‹ Œuvres de Saint François de SalesChapitre 41 sur 64 · A SA SAINTETÉ CLÉMENT VIII · texte numérisé non relu

A SA SAINTETÉ CLÉMENT VIII

Entrevue avec Théodore de Bèze; endurcissement de ce vieillard. — Tyrannie exercée par les Genevois sur les Catholiques. — Espoir d'obtenir la liberté de conscience à Genéve moyennant la médiation du roi de France.

Annecy, 21 avril 1597.

Beatissime Pater,

Cum anno præterito de Bezæ (*), primarii inter Calvinianos haeretici, ad Ecclesiam Catholicam reditu ac conversione, tum Pater Spiritus Balmensis, ex Ordine Cappuccinorum concionator, tum ego ipse quoque, non

Tres Saint Pere,

L'année derniére le P. Esprit de Beaume, prédicateur de l'Ordre des Capucins, et moi-méme, persuadés par les sérieuses affirmations d'un grand nombre, avions commencé à bien espérer de la conversion de Beze (2) et de son retour à l'Eglise Catholique. Pour contribuer

(1) Clément VIII ( Hippolyte Aldobrandino), né en 1535, à Fano, d'une illustre famille vénitienne, avait étudié d'abord la jurisprudence. Il devint auditeur consistorial à Rome, dataire sous Sixte V (1583); bientôt après cardinal et légat en Pologne, et enfin il fut élu Pape par acclamation (30 janvier 1592). Clément VIII déploya toujours un grand zèle pour l'extirpation de l'hérésie, et encouragea par plusieurs Brefs les travaux de l'Apótre du Chablais. En 1599 ile nomma coadjuteur de l'Evêque de Genève avec future succession, et voulut à cette occasion le soumettre à un examen public, moins pour s'assurer de son savoir que pour le faire briller devant le Sacré Collège. C'est à la suite de cet examen que Clément VIII, embrassant le jeune Saint, lui appliqua ces paroles du Livre des Proverbes : Bibe aquam de cisterna tua et fluenta putei tui; deriventur fontes lui foras, et in plateis aquas tuas divide. Ce Pontife mourut le 3 mars 1605.

(2) Théodore de Béze, qui devait étre une des colonnes du protestantisme, était né à Vézelay, en Bourgogne (1519). Les écarts d'une jeunesse orageuse l'ayant conduit à l'apostasie, il se rendit à Genève où il devint l'auxiliaire

levibus multorum permoti sermonibus, bene sperare cospissemus, ne in re tam optata aut industria nostra aut adminicula caetera desiderarentur, ita inter nos convenit, uti nimirum ille quidem, qui ad Capitulum, quod vocant, generale sui Ordinis, Rome indictum, properabat, de re tota cum Beatitudinis Vestre clementia coram dissereret, peteretque ne redeunti hæresiarchæ (si videlicet rumorem sequatur eventus) Apostolica desit providentia. Mihi vero ea contigit cura ut, quam diligentissime et cautissime fieri queat, intimos Beze sensus, aliqua ut fit accepta occasione, ipsiusmet ore detegerem et explicarem.

Id autem ut facerem, varia prætexens negotia, sæpius Genevam ingressus, nullus unquam mihi ad hominis quem quarebam privata ac secreta colloquia patuit aditus, preterquam hoc ultimo tertio Paschali die, cum et solum et satis primo quidem accessu facilem inveni ; sed tandem aliquando in recessu, postquam extorquendæ

à un événement si désirable, nous ne pouvions épargner notre industrie ni négliger aucun autre moyen. Comme ce Religieux devait se rendre à ce qu'ils appellent le Chapitre général de leur Ordre, lequel se tenait à Rome, nous avions convenu que, pour lui, il traiterait de toute cette affaire en présence de Votre clémente Béatitude, et qu'il vous prierait de ne pas refuser (si toutefois ce bruit de conversion se réalisait) votre bienveillance apostolique à cet hérésiarque rentrant au bercail. Quant à moi, ma mission devait étre de profiter, aussi prudemment et aussi soigneusement que possible, de la premiere occasion pour apprendre de la bouche méme de Bèze ses sentiments intimes et m'expliquer avec lui.

A cette fin, prétextant diverses affaires, je suis entré fort souvent à Genève; mais je n'ai pu trouver ouverture à un entretien particulier et secret avec l'homme que je cherchais, jusqu'à la troisieme fête de Pâques. J'ai rencontré Beze seul et d'un accès d'abord assez facile. Quand enfin je me retirai aprés avoir tenté tous les moyens de

infatigable, puis le successeur de Calvin (1564). Il figura au Colloque de Poissy à la tête des ministres protestants, souffla le feu de la révolte à Paris et dans plusieurs autres villes de France, et revint à Genéve oà il mourut le 13 octobre 1605. Théodore de Béze contribua beaucoup au mouvement de renaissance littéraire en France : il a laissé un grand nombre d'ouvrages.

* Ezech. xi, 19; xxxvi, 26.

* Dan., xim, 53.

ab eo animi sententiae modos omnes tentassem, omnemque, quoad per me fieri potuit, lapidem movissem, /apideum deprehendi cor ejus * immotum hactenus, aut sane non omnino probe commotum, inveteratum scilicet dierum malorum *. Meum vero de illo judicium, quantum quidem ex ejus verbis conjicere possum, hoc sane fuerit. Si paulo frequentior ac tutior ad ejus congressum accessus pateret, futurum forsitan ut reduci possit ad caulas Domini, sed in homine octogenario periculum est in mora. Qua de re tota Beatitudinem Suam monuisse debui, ne vel negligens videar vel minus obsequens auditor mandatorum qua mihi Clementie Sue Litteris Apostolicis et Patris Spiritus voce exposita sunt. Verum, quando per tantam benignitatem licet, committendum non existimo quin dicam passim finitimos undequaque Genevensium populos, hactenus hereticos, ballivagiorum ut loquuntur de Gex et Gaillard, restitutionem fidei reique Catholicae infimis postulare precibus, quo deinceps Catholice vivere queant; atque plurimorum

lui arracher l'aveu de sa pensée, sans avoir laissé une pierre à remuer, je trouvai en lui un cœur de pierre, jusqu'ici immobile, ou, du moins, insuffisamment remué ; c'est-à-dire, un vieillard endurci, plein de jours mauvais. Autant que ses. paroles me permettent de le juger, voici quelle serait mon appréciation : s'il était possible de l'aborder et plus fréquemment et avec plus de sécurité, peut-étre pourrait-on le ramener au bercail du Seigneur ; mais pour un octogénaire, tout retard est périlleux. J'ai dà mettre Votre Béatitude au courant de toute cette affaire, car je ne voudrais pas passer pour négligent ou peu attentif à exécuter les ordres qui m'ont été transmis, soit par les Lettres Apostoliques de Votre Clémence, soit par la bouche du P. Esprit.

Et puisque votre bonté si grande m'y autorise, je ne veux pas manquer l'occasion de vous dire que les populations hérétiques jusqu'ici, qui de tous cótés environnent Geneve, celles des pays qu'on nomme bailliages de Gex et de Gaillard, demandent avec les plus humbles prières, le rétablissement de la foi et du culte catholiques afin de pouvoir vivre en catholiques. J'ai entendu bon nombre d'hommes de ces pays se plaindre chaque jour de ce qu'étant

inter eos quotidianam audivi quærimoniam quod Catholici cum sint, ritu tamen Catholico vivere Reipublicæ Genevensis tirannide prohibeantur, cum alioquin ea Respublica non suo, sed Francorum Regis Christianissimi nomine in ejusmodi populos violentum illud exerceat imperium ; neque probabile sit ejus tyrannidis qua Catholicorum conscientia opprimantur conscium esse Regem, qui nuperrime tanta contentione Catholicam communionem expetivit. Quare libenter crediderim, fore ut si a Sede Apostolica iis de rebus Rex ipse moneatur, longe fcelicius res habeat (1). Quin etiam si paulo pressius idem ipse Rex a Genevensi Republica contenderet ut libertatem, quam vocant, conscientia in civitate ipsa admitteret, non omnino improbabile esset rei gerendae argumentum. Atque sane, Beatissime Pater, in rebus arduis et magni momenti etiam periculum fecisse operæ pretium est. Heec ita fusius Beatitudini Suæ exhibere sum ausus, quod non sim nescius quam fidei ac discipline

catholiques, ils sont empéchés par la tyrannie de la république de Genéve de remplir leurs devoirs de catholiques, d'autant plus que cette république opprime ces peuples non pas en son nom, mais au nom du trés chrétien roi de France. Le roi connait-il cette tyrannie que l'on fait peser sur les consciences catholiques ? Ce n'est pas probable, puisque tout récemment il a poursuivi avec tant d'ardeur sa réunion à l'Eglise Catholique. Je croirais volontiers que si le roi luiméme était averti par le Siege Apostolique, les choses se passeraient tout autrement (1). Et d'ailleurs, si le roi faisait quelques efforts plus pressants afin d'obtenir que la république de Genéve accordát dans cette ville méme ce qu'ils appellent liberté de conscience, il ne serait pas tout à fait improbable qu'il y réussit. Aussi bien, Tres Saint Père, vaut-il déjà la peine d'avoir tenté un essai dans les choses difficiles et graves. Si j'ai osé présenter à Votre Béatitude ce trop long exposé,

(1) En regard de cette phrase on lit dans l'Autographe la note suivante, écrite de la propre main de Clément VIII : Affendendum quia scribendum in Galliam. I1 fut effectivement donné suite à cette affaire, car dans une lettre du 31 mai de la méme année (Archives du Vatican, Nun. di Francia, vol. 44) le Cardinal Aldobrandino chargeait le Nonce de Paris de faire valoir auprés de Henri IV les réclamations du « Prévót de Sales, »

Christiane instaurandæ Clementia Sua libenter animum adjiciat, et absentia (quae hujus mortalitatis est conditio) non nisi per praesentes cognosci possint.

