussent presenté a vous, j'eusse esté beaucoup mieux receu que je
(1) Louis de l'Alée ou de Lallée, seigneur, puis baron de la Tournette et Songy (ses terres furent érigées en baronnie par patentes du 5 février 1613), conseigneur de la Val des Clefs, chevalier grand-croix de l'Ordre des saints Maurice et Lazare, ambassadeur en Suisse. Son testament est daté du ro décembre 1623.
(3) Il existait en Faucigny une famille de la Porte, dite de Vallon; on ne saurait toutefois affirmer que le personnage dont il est ici question appartint à cette famille; peut-étre est-ce celui que nous retrouverons plus tard intendant de la duchesse de Mercœur, et auquel notre Saint adressa une lettre le 6 juin 1603.
8 LeTTRES DE SAINT FRANÇOIS DE SALES
n'eusse osé me promettre sans presomption. (2) Dont vous pourres asses connoistre, sans que je vous en die autre, avec combien de satisfaction j'ay receu vostre lettre, combien j'en fays d'estat et combien estroittement je m'en sens obligé, mays beaucoup plus de ce que par icelle vous me presentes. Dequoy je prendray et retiendray bien cherement tout ce dont je seray capable; car il ne messied pas a vostre grande humanité de beaucoup presenter, mays ce seroit grande insolence a moy de(>) n'en vouloir refuser.
Et maintenant, puys quil vous a pleu me monstrer de si bons signes, ains de me fayre fayre de si bonnes asseurances de vostre amitié en mon endroit, je vous supplieray tres humblement de me fayre ce bien que de continuer, et me mettre en conte comme vostre tres humble et serviteur. Et bien que je n'aye autre (©) merite, si est que la grande et bonne affection que j'ay est suffisante pour me fayre avoyr un lieu de mortepaÿe en vostre service, affin que j'aye le contentement, par la continuation de ceste vostre faveur . . . . . . .
Revu sur l'Autographe conservé à la Visitation d'Annecy.
(a) sans presomption. — (| Voyla, Monsieur, qui me garda de vous bayser les mains en escrit, que je vous ay baysees mille foys humblement en mon affection, Et de la, Monsieur, ny je ne vous diray plus avec quelle mesme satisfaction j'ay leue et releu vostre si courtoyse lettre...
(b) de — p penser a les accepter...]
(c) autre — [qualité qui me puysse pousser en ce lieu la...)