A UN AMI
(MINUTE INÉDITER)
Assurances d'amitié.— Désir d'étre connu d'un personnage de grand mérite.— Nouvelles d'un condisciple. — Message de son précepteur. — Un mot sur son frére Gallois.
Padoue, 25 mars 1591.
Quas ad me 3 calend. Decembris 1590 et 10 calend. Februarii 1591 (3) perscripsisti simul accepi his diebus, ut copia litterarum tuarum momentanea penuriam earumdem diuturnam compensaret. Cujusnam autem culpa factum sit ut priores illas tam tarde acceperim cogitare nolui, ne ab ea cogitatione in amicorum quempiam quippiam iracundiae mee derivaretur. Ingenti te metu perculsum ais ne aliquam in te concepissem indignationem, quod postremis meis litteris stomachari viderer, quasi tu vel in amando me pertinax non esses aut diligens in scribendo ; quo magis miror in te eum metum í(b)extitisse, qui sane « in constantem virum cadere
J'ai regu à la fois, ces jours-ci, les lettres que vous m'avez écrites le 29 novembre 1590 et le 25 janvier 1591. Cette abondance momentanée compensait ainsi la pénurie dans laquelle vous m'aviez laissé. A qui la faute si j'ai reçu si tard la première lettre? Je n'ai pas voulu le rechercher, de peur que cette recherche ne fit retomber un peu de mon mécontentement sur quelqu'un de mes amis. Vous avez grandement craint, dites-vous, que je n'eusse concu à votre égard quelque indignation, car dans mes dernieres lettres je semblais fàché de ce que vous n'étes pas ardent à m'aimer ou diligent à m'écrire. Je m'étonne d'autant plus qu'une telle crainte ait pu exister en vous, qu'elle ne peut assurément « s'emparer d'un homme fort et constant. »
(a) Februarii 1591 — [scripsisti Chamberii... (b) timorem
* Innocent. III, in Decretal., lib.1, tit.