Beatitudinem Tuam, Sanctissime Pater, Christus Optimus Maximus Ecclesie suae quam diutissime servet incolumem.

Ad pedum oscula demississime provolutus, Sanctitatis Sua, Humillimus servus,

Franc: De SALES, Ecclesie Gebennensis Prapositus indignus.

Necii Gebennensium, 21 Aprilis, anno 1597.

A Sua Santita.

Sanctissimo Patri, Clementi octavo, Summo Christianorum Pontifici.

Revu sur l'Autographe conservé à Rome, Archives du Vatican (1).

c'est que je n'ignore pas quel zèle Sa Clémence apporte à restaurer la discipline chrétienne, et que, dans les conditions de cette vie mortelle, on ne peut apprendre ce qui se passe au loin que par ceux qui sont présents.

Trés Saint Père, que le Christ trés bon et très grand conserve longuement à Votre Béatitude une heureuse vie !

Prosterné trés humblement à vos pieds que je baise, je suis, De Votre Sainteté, Le tres humble serviteur, FRANÇOIS DE SALES, indigne Prévét de l’Eglise de Geneve.

Annecy, diocese de Geneve, le 21 avril 1597.

A Sa Sainteté.

Au Très Saint Père Clément VIII, Souverain Pontife des Chrétiens.

(1) Au dos de la lettre, le Pape Clément VIII a écrit ces mots: A questo bisogna rispondere con un Breve. Ce Bref, donné le 39 mai 1597, fut regu par le Saint le 23 juin suivant. .

MINUTE DE LA LETTRE PRÉCÉDENTE

Beatissime Pater,

Cum anno preterito de Theodori Beze, primarii inter Calvinianos haeretici, ad Ecclesiam Catholicam reditu et conversione, tum Pater Spiritus Balmensis, ex Ordine Cappuccinorum, insignis et probitate et doctrina concionator, tum etiam ego ipse, multorum non levibus permoti sermonibus, bene sperare coepissemus, ne in re tam desideranda aut industria nostra aut adminicula caetera desiderarentur, ita inter nos conventum fuit, uti scilicet ille quidem, qui per ea tempora ad Capitulum, quod vocant, generale sui Ordinis, Roma indictum, properabat, de re tota coram Beatitudine Tua dissereret, peteretque ne (si rumorem sequatur eventus) redeunti hæresiarchæ Apostolica providentia desit. Mihi vero ea contigit cura uti, quam diligentissime et cautissime fieri queat, intimos Beza sensus, aliqua accepta ut fit occasione commoda, ipsiusmet ore detegerem ac explicarem.

Id autem ut facerem, varia prætexens negotia, ssepius Genevam eam ob causam ingressus sum; sed nullus mihi patuit aditus ad hominis quem quærebam privata et secreta colloquia, præterquam hoc ultimo tertio Paschatis die, cum et solum et satis primo accessu facilem inveni ; sed tandem aliquando, postquam extorquendæ illius animi sententie gratia, omnem, quoad per me fieri potuit, movissem lapidem, lapideum tamen cor ejus * immotum adhuc, aut sane non omnino conversum deprehendi, inveteratum scilicet dierum malorum *. Qua de re tota Beatitudinem Tuam monuisse debui, ne vel minus diligens videar, vel minus obediens mandatis quae mihi Sanctitatis Tue Litteris et Patris Spiritus sermone sunt exposita.

Meum vero de homine illo judicium est, si paulo frequentior, tutior ac commodior ad ejus colloquia pateret accessus, forsitan fore ut reducatur ad caulas Domini; sed precipue si, quod speramus, Beatitudine Tua annuente,

Larrass ! 18

* Ezech., xi, 19; xxxvi, 26.

* Dan., xtt7, 52.

Geneva instituatur cum ministris disputatio. Atque quidem, Beatissime Pater, in rebus arduis et magni momenti etiam periculum fecisse opera pretium est.

Verum, quando per Beatitudinis Tuae clementiam licet, committendum non duxi quin eam certiorem faciam, undequaque passim finitimos Grenevensium populos, hactenus in haresim abductos, ditionum Gexensis et Galliardensis, ritusque et rei Catholica restitutionem demississime postulare, quo deinceps Catholicam vitam agere queant; atque quotidianam plurimorum inter eos audiri querimoniam, qui, Catholici cum sint, Genevensis Reipublice tyrannide prohibeantur ritu Catholico vivere : cum alioquin Genevenses, non suo sed Christianissimi Francorum Regis nomine, in ejusmodi populos imperium ac vim exerceant ; neque probabile sit ejus tyrannidis qua conscientiae Catholicorum opprimantur conscium esse Regem, qui tanta contentione Catholicam communionem nuper obtinuit. Quare credibile admodum est, si a Beatitudine Tua his de rebus Rex ipse admoneatur, fore uti quamprimum longe certius res habeat. Quin etiam, si paulo pressius idem ipse Rex a Genevensi Kepublica contenderet ut libertas, quam vocant, conscientie intra civitatis ipsius Genevensis mcenia permittatur; sperandum esset rem eam, qua vix alia magis hisce temporibus optanda occurrit, felicem habituram eventum. Hac ita, Beatissime Pater, fusius explicare sum ausus, quod non sim nescius quam fidei ac disciplinæ Christiane instaurandæ Clementia Tua libenter incumbat, et absentia nonnisi per presentes possit cognoscere.

Sanctitatem Tuam, Pater Beatissime, Christus Optimus Maximus incolumem diutissime conservet.

Ad pedum oscula demisse provolutus, Beatitudinis Suæ, Humillimus servulus, FRANCISCUS.

Necii Allobrogum.

Revu sur le texte inséré dans le I** Procès de Canonisation.

A MONSEIGNEUR JULES-CÉSAR RICCARDI ARCHEVÉQUE DE BARI, NONCE APOSTOLIQUE A TURIN

Heureux résultats que promet la conférence projetée avec les hérétiques. — Lettre du Saint au Pape. — Pression qu'exercent les Genevois sur les Catholiques de Gex et de Gaillard. — Etat des affaires du Chablais.

Annecy, 23 avril 1597.

Illustrissimo et Reverendissimo Signor mio

Essendoci ritrovati insieme questi giorni passati il Padre Cherubino, il Padre Spirito et io, et conferendo di quelle cose particolari che sonno seguite nei luoghi dove habbiam predicato questa Quaresima, (2) si vede che la conferentia per laquale si aspetta la licentia da Roma sarà, mediante la gratia del Signor, una cosa molto fruttuosa, et la premevano molto questa Quaresima quelli di Geneva. Ma non potendo cavar da' nostri certa risposta, la quale non si poteva dar, mi par di vederli un poco ritirati sopr' il freddo. Basta : che se si farà, sarà fruttuosa ;

Mon trés honoré, Illustrissime et Révérendissime Seigneur,

Nous étant retrouvés ensemble ces jours passés, le P. Chérubin, le P. Esprit et moi, et conférant des incidents particuliers qui sont arrivés dans les localités où nous avons préché le Caréme, nous avons jugé que la conférence pour laquelle on attend l'autorisation de Rome sera, moyennant la grâce de Dieu, une chose tres fructueuse. Ceux de Genéve poursuivaient fort pendant ce Caréme pour qu'elle se fit ; mais ne pouvant tirer des nótres une réponse précise, que nous n'étions pas à méme de donner, il me semble qu'ils se sont un peu refroidis. N'importe : si elle a lieu, elle sera fructueuse, et

(a) [Les variantes de cette lettre et des trois suivantes sont extraites de minutes insérées dans le I** Procès de Canonisation.]

si vede la conferentia con quelli di Geneva dover esser molto fruttuosa, se peró la licentia ne sara data da superiori. Et la premevano al principio; ma non havendone havuta certa risposta da nostri, che aspettavano l'ordine

se non si farà per mancamento loro, sarà cosa gloriosa per la causa catholica. Una cosa é successa che me ne rincresce (5) incredibilmente, et è che la cosa è stata divolgata con gran rumore dalla corte nostra, la quale è tanto secreta che bastaria a rivelar li misteriosi secreti della Apocalisse ; et habbiam a trattar con animali che ogni piccol rumore hanno in (©) sospetto.

Scrivo a Sua Santità per (4) quel particolar che vederà V. S. Ill", poichè per questo le mando la lettera col sigillo volante; et havendola letta, si degni di chiuderla acciò nessun’ altro la veda, perché egli è cosa importantissima per me che no si sappia donde vengono questi avisi (e). Ma V. S. Ill" si farà un gran merito (f) se incolcarà molto bene a Sua Santità quel particolar di Gex et Gaillard, ché in vero la cosa é vituperosissima che

si c'est par leur faute qu'elle ne se fait pas, ce sera glorieux pour la cause catholique. Ce que je regrette incroyablement, c'est que cette affaire ait été divulguée à grand bruit par notre cour, qui est si discrète qu'elle suffirait à révéler les mystérieux secrets de l’Apocalypse; et nous avons à traiter avec des animaux auxquels le moindre bruit est suspect.

J'écris à Sa Sainteté sur le sujet que Votre Seigneurie verra ; je vous envoie à cet effet la lettre sous cachet volant, en vous priant de la fermer aussitót apres l'avoir lue, afin que personne autre ne la voie, parce qu'il est trés important pour moi que l'on ne sache pas d'oü viennent les avis qu'elle contient. Mais Votre Seigneurie acquerra un grand mérite en sollicitant fortement auprés de Sa Sainteté l'affaire de Gex et de Gaillard ; car à la vérité c'est une chose honteuse que

di Roma, mi pare che si siano un poco affreddati. Basta : che se la ricuseranno, in caso che si possa far, non sara piccolo argumento contra di loro. Una cosa [Reprendre au texte, lig. 2.]

(b) che — mi dispiace

(c) divolgata — dalla corte nostra, la quale é tanto secreta; et adesso il rumor se ne fa tanto grande che bastaria a far serrar le porte a Genevrini che ogni cosa hanno per

(d) a Sua — Beatitudine sopra

(e) ef — la pregho humilissimamente che havendola letta la chiuda et sigilli, accio nessun altro la veda che sua stessa Santita, perche se la cosa si sapesse non potria poi esser sicuro appresso [i] Genevrini.

(f) merito — appresso Christo Signor nostro

[i] Genevrini occupando quelli luoghi a nome del Re di Francia, sforsino li Catholici a viver malamente; et non , € dubbio che il Re sapendolo, darà ordine che si usi (£) almanco libertà di conscientia o l’ Interim (!), che vogliono dire.

Cosi foss'inspirato detto Re di addomandare l'istessa libertà nella città medesima (b) di Geneva, che forse non saria cosa impossibile da ottenersi, purchè si trattasse (i) un poco vivamente. Anzi questi giorni passati essendosi dato questo rumor in Geneva, no so da che banda né con qual fondamento, si sentivano già molti dispareri de'cittadini. Certo, in queste cose tanto grandi, egli è molto meglio il tentare et sperar molto (i), in caso che il fallar no possa recar gran danno, che per troppa discretione perdere l'occasioni del bene (X).

les Genevois, occupant ces pays au nom du roi de France, contraignent les Catholiques à mal vivre. Lorsque le roi le saura, il donnera sans doute ordre de les laisser jouir au moins de la liberté de conscience ou de l'/nferim (1), comme ils l'appellent.

Plût à Dieu qu'il eût aussi l'inspiration de demander la méme liberté pour la ville de Genève, ce que peut-être il ne serait pas impossible d'obtenir en traitant l'affaire un peu énergiquement. Ces jours passés le bruit s'en étant répandu à Genéve, je ne sais de quel cóté ni sur quel fondement, on voyait déjà de nombreux dissentiments surgir entre les citoyens. Certes, dans ces choses si importantes, il vaut mieux tenter et espérer beaucoup, lorsque l'échec ne peut apporter grand dommage, que de perdre par trop de discrétion les occasions de faire le bien.

(g) à viver malamente — et prohibiscano l'essercitio catholico ; et non è dubbio che se il Re lo sapesse, daria ordine che si usasse

(h) Cosi piacesse [a] Dio che l'istesso Re domandasse che detta liberta fosse concessa dentro l'istessa città

(i) purché — 1a cosa si trattasse dal Re

(3) de' cittadini. — In somma, in queste cose tanto importanti, egli è molto meglio il sperar molto et tentare

(k) occasioni — di ben fare.

(1) L'Intérim était un formulaire en vingt-six articles, rédigé par ordre de

* Charles-Quint (1541-1548), sur les matières controversées entre les Catholi-

ques et les Luthériens. Il ne devait faire autorité qu'en attendant les décisions d'un Concile général.

Quanto poi al nostro Chiablais, vado un poco trattenuto sin tanto che sia saldata questa tregua laquale, per quanto mi vien detto, si tratta, et (!) in questo principio di Maggio spero di condurvi et Padri Cappucini et altri (m) necessarii quanto piü potró ; et se si darà tranquillità et modo di poter continuare, credo che il Signore ne sarà servito. Queste feste i nuovi Cattholici mi hanno straccato col le loro confessioni generali, ma con incredibil mia consolatione di vederli molto divoti, con monsieur di Avulli in capo, il qual non ha tralasciato un sol punto di buon essempio. Laudato ne sia il Signor Iddio.

Glie rimetteró di nuovo nella memoria, con confidentia nella bontà sua, le riforme delle badie di qua di monti, et particolarmente di Aux et Abondantia, et la provisione per il Padre Predicator di Eviano, acció glie sia paghata essattamente la praebenda solita.

Priegho poi il Signor Iddio dia ogni vero contento a V. S. Ill" et R"*, conservandola lungamente a beneficio

Quant à notre Chablais, je suis un peu arrété jusqu'à la conclusion de la tréve, qui, me dit-on, se négocie maintenant. J'espere y conduire, au commencement du mois de mai, les PP. Capucins et les autres prétres nécessaires en plus grand nombre possible ; et si on nous procure la paix et le moyen de continuer, je crois que le Seigneur en sera bien servi. Ces fétes, les nouveaux Catholiques m'ont lassé par leurs confessions générales; mais j'ai éprouvé une immense consolation de les voir si pieux, M. d'Avully à leur téte, lequel n'a pas manqué une seule occasion de donner le bon exemple. Que le Seigneur notre Dieu en soit loué !

Me confiant en votre bonté, je vous remémorierai la réforme des abbayes de cette contrée, particulierement de celles d'Aulps et d'Abondance, ainsi que la provision pour le P. Prédicateur d'Evian, afin qu'on lui paie exactement la prébende accoutumée.

Je prie le Seigneur notre Dieu de donner à Votre Seigneurie tout

(1) poi

(m) necessarii all'opra; et se si dara modo di poter continuar, et la pace, spero che il Signore ne sara servito, il quale supplico dia ogni vero contento" a V. S. Ill?*, conservandola lungamente sana, a beneficio et consolatione di queste afflitte chiese. Et cosi sono, di V. S. Illmes.......

et consolatione di quest'afflitte chiesuole ; et cosi resto

perpetuamente,

Di V. S. Ill“ et R"*, Humilissimo et devotissimo servitore,

FRANC? DE SALES, Prevosto indegno di Geneva.

All Illm» et Rmo Sig” mio osservandissimo, Monsig l' Arcivescovo di Bari,

Nuntio Apostolico appresso S. A. S.

Turino.

Revu sur l'Autographe conservé à Rome, Archives du Vatican.

vrai contentement et de la conserver longtemps pour le bien et la consolation de ces petites églises si affligées, et je demeure à jamais, De Votre Seigneurie lllustrissime et Révérendissime, Le trés humble et trés dévoué serviteur, FRANÇOIS DE SALES, indigne Prévót de Genéve.

(INEDITE)

Le curé de Saint-Julien est contraint de se retirer. — Requéte des habitants de Bernex. — Incident survenu entre le P. Esprit et le ministre protestant. — Combien il est désirable que le duc signifie aux Thononais le désir qu'il a de leur conversion.

Thonon, 27 mai 1597.

Monseigneur,

Ce pendant que j'attens plusieurs graces de la liberalité (a) de Vostre Altesse, desquelles je l’ay suppliee ci devant, les occasions me naissent tous les jours de luy en demander des autres (>). On avoit establi un curé a Saint

(a) bonté (b) occasions — de luy en demander des nouvelles me naissent tous les jours.

Jullin pres Geneve (1), qui jusques a præsent a fort bien fait son devoir, selon le tesmoignage de plusieurs gens de bien ; le peuple tout autour en estoit fort consolé. Maintenant, Monseigneur, le voyla (©) contraint d'abbandonner pour n'avoir dequoy vivre ; et neanmoins la cure, qui est en commande a messieurs de Saint Lazare, est de fort bon revenu. Cecy n'est pas un petit scandale. Ceux de Bernex, qui sont une liéue pres de Geneve, au balliage de Ternier, m'ont addressé une requeste pour avoir l'exercice catholique, comme si j'avois ou le moyen ou l'authorité de ce faire. Je represente volontiers (d) toutes ces necessités a Vostre Altesse delaquelle seule en depend (e) le remede.

Aussy ne dois je pas oublier la necessité du lieu ou je suis. Le P. Esprit, docte et signalé prædicateur Cappucin, estant icy ces festes (f), ou il a apporté tres grande consolation a tous les gens de bien, et a luy mesme esté consolé d'y en voir plus qu'il ne pensoit, voyant que ceux de la ville s'opiniastroyent si fort a ne point ouyr les pradicateurs catholiques, voulut vendredy dernier remonstrer publiquement, mais gratieusement, au ministre (2) la fauseté de sa doctrine. Sur quoy les bourgeois dirent que Son Altesse ne vouloit pas quilz traittassent avec nous. Je repliquay qu'au contraire Son Altesse l'auroit tres aggreable. Ilz respondirent que Vostre Altesse ne leur en avoit donné d'advis, et que quand il l'auroit fait ce seroit autre chose, et qu'au reste ilz ne m'en croyoient pas. Mays un bourgeois plus impatient vint

(c) Jusques a prasent a — rendu fort bon devoir en sa charge, ainsy que jay appris de plusieurs personnes dignes de foy; le peuple d'autour en avoit receu un grand prouffit. Maintenant il est

(d) comme si — j'en avois ou le pouvoir ou l'authorité. Je represente

(e) delaguelle — depend tout

(f) Le P. Esprit, — prædicateur Cappucin, estant venu icy

(1) Pierre Mugnier, natif de Talloires, avait été nommé curé de Saint-Julien le 19" décembre 1589. Il permuta cette cure contre celle de Copponex le 6 avril 1601.

(3) Louis Viret.

tirer par force le ministre de la compaignie affin qu'on ne sceut ce qu'il scavoit faire (8). La ou, Monseigneur, je me sens obligé en mon ame de supplier tres humblement Vostre Altesse de faire meshuy scavoir a ces gens qu'elle aura aggreable qu'ilz oyent et sondent les raysons catholiques, sans plus alleguer de si impertinentes excuses (b) comm'est cellecy, de mettr'en doute le bon desir que Vostre Altesse a de leur conversion. Le traitté avec les Bernois ne peut en estr'alteré puysque, sans forcer personne au changement de religion, on les invite seulement a la consideration de (i) l'estat de leur conscience.

(3) Je ne lairray pas encores de remettr'en memoyre a Vostre Altesse la pauvreté du ministre qui se recatholise, duquel je luy ay ja si souvent escrit, qui ne peut estre secouru d'ailleurs, et celle de ces set ou huict personnes catholiques qui sont en extreme disette, pour lesquelz aussy j'ay ci devant supplié a Vostre Altesse, affin que quattr'ou cinq muis des aumosnes de Ripaille et Filly leur soyent appliqués en pension leur vie durant, qui ne peut plus guere durer puysque ce sont presque tout gens vieux ; et ces aumosnes ne touchent en aucune facon la Religion de Saint Lazare. Ce sera un'aumosne des plus fleuries qui puissent partir de la main de Vostre Altesse.

(g) de sa doctrine. — Pour quoy les bourgeois vindrent empoigner le ministre par le bras et le tirerent par force hors du lieu, et dirent que Vostre Altesse ne vouloit pas quilz traittassent avec nous de la religion. Je repliquay que nous n'estions toutefois icy pour autre que pour traitter des choses de leur conscience. Ilz me dirent que V. A. ne leur en avoit encores point donné d'advis, et que quand elle l'auroit fait ce seroit autre chose.

(h) qu'il; oyent — les raysons catholiques sans plus trouver ces excuses tant impertinentes

(i) Je bon desir — de V. A. touchant leur salut. Le traitté avec les Bernois ne peut en estre alteré, puysqu'on ne force personne au changement de religion, ains seulement on les invite a bien considerer

(j) Je ne lairray pas de representer encores a V. À. la necessité du ministre qui se recatholise, qui ne peut estre secouru que de la bonté de V. A., et celle de ces sept ou huict vielles personnes catholiques, qui sont en extreme pauvreté, pour lesquelz j'ay desja souvent supplié V. A., affin que trois ou quattre muis des aumosnes de l'abbaye de Ripaille et Filly, qui ne touchent point en aucune façon les seigneurs Chevaliers de S' Lazare, leur fussent appliqués en pension leur vie durant, qui ne peut meshuy estre guere longue. Ce seroit

Je prie Nostre Seigneur Jesus Christ qu'il accroysse de plus en plus ses benedictions sur elle, comm'estant et devant estr'a jamais,

Monseigneur, De Vostre Altesse, Tres humble et tres obeissant sujet et serviteur,

FRANG* Dg SALES, indigne Prævost de Geneve.

À Thonon, le 27 may 97.

Revu sur l'Autographe conservé à Turin, Biblioteca Civica.

une des plus fleuries aumosnes qui puissent partir de la main de V. À., pour la prosperité de laquelle et eux et moy prierons Dieu toute nostre vie, comme je fais des ores, suppliant Nostre [Reprendre au texte, lig. 1.]

A MONSEIGNEUR JULES-CÉSAR RICCARDI ARCHEVÉQUE DE BARI, NONCE APOSTOLIQUE A TURIN

Mémes sujets. — Installation d'un curé à Brens.

Thonon, 27 mai 1597.

Illustrissimo et Reverendissimo Signor mio osservandissimo,

Duoi sospetti m' hanno sin hora trattenuto per un poco di scriver a V. S. I1l"* : uno della guerra, (a) l'altro del

Mon trés honoré, Illustrissime et Révérendissime Seigneur, Deux craintes m'ont empéché jusqu'ici d'écrire à Votre Seigneurie Illustrissime : l'une provenant des bruits de guerre, l'autre, de la

(a) Duoi sospetti mi hanno sin adesso trattenuto alquanti giorni senza scriver a V. S, Ill®s : uno della guerra, mentre non ardiva di ritornar qui;

contagio del quale cié stato un poco di pericolo in queste bande. Diró adesso a V. S. III'* che dalla parrochia di Bernex, del balliaggio di Ternier, discosta da Geneva tre millia, mi viene indrissata una richiesta (>) per laquale mi addomandano l'essercitio catholico, con questa impertinente presuppositione, che da Sua Altezza habbia et modo et (c) authorità di far ogni progresso nelle cose della religione (4).

Da San Giuliano, poco piü discosto di Geneva, mi furono indrissate (e) lettere dal giudice maggiore di Gex (1) et altri, in favore del curato di detto luogho (il quale fu stabilito là fa poco (f) et haveva molto ben esseguito il suo carico sin adesso), che non havendo modo di viver, è costretto di lasciar il (£) luogho senza pastore. La cura

peste, dont on a été un peu menacé de nos cótés. Je vous dirai maintenant qu'on vient de m'adresser une requéte de la paroisse de Bernex, au bailliage de Ternier, distante de Genève d'environ trois milles. Sur cette déraisonnable supposition que j'ai reçu de Son Altesse le moyen et l'autorité d'avancer les affaires de la religion, on me demande l'exercice du culte catholique.

De Saint-Julien, qui n'est guère plus éloigné de Genève, me sont artivées des lettres du juge-mage de Gex (1) et autres en faveur du curé dudit lieu. Il y fut installé depuis peu, et avait jusqu'à présent fort bien rempli sa charge ; mais, n'ayant pas de quoi vivre, il est

(b) bande. — Adesso che dell'uno et dell'altro siamo però alquanto liberi, scrivero a V. S. Illma sopra questi tre capi. Prima, essendo io nel nostro Genevois, mi fu indrissata una richiesta de molti della parrochia di Bernex, discosta da Geneva tre miglia, cioe una lega,

(c) che — S. A. Seren"* mi havesse data plena

(d) della religione — in questa bande, et il modo di poter farlo.

(e) Da San Giuliano ancora, discosto di tre miglia poco piu di Geneva, mi furono mandate

(f) sn favore — di un certo buon curato, quale fu stabilito in quel luogho di San Giuliano un pezzo [fa]

(g) detto

(1) Antoine de Lescheraine, seigneur de la Compôte, fut juge-mage de Gex depuis le 19 septembre 1586 jusqu'au traité de Lyon (janvier 1601), qui annexa ce pays à la France. Il devint ensuite juge- mage de Ternier et Gaillard, puis sénateur (14 juillet 1610).

è della Religione di San Lazaro, (h) et sin hora si dava certa pensione al curato, laquale adesso gli é stata tolta ; onde ne riesce questo scandalo che maggior non puó esser. Mi è stato riferito ch'il popolo, con le lachrime all” occhio, in genocchione pregava il curato di (i) restar ; ma esso vedendo che mentre li sacerdoti staranno da pecorelle il lupo li mangiarà, si risolse di lasciarli ad ogni modo, peró con questa intentione di ritornarvi le Domeniche (i) a consolarli.

Queste cose travengono fuora del Chiablais, appresso di Geneva, et ne ricorro alla bontà di V. S. Ill* ; et per questo glie mando la richiesta di quelli di Bernex et un'altra del curato di San Giulino, già un'altra volta appresentata a Sua Altezza senza risposta al principaletk}, Glie mando ancora le lettere del signor giudice majore

contraint de laisser la paroisse sans pasteur. Cette cure appartient à l'Ordre de Saint-Lazare qui donnait une certaine pension au curé ; maintenant on vient de la lui óter, d'ou résulte ce scandale qui ne pourrait étre plus grand. On m'a raconté que le peuple, les larmes aux yeux, priait à genoux le curé de rester ; mais, voyant bien que tant que les prétres seront regardés comme des agneaux le loup les mangera, il résolut, malgré tout, de quitter ses paroissiens, avec l'intention néanmoins de retourner chaque Dimanche les consoler.

Ces choses arrivent hors du Chablais, tout pres de Genéve. J'ai donc recours à la bonté de Votre Seigneurie Illustrissime, lui envoyant à cet effet la requéte des gens de Bernex et celle du curé de Saint-Julien qui, une fois déjà présentée à Son Altesse, est demeurée sans réponse sur son principal objet. Je vous adresse aussi les lettres

(h) di San Laqaro, — possessa da un cavaglier particolar in commanda,

(i) che maggior non puó — immaginarsi. Mi é stato riferito che volendo il curato partirsi, il popolo gia catholico, in genocchione, colle lagrime lo pregava di

(j) /5 mangiarà, — ad ogni modo li lasciò sospiranti; però con intentione di ritornarci le Domeniche, non piu come curato, ma come fratello,

(k) fravengono — appresso di Geneva, una sola lega fuora del Chiablais, nel balliaggio di Ternier, et io in questo non ho né carico, né poter di aiutarli. Solo questo posso, cioe ricorrere alla bonta di V. S. I1l*»*; et per tanto glie mando si la richiesta di quelli di Bernex, sí ancora un' altra richiesta di quelli di San Giuliano, presentata a S. À. senza esser decretato sopra il principale, con risposta a certi incidenti.

di Gex et del signor Barone di Viri (1), persona honorata et importante, acció vedano i Cavaglieri ch'io no son parte, ma avvocato della parte, et che la parte non é altro salvo che il ben publico. Sonno [in] francese, ma V. S. Ill" se le potrà far leggere o dal signor de Lulino (2) o da altri; ma la priegho bene di non perder dette lettere, acció mi servano contra quelli che potriano haver per male ch'io di tante cose m'impacci. Scrivo sopra di ciò (1) una parola a Sua Altezza ; si degni V. S. Ill"*,

du juge-mage de Gex et du baron de Viry ( 1), personnage distingué et influent, afin que les Chevaliers voient que je suis seulement avocat et non point partie, car la partie n'est autre que le bien public. Ces lettres sont en francais, mais Votre Seigneurie pourra se les faire lire par M. de Lullin (2) ou par d'autres. Je vous prie instamment de ne pas les égarer, afin que je puisse m'en servir contre ceux qui trouveraient mauvais que je m'entremette en tant de choses. J'écris

(1) del signor giudice — et pregho humilissimamente V. S. Illma di farsele leggere et interpretare a monsieur de Lulino, o dal Barone de Chevron, o da qualche altro, perche sonno [in] francese, et di procurarne l'effetto appresso di S. A. Seren", senza lasciarle in arriere (sic), accio possa mostrare con quali titoli habbiamo da desiderar altri possessori de beni ecclesiastici che non siano Cavaglieri. Ne scrivo

(1) Marin, baron de Viry et seigneur de la Perriére, était non moins remarquable par son dévouement à l'Eglise que par l'éclat et l'illustration de sa maison, l'une des plus anciennes du pays, et par sa valeur guerrière. Au témoignage des protestants eux-mêmes, « il se distinguait parmi les plus zélés convertisseurs, » sans toutefois négliger le service de son prince dont il gagna l'estime et la confiance. Charles-Emmanuel I°", aprés avoir mis le baron de Viry à la tête des troupes levées contre les Bernois (1582), le nomma chambellan et conseiller d'Etat (lettres patentes du ar avril 1583), érigea la baronnie de Viry en comté le 12 mars 1598, et, le 24 mai de la méme année, donna au nouveau comte le commandement général de la noblesse du Genevois et du Faucigny, appelée sous les armes pour la défense du pays. Ce seigneur fit son testament le 2 juillet 1605, et mourut peu de jours après. Il avait épousé Claudine de Lambert qui lui survécut.

(2) Gaspard de Genève, premier marquis de Lullin (1597) et de Pancarlier (1616), chevalier de l'Annonciade (1598), chambellan, conseiller d'Etat, gouverneur et lieutenant-général au duché d'Aoste et cité d'Ivrée, était l'ami le plus dévoué et le protecteur le plus influent que saint François de Sales eût à la cour de Turin. Rien ne put affaiblir cette constante amitié, ni la faveur croissante dont le marquis jouissait, ni les nombreuses ambassades qu'il remplit auprès des empereurs, des rois de France, d'Angleterre et d'Ecosse,

per carità, procurarne qualche breve et fruttuosa (m) risposta.

Il buon, dotto P. Fra Spirito, Cappucino (2), essendo venuto qui queste feste di Pentecoste et predicato qui nella terra et nella parrochia des Alinges, si é sentito molto consolato di questo nuovo popolo, et il popolo incredibilmente delle sue fruttuose prediche. Io fra tanto son andato a visitar la nuova parrochia di Cervens dove ancora ho havuto consolatione; et tuttavia si vederà maggior frutto quando questi ed altri predicatori veneranno qui et si fermeranno alquanto, il che adesso detto Padre non ha potuto far, (9) chiamato dal Padre Provinciale (1).

à ce sujet un mot à Son Altesse, suppliant Votre Seigneurie de daigner, par charité, nous obtenir une courte mais efficace réponse.

Le bon et docte P. Esprit, Capucin, étant venu ici ces fétes de Pentecóte et ayant préché soit en cette ville, soit dans la paroisse des Allinges, est demeuré fort consolé de ce nouveau peuple, et le peuple, à son tour, l'a été incroyablement de ses fructueuses prédications. Pendant ce temps je suis allé visiter la nouvelle paroisse de Cervens, où j'ai reçu aussi beaucoup de consolation. Toutefois, les fruits seront encore plus abondants lorsque ces prédicateurs et d'autres viendront ici pour y séjourner ; ce que le P. Esprit n'a pu faire, ayant été rappelé par le P. Provincial (1).

(m) per — bontà, di cavarne

(n) Per il secondo, il P. Spirito Balmense, Cappucino predicatore

(0) molto consolato — dall'auditorio delle sue prediche ; et tuttavia si vedera maggior frutto quando questo Padre et altri veneranno a fermarsi alquanto in queste bande, il che per adesso non puo far per esser

des archiducs d'Autriche, des princes électeurs et des Ligues suisses. Il mourut à Thonon, âgé de soixante-dix ans {23 juin 1619), aprés avoir recommandé à son petit-fils, Albert de Genève, de se conduire en tout d’après les conseils du saint Evèque.

(1) Le P. Abonde de Côme avait été, en 1588, nommé une première fois à cette charge pour la province de Lyon, à laquelle appartenaient alors les couvents de Savoie. Pendant un second triennat (1594-1597), il envoya des missionnaires évangéliser les environs de Genéve, et plus tard, il fut chargé lui-méme par saint Laurent de Brindes, Ministre général des Fréres Mineurs Capucins, de la direction des Religieux employés à la mission du Chablais.

Una cosa cié travenuta : il Padre vedendo gli habitatori di Tonone seguitar con tanta furia il loro ministro heretico senza voler intendere le nostre prediche, Venerdi passato volse mostrar al ministro la falsità della sua dottrina, et questo in publico. Ma uno della terra, dei piü ostinati, vedendo che la cosa non poteva riuscir per il ministro, lo tolse con violentia del luogho, con dire che Sua Altezza Serenissima non intendeva (P) che essi trattassero con noi delle cose della religione. Onde, dicendo noi che pur in queste bande non eravamo venuti per altro (4), dissero molti fra gli altri ch'io questo non potevo provar, et non volevano sopra di ciò darmi fede, et che quando Sua Altezza gli dess' avviso della sua intentione saria altra cosa.

Questa è la scusa de certi pochi ostinati della terra (che quanto alla campagna non ci sono queste difficoltà), li (1) quali poi, con diversi modi et prætesti, impediscono

Sur ces entrefaites, un incident est survenu : le Père, voyant les habitants de Thonon suivre si opiniâtrément leur ministre hérétique sans vouloir écouter nos prédications, résolut vendredi passé de démontrer à celui-ci la fausseté de sa doctrine, et cela en public. Mais un des plus obstinés de la ville, s'apercevant que l'issue de la dispute ne pouvait étre à l'honneur du ministre, l'entraina de force hors de la place, disant que Son Altesse n'entendait pas qu'ils traitassent avec nous des choses de la religion. Or, comme nous répliquions que néanmoins nous n'étions pas venus en ces pays dans un autre but, plusieurs entre autres repartirent que je ne saurais le prouver, et qu'au reste ils refusaient de me croire là-dessus, mais que si Son Altesse leur signifiait son intention, ce serait autre chose.

Voilà l'excuse d'un petit nombre d'obstinés de la ville (dans la campagne nous n'avons pas ces difficultés), lesquels ensuite, par divers moyens et sous divers prétextes, empéchent les autres de se

(p) seguitar con — tutto impeto il ministro heretico senza voler sentire le nostre prediche, Venerdi passato volse publicamente mostrare al ministro la falsita della sua dottrina. Et essendosi inviata la disputa, uno della terra, ostinato, vedendo che la causa non poteva riuscir per il ministro, lo tolse con violentia dalla disputa, con questo pretesto, che S. A. Seren"* non haveria per buono

(q) per altro — effetto che per trattare con loro della conscientia

(r) osfinafs — di questa terra,

* Lucæ, xvi, 8.

gli altri di ridursi. A talchè, se Sua Altezza Serenissima con ogni minima parola si lasciasse intendere del buon desiderio che tiene circa la loro salute, senza romperla con Bernesi, se ne vederia buon frutto (*). Di questo scrivo ancora a Sua Altezza. Egli è gran cosa, ma non miracolosa perchè è ordinaria, che questi nefandi figli di tenebre sono più accorti et prudenti (*) nelle loro generationi che non sono i figli di luce *. Per conto mio son restato consolatissimo di veder qui questo buon P. Spirito, il qual potrà testificar delle cose comme stanno. (v)

Collocaró questa settimana un curato nella parrochia di Brens, et sarà la quarta in questo balliaggio (1). Il

convertir. De sorte que si Son Altesse donnait le moindre témoignage du désir qu'elle a de leur salut, sans rompre avec les Bernois, on en verrait d'heureux fruits. Je lui écris aussi à ce sujet. Chose étrange, mais non point miraculeuse, car elle est ordinaire : ces misérables enfants de ténébres sont plus avisés et prudents dans la conduite de leurs affaires que les enfants de lumiere! Pour mon compte, j'ai été tres consolé de voir ici ce bon P. Esprit qui pourra certifier de l'état des choses.

Cette semaine je placerai un curé dans la paroisse de Brens : c'est la quatrième de ce bailliage qui sera pourvue (1). M. Roget viendra

(s) circa — questo negotio, senza romperla con Bernesi, spero che se ne vederebbe gran frutto, quale non possiamo sperare mentre non vorranno trattar con noi.

(t) ma — ordinaria et vera, che questi figlioli di tenebre sono assai piu prudenti et ferventi

(u) consolafissimo — della venuta di questo buon Padre, quale puo testificare del stato di queste cose, cioe : per conto della campagna non cie difficolta veruna, et per conto della terra cie solamente questo da fare, che S. A. dia aviso del suo buon desiderio, o scrivendo, o per bocca di qualche magistrato d'importanza, comme saria di un presidente o senatore. — (... de la venue de ce bon Père qui peut certifier l'état de ces affaires, savoir : pour ce qui regarde la campagne, il n'y a aucune difficulté; quant à la ville, il y aurait seulement un moyen à prendre. Son Altesse devrait notifier son désir, soit en écrivant elle-méme, soit par l'intermédiaire de quelque magistrat haut placé, tel qu'un président ou un sénateur.)

(1) C'est le chanoine Louis de Sales qui fut installé à Brens. Les autres paroisses pourvues de curés étaient Cervens, les Allinges-Mésinge et probablement' Bons.

signor Rogetio venerà qui fra pochi giorni, comme V. S. I11”* glie commandó (!), et già saria venuto se non fossero certi negotii del clero che lo trattengono. Io diró poi a V. S. Il1"* che le cose di queste pensioni van male; io sin adesso non ho potuto cavarne(v) altro senon 160 fiorini et trentacinque coppe di fromento. È vero che me ne sonno state appresentate da 75, ma tanto cattive che io non potevo accettarle. Staró a sollecitare, et havendo fatto quanto potrò, sarò scusato di far più (W. Mancano alberghi per curati, manca omnis ecclesiastica suppellex et tutto bisogna comprar: hora lascio a considerar a V. S. Ill” in che stato stiamo. Dubitavo molto che la conferentia di Geneva non fosse andata in fumo con queste

dans quelques jours, comme Votre Seigneurie Illustrissime le lui a commandé ( 1); il serait déjà venu sans certaines affaires du clergé qui le retiennent encore. Je vous dirai de plus que les choses vont mal au sujet de ces pensions ; jusqu'ici je n'ai pu en tirer que cent soixante florins et trente-cinq coupes de froment. ll est vrai qu'on m'en a offert environ soixante-quinze, mais de si mauvaise qualité que je n'ai pu les accepter. Je poursuivrai mes sollicitations; puis, ayant fait tout mon possible, je serai dispensé d'en faire davantage. Nous manquons de logements pour les curés, nous manquons de tout ameublement pour les églises et il faut tout acheter : je vous laisse à penser en quel état nous nous trouvons. Je craignais beaucoup qu'avec ces retards la conférence de Geneve ne fût allée en fumée ; mais, d'apres

(v) et sarà — il quarto in questo paese. Ma io diro liberamente che le cose vanno male, et non si puo peggio. Io sin adesso non ho potuto haver

(w) di fromento — et tuttavia staro a sollecitare. Il Sig" Rogetio venerà qui, comme glie commando V. S. Ill"*, fra pochi giorni, havendo esso esseguito certi negotii del clero.

(La fin de la minute manque dans le Procès.]

(1) Le chanoine Roget, qui fut longtemps « auditeur des comptes du clergé, » avait fait récemment.le voyage de Turin pour présenter des réclamations au sujet des impóts extraordinaires ievés sur les biens ecclésiastiques. (Le 1$ mars 1597 il date de Turin et signe, avec le chanoine Floccard et les autres députés des diocéses de Savoie, une lettre au Cardinal Aldobrandino.) C'est alors sans doute qu'il avait regu des ordres du Nonce relativement à la mission du Chablais. (Voir ci-devant, note (1), p. 177, et p. 249.)

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ritardationi ; ma, per quanto vengo avvisato, si potrà haver, et in modo debito : la cosa sarà fruttuosissima. V.S. Ill" mi fa tanto animo di scrivergli spesso, ch'io etiamdio delle cose minutissime glie scriveró liberamente, come a Padre amantissimo di questi popoli, quantumque nel servitio d'Iddio le cose minute siano importanti. Bascio con ogni humiltà le sue mani reverendissime, et prieghando il Signor la conservi, resto eternamente,

Di V. S. Ill^ et R"', Devotissimo servitore,

FRANC? DE SALES, Prævosto di Geneva.

Da Tonone, alli 27 di Maggio 97.

All lli»» et Rm Sig” mio osservandissimo, Monsig l' Arcivescovo di Bari,

Nuntio Apostolico appresso S. A. S.

Turino.

Revu sur l'Autographe conservé à Rome, Archives du Vatican.

ce que j'apprends, elle pourra avoir lieu et d'une manière convenable : elle sera trés fructueuse.

Votre Seigneurie m'encourage si fort à lui écrire souvent, que je lui parlerai librement méme des choses les plus minimes (bien que dans le service de Dieu les moindres choses soient importantes), comme au Pere tres affectionné de ces populations. Je baise en toute humilité vos mains vénérées et, priant le Seigneur de vous conserver longtemps, je demeure à jamais,

De Votre Seigneurie lllustrissime et Révérendissime, Le tres dévoué serviteur, FRANÇOIS DE SALES, Prévôt de Genève.

Thonon, le 27 mai 1597.

AU MÉME

Maladie de l'Evèque de Genève. — Obligations de l'Abbé d'Abondance envers le prédicateur d'Evian. — Indigence des Religieuses de Sainte-Claire. — Poursuites à faire pour obtenir la conférence avec les ministres. — Le Saint sollicite l'autorisation de concourir pour la cure du Petit-Bornand. — La permission de lire les livres hérétiques est nécessaire aux missionnaires.

Annecy, 31 mai 1597.

Illustrissimo et Reverendissimo Signor mio osservandissimo,

Doppo haver scritto (a) a V. S. Ill" et R"“ di Tonone al 27 di questo, (P hebbi nuova che Monsignor R"? Vescovo stava molto ammalato et desiderava sopra modo di vedermi, essendo in pericolo della vita. Ond'io venni di subito, et giunto (©) trovai la lettera di V. S. Ill"* del XII del presente. Et per haver scritto nella precedente il stato delle cose del Chiablais, non occorre adesso di farglie altra risposta (d), salvo sopra il particolar del prædicator di Eviano. (€)

Mon tres honoré, Illustrissime et Révérendissime Seigneur,

Apres avoir écrit de Thonon à Votre Seigneurie Illustrissime le 27 de ce mois, je reçus la nouvelle que M** notre Révérendissime Evéque était tres malade, et que, se sentant en danger de mort, il désirait extrémement me voir. Je partis aussitót, et à peine arrivé ici j'y trouvai votre lettre du 12 courant. Vous ayant exposé dans la precedente l'état des affaires du Chablais, je n'ai maintenant aucune réponse à vous faire, si ce n'est au sujet du prédicateur d'Evian.

(a) Scrissi

(b) di questo, — et doppo haverglie scritto

(c) et desiderava — incredibilmente di vedermi. Onde io di subito venni et giunsi hieri qui, et vi

(d) Et — perche gli ho scritto delle cose nostre di Chiablais nella precedente, non mi pare di haver a scrivergli altro

(e) Ho veduto la lettera di Monsig" della Novalesa, nella quale egli mostra veramente una grande abondanza di liberalita a dare via tre prebende delle sue.

Mando a V. S. Ill"* una copia del Breve di Sua Santità in favor del P. Papardi, morto (1), nella quale vederà li motivi per li quali Sua Beatitudine giudicó ragionevolissimo che l' Abbate desse quella praebenda, li quali sonno adesso piü potenti che mai. Quella terra è in faucibus haereticorum, non ha altro modo di haver prædicatore ; l’ Abbate (2) cava tutte le loro decime, et è ragionevole ch' egli (f) pasca la pecorella della quale egli si piglia la lana. Questo è (8) il magior servitio che si faccia al Signor in tutta quella badia. L' Abbate d'Aux (3), il qual non v'é tanto ubligato, dà una pensione intera

J'envoie à Votre Seigneurie Illustrissime une copie du Bref de Sa Sainteté en faveur du feu P. Papard (1): vous y verrez les motifs pour lesquels le Pape jugea raisonnable que l'Abbé donnát cette prébende, motifs qui actuellement sont plus pressants que jamais. Ce pays est dans la gueule des hérétiques et n'a aucun autre moyen d'entretenir un prédicateur ; l'Abbé (2) perçoit toutes les dimes, c'est donc justice qu'il paisse la brebis dont il tond la laine. C'est le plus grand service qui soit rendu au Seigneur en toute cette abbaye. L'Abbé d'Aulps ( 5), lequel n'y est pas si fort tenu, donne une pension

(f) in favor del — pradicator morto ; non perché si possa far conseguenza per un altro, ma per monstrar a V. S. Illma che Sua S'* giudicò esser molto ragionevole che l' Abbate, il quale cava tutte le decime di quella banda, dia agli habitanti un poco di contraccambio spirituale et

(g) Ja lana. — Vedera che quella terra é in faucibus hkœreticorum ; ma di questo poi l'assicuro, ch'io non so donde possano havere prædicatori sofficienti, se non col mezzo di questa prebenda, la quale cessando, cessara

(1) Le P. Frangois Papard, de l'Ordre des Fréres Précheurs, docteur en théologie, Inquisiteur général en Savoie, était prieur du couvent de son Ordre à Annecy, en 1556. Il mourut en 1592.

(2) Il s'agit de Philibert Provana, Abbé commendataire d'Abondance et de l'abbaye bénédictine de Novalèse, en Piémont. Au mois de juin suivant, il résigna ce dernier bénéfice en faveur du fils d'un autre Philibert Provana, premier Président de la Cour des Comptes de Turin. (Archives du Vatican, Nunz. di Savoia, vol. 34.) Quant à l'abbaye d'Abondance, elle était l'objet des prétentions de deux compétiteurs : Gaspard Provana, Prieur de Novalése, qui s'attribue en 1597 et 1598 le titre d'Abbé d'Abondance, et Vespasien Aiazza (voir note (1), p. 223), qui obtint gain de cause le 37 novembre 1599. (Rome, Archives de l'Etat, Ubbligazioni.)

(3) Philibert Milliet fut Abbé commendataire d'Aulps de 1591 à 1618.

alla scuola de’ fanciulli. Questo preedicator moderno (1) è persona honoratissima ; et quantumque sia vicario generale nella provincia Gallicana del suo Ordine, non ha lasciato quest'anno le prædiche dell’ Advento et Quaresima, et essendo scaricato di quel ufficio farà ancora maggior beneficio. S' egli no sarà andato nell’ Abondantia, sarà o vero (b) che no sarà stato invitato, o vero che la cessatione della praebenda haverà preceduta la cessatione della praedica. Quanto all'altro praedicator ch'il signor Abbate dice di dover mantener nella sua badia, credo che si deve far, ma so et credo che non si fa ; né saria troppo caricato l' Abbate havendo per lui duoi prædicatori, anzi mi par molto caricato non havendoli.

Le religiose Monache di Eviano (2) sonno non solo (i) poverissime, anzi fameliche, et so ch'il signor Abbate

entière pour l'école des enfants. Le prédicateur actuel (1) est un homme de grand mérite ; quoiqu'il soit vicaire général de la province Gallicane de son Ordre, il n'a pas laissé néanmoins cette année de précher l'Avent et le Caréme, et quand il sera déchargé de son office il fera encore plus de bien. S'il n'est pas allé à Abondance, ce sera sans doute ou parce qu'il n'aura pas été invité, ou parce que la cessation de la prébende aura précédé la cessation des prédications. Quant à l'autre prédicateur que l'Abbé dit étre obligé d'entretenir dans son abbaye, je crois que cela doit se faire, mais je sais et je crois que cela ne se fait pas. A la vérité, l'Abbé ne serait pas trop chargé d'avoir deux prédicateurs à son compte ; il me semble, au contraire, qu'il le serait bien davantage s'il ne les avait pas.

Les Religieuses d'Evian (2) sont non seulement pauvres, mais elles

(h) zn futta quella badia. — Et se questo prædicatore moderno non sarà andato nella Abondanza, sara forse o (i) Quanto alle signore Monache, so che sonno

(1) Le P. de Fossias (voir ci-devant, note (1), p. 245).

(2) Les Religieuses Clarisses fondées à Orbe par sainte Colette (1427-1428), ayant été chassées de leur couvent par les hérétiques, s'étaient réfugiées à Evian le 24 mai 1555. Saint François de Sales témoigna toujours un profond intérét à cette Communauté, qui se distingua constamment par sa ferveur et sa régularité. Dissoute à la révolution française, elle a été reconstituée au mois de septembre 1875 par une colonie sortie du monastère de Sainte-Claire de Versailles. (Les Clarisses d'Evian-les- Bains, par le P. Ladislas de Marlioz.)

glie fa limosina; ma quanto a darglie una praebenda, come egli dice, credo che questo si debba intendere con distintione di prebende. Haveró ben presto vero et distinto raguaglio di queste cose.

Quanto a quella suasione ch'il signor Abbate, per gratia sua, desidera di far a V. S. Ill"*, che non dia fede a Savoyardi in generale (i), io l'ho per una impertinentia tale che non merita risposta. Ch'egli pur si sforsi di far queste suasioni, ch'io son certo di far con effetto contraria persuasione : cioé ch'io, in questo né in altro, non uso nè bugia, nè tratto sinistro appresso V. S. Ill”, nè domando un solo baggatino della sua badia (x).

endurent la faim, et je sais que l'Abbé leur fait l'aumóne ; pour ce qui est de leur donner une prébende, comme il le prétend, je pense qu'il faut distinguer entre prébende et prébende. J'aurai bientót des renseignements vrais et détaillés à ce sujet.

Quant à l'opinion que M. l'Abbé prétend donner si gratuitement à Votre Seigneurie Illustrissime, qu'en général il ne faut pas se fier aux Savoyards, je la regarde comme une impertinence telle qu'elle ne mérite pas de réponse. Qu'il s'efforce tant qu'il voudra d'insinuer de semblables opinions ; pour moi je suis sür de convaincre du contraire par des effets : c'est-à-dire, qu'en cela ni en chose quelconque je n'use point de mensonge ou d'artifice aupres de Votre Seigneurie, et que je ne demande pas un seul denier des revenus de son abbaye.

(J) ch'il signor Abbate — desidera di far, per gratia sua, che V. S. Illma [non] creda a Savoyardi, soliti di usar questi et altri tiri

(k) risposta — et mi pare che se non fosse mai per altro che per rispetto del fondatore dell' Abondanza, doveria trattar piu cortesemente gli Savoyardi. Basta; che egli puo suadere a V. S. Ill"? quel che gli pare et piace, ma io son certo di persuadere sempre con effetto che io non uso in questo né in altro, di bugia o tiro. Et a che modo farei io altrimenti, poiche in questo non ho né poco, né assai, né voglio niente del suo? Ma di questo basta appresso V. S. I11»», che é giudice retto et non appassionato. — (Et il me semble que, quand ce ne serait que par respect pour le fondateur d'Abondance, il devrait traiter plus courtoisement les Savoyards. N'importe : il peut insinuer à Votre Seigneurie Illustrissime ce qu'il lui plait et ce que bon lui semble, car je suis sür de convaincre toujours par des effets que je n'use en ceci ni en chose quelconque de mensonge ou de ruse. Et à quelle fin ferais-je autrement, puisque je n'ai en cela ni peu ni beaucoup, et que je n'ambitionne rien du sien? Mais c'est assez sur ce sujet auprés de Votre Seigneurie Illustrissime, qui est un juge équitable et non point passionné.)

Hieri hebbi l'altra lettera di V. S. Ill"* et viddi la copia di quella del signor Cardinale Santa Severina. Monsignor Reverendissimo chiamó subito il P. Provinciale de' Cappucini (1), quale era qui (1), acciò scrivesse al P. Cherubino, che era in Mommelliano, per farlo venire qui acció dia assoluta risposta a quelli di Geneva, la quale sin adesso non si é potuta dare, et si pigli quanto prima, di banda et d'altra, qualche risoluta conclusione (2), Quel Padre è diligentissimo (12) et sagace, et ben presto haverà trattato ; il che havendo fatto, subito sarà avvisata V. S. Ill"* minutissimamente d' ogni nostro pensiero, acció li moderi tutti ; et secondo il numero che vorranno quelli de Geneva de conferenti, domandaremo

Hier je reçus l'autre lettre de Votre Seigneurie lllustrissime et je vis la copie de celle de M. le Cardinal de Santa-Severina. MS" le Révérendissime manda aussitót le P. Provincial des Capucins (1), qui était ici, pour le charger d'écrire au P. Chérubin, actuellement à Montmélian, et lui ordonner de venir rendre une réponse positive à ceux de Genéve. Cette réponse n'a pu étre donnée jusqu'à présent; cependant il faut au plus tót prendre de part et d'autre une résolution définitive. Ce Père est tres diligent et adroit, il traitera donc promptement l'affaire. Dès qu'il aura achevé, Votre Seigneurie sera informée par le menu de nos moindres projets afin qu'ils soient tous dirigés par vous. Nous vous demanderons plus ou moins de théologiens selon

(1) Hieri pure hebbi ancora una lettera di V. S. Ill** del 25 di Maggio, per la quale si riferiva ad una copia di lettera del Sig" Cardinale S'* Severina; et ho veduto attentamente tutto, con incredibil consolatione che si sia data tutta lauthorita per la conferentia a V. S. Ill»* et a Monsig" R"°, ché cosi si spediranno presto le cose, et fruttuosamente. Subito Monsig" R®° mandó a chiamare il Padre Provinciale de Cappucini

(m) venire qui — affinche faccia horamai risposta a quelli di Geneva, con la quale si possa venire a qualche risolutione ; poiche sin adesso si é andato differendo, con arti varie, di fare assoluta risposta.

(n) etsagace, et spero che ben presto haveremo da scrivergli i disegni nostri minutissimamente, accio li moderi; poiche sin tanto che si comminci a capitulare con quelli di Geneva del numero de conferenti et del modo della conferenza, non possiamo pigliare risolutione ; et questo tocca a detto Padre, quale é stato chiamato in questo campo. Ma sara avvertita V, S, Illms di tutto

(1) Voir ci-devant, note ( 1), p. 286,

a V. S. Ill"* o più o meno de theologi, et ad ogni modo cercaremo che vi siano duoi o tre Giesuiti. Non dormiremo punto in questo negotio, et sarà et diligentissimamente et minutissimamente avisata V. S. Ill"*. Laudo che Sua Santità habbia lasciato questo carico a V. S. III" et a Monsignor Reverendissimo, perché veramente si farà et più speditamente et più fruttuosamente. Monsignor Reverendissimo é stato da vinti giorni in qua nel letto molto ammalato, et havendo ricevuto in questo mentre due lettere di V. S. Ill", una il 26 et l'altra hieri per le mani del signor Floccardo, canonico (1), glie rincrebbe infinitamente di non potergli far risposta per allhora perché il medico non lo volse permettere. Spera nientedimeno che fra pochi giorni, havendo ricuperato un poco piü di vigore, egli darà piena et compita sodisfattione sì alle lettere di V. S. Ill"*, si ancora a quelle

le nombre de conférenciers voulu par ceux de Genéve, et nous tácherons de toute facon qu'il y ait deux ou trois Jésuites. Nous ne nous endormirons point en cette négociation, et vous en serez averti immédiatement, dans le plus grand détail. Je me félicite de ce que Sa Sainteté en a laissé le soin à Votre Seigneurie et à Ms" le Révérendissime, car ainsi tout se fera d'une maniére plus expéditive et plus fructueuse.

Depuis vingt jours Monseigneur est au lit trés malade ; il a recu pendant ce temps deux lettres de Votre Seigneurie, l'une le 26, l'autre hier par M. le chanoine Floccard (1), et regrette beaucoup de n'avoir pu vous répondre, parce que le médecin n'a pas voulu le lui permettre. Il espère néanmoins recouvrer un peu de force et vous donner, dans quelques jours, pleine et entière satisfaction au sujet de vos lettres

distintamente et veramente, et de theologi che si faranno di bisogno; et ad ogni modo cercaremo per tutte le vie possibili di haver duoi Padri Giesuiti, se non fosse mai per altro che per far vedere a quelli heretici la concordia fra Catholici.

[La suite de la minute ne se trouve pas dans.le Procès. Reprendre au texte, lig. 8.]

(r) Barthélemy Floccard, chanoine de la Collégiale de Notre-Dame de Liesse d'Annecy dés 1577, puis sacristain de cette méme église. I1 mourut en juin 1621.

del signor Giustiniano, il quale non é certo ben informato delle cose di qua, nè de li cunti del R"° Monsignor suo zio (1). Priegha adunque Monsignor R"° Vescovo V. S. Ili" di haverglie un poco di patientia sin tanto che possa farglie risposta alle sue.

É vacante adesso un beneficio curato, cioé una cura (2), che puó valer di intrata dugento scudi, nelli buoni anni, et si darà, secondo l'ordinario, per concorso. Io son sollecitato da varii amici, etiamdio spirituali, di prevalermi di questa occasione, che maggior non habbiamo di qua. Io, per non spregiar l'aviso loro, lo faró, ma con questa conditione, di non riservare quel beneficio se non con il beneplacito et giudicio di V. S. Ill"*, poiché io non posso haver et ritener insieme con quella cura il prævostato della chiesa Cathedrale. É ben vero ch'il prevostato non havendo neanche un quattrino d'intrata, et il canonicato che si dà al Prævosto non havendo un anno per l'altro sessanta scudi, io stimo piü giovevole di esser

et de celles de M. Giustiniani, lequel n'est certainement pas bien informé des affaires de ce pays ni des comptes de Monseigneur son oncle (1). Ms" notre Révérendissime Evéque vous prie donc de patienter un peu jusqu'à ce qu'il puisse vous répondre.

Un bénéfice-cure, c'est-à-dire une cure, est maintenant vacant (2): il peut rapporter environ deux cents écus de revenu les bonnes années, et doit, comme de coutume, se donner au concours. Plusieurs de mes amis, méme spirituels, m'engagent à me prévaloir de cette occasion, car nous n'en avons pas de meilleure dans ce pays. Pour ne point mépriser leur avis, je le ferai, mais à la condition de ne jouir de ce bénéfice que sous le bon plaisir et avec l'assentiment de Votre Seigneurie lllustrissime, puisque je ne puis avoir et conserver avec cette cure la prévóté de l'église cathédrale. ll est bien vrai que la prévóté n'a pas un liard de rente et le canonicat que l'on donne au Prévót ne rapporte en moyenne que soixante écus par an; j'estimerais donc plus

(1) Ms' Ange Giustiniani, aprés avoir été dix ans Evéque de Genéve (1568-1578), avait échangé avec Claude de Granier la crosse épiscopale contre les prieurés unis de Talloires et de Saint-Jorioz. Il était mort à Gênes, sa patrie, le 22 février 1596.

(3) La cure du Petit-Bornand, vacante par la mort de Jacques Bally.

commodo curato che povero Prævosto, se non fosse la speranza del ritorno nostro in Geneva, laquale sin adesso pasce molti honorati dottori et nobili che sonno stati nella Chiesa nostra. Ma parlando poi assolutamente, io son poco meno costretto di lasciar questo preevostato ad altri che possano far maggior residentia di quella ch'io posso far mentre son in Chiablais, et habbiano modo di vivere senza quello. Io veramente ho vissuto sin adesso, et meglio di quello ch'io non merito, ma egli è stato præcario ; onde, ponderando bene ogni cosa, mi risolvo alla cura, che é il piü ricco beneficio di questa diocesi, fra quelli ch'io posso et mi é lecito sperar.

Desiderarei bene preghar humilissimamente V. S. I11"* che col beneplacito di Sua Santità mi fosse lecito ritener il canonicato semplice, acció venendo qui io habbia luogo nel cuoro (sic) nostro, il quale è tanto ben ufficiato che é una delle più grandi consolationi ch'io ne habbia. Et cosi, havendo da vivere quanto basta per la mia conditione, io altro non cercaró senon, con quelle poche fatighe nelle quali saró adoprato, servire al Signore et

avantageux d'étre un curé renté, que d'étre un pauvre Prévót, n'était l'espoir de notre retour à Geneve, lequel soutient encore maintenant plusieurs docteurs distingués et nobles qui ont appartenu à notre Eglise. Mais, pour parler clairement, je suis presque contraint de céder cette prévóté à quelqu'un qui puisse résider ici plus assiduement que je ne le fais moi-méme pendant que je suis occupé en Chablais, et qui ait en méme temps de quoi vivre sans ce revenu. J'ai à la vérité vécu jusqu'à présent, et mieux que je ne le mérite, mais d'une maniére précaire ; c'est pourquoi, toutes choses bien pesées, je me résous à demander la cure, qui est le plus riche bénéfice de ce diocese parmi ceux qu'il m'est possible et permis d'espérer.

Je désire aussi prier Votre Seigneurie Illustrissime d'obtenir qu'il me soit loisible, avec l'agrément de Sa Sainteté, de garder le canonicat simple, afin que, venant ici, j'aie une place dans notre chœur ; car les offices s'y célebrent si dignement que c'est là une de mes plus grandes consolations. Ayant ainsi de quoi vivre selon ma condition, je ne chercherai plus autre chose sinon de servir le Seigneur et l'Eglise de ce diocese par les petits travaux auxquels je serai

alla Chiesa di questa diocesi. Mi perdoni per bontà sua V. S. Ill” s' io, fra tanti pensieri d'importantia, la tratengo sopra questo mio particolar, perché in questi miei dubbii no so dove quietarme senon nel seno di Sua Paternità Ill"* et R"*.

Non so ancora se Sua Beatitudine si sarà compiaciuta di dar la licentia de’ libri prohibiti alli signori Grandis (1) et Rogetio, dottori de theologia ; so bene che non bisogna impacciarsi di prædicar fra gl’ haeretici sensa quella. La conferentia me vuol trattener un pezzo di qua, ma fra tanto il signor Rogetio passarà in Tonone acció faccia quel che si conviene in quell' opra.

Priegho il Signor conservi molti anni V. S. Ill” ad

employé. Que votre bonté daigne me pardonner si, au milieu de tant de graves sollicitudes qui l'accablent, je l'entretiens d'une affaire qui m'est personnelle ; mais, dans mes doutes, je ne sais où me reposer si ce n'est dans le cœur de Votre Illustrissime et Révérendissime Paternité.

Je ne sais pas encore s'il aura plu à Sa Sainteté d'accorder à MM. Grandis (1) et Roget, docteurs en théologie, la permission de lire les livres défendus ; mais je sais bien que, sans cette permission, il ne faut pas se méler de précher parmi les hérétiques. La conférence me retiendra longtemps ici ; en attendant, M. Roget ira à Thonon pour remplir les devoirs du ministère.

Je prie le Seigneur de vous conserver longues années pour l'utilité

(1) Claude Grandis, docteur de Louvain, était un ecclésiastique plus remarquable encore par ses éminentes vertus que par son savoir. Ordonné prétre le 27 mai 1589, il avait été institué curé d'Arthaz le 3 novembre de la méme année, et sept ans plus tard (1** octobre 1596), il permuta ce bénéfice contre un canonicat à la cathédrale. Il s'était acquis l'estime et l'affection de saint Frangois de Sales, qui voulut l'avoir pour collaborateur dans la mission du Chablais, et, en 1608, le nomma préfet de la Sainte-Maison.

La mort de ce chanoine, arrivée en juillet 1617, fut un deuil public, ainsi que l'écrit sainte Jeanne-Frangoise de Chantal en rendant le témoignage suivant à ses vertus : M. Grandis est un « homme de parfaite sainteté que chacun pleure et regrette pour l'extréme perte que l'Eglise a faite. Les seigneurs de Geneve méme, forcés par sa rare vertu, le regrettent, et disent que c'était un ange du Ciel ; certes, cette mort me toucha jusqu'au fond du cour. Monseigneur en a ressenti et ressent une douleur nonpareille. Encore cc matin les larmes lui en venaient aux yeux. » (Lettre du 1°" août 1617.)

utiltà di queste provincie, et basciandoli humilissimamente le mani reverendissime, resto eternamente,

Di V. S. Ill" et R^5, Humilissimo et devotissimo servitore,

FRANC? De SALES, indegno Prevosto di Geneva.

In Annessy, alli 31 di Maggio 97.

Doppo questa scritta et non mandata, il P. Spirito mi ha mandata una, quale io [ho] giunta qui, et credo che glie darà aviso delle cose di Tonone.

All Ill»» et Rmo Sig” mio osservandissimo, Monsig* l' Archivescovo di Bari, Nuntio Apostolico appresso S. A.

Turino.

Revu sur l'Autographe conservé à Rome, Archives du Vatican.

de ces provinces, et baisant tres humblement vos mains vénérées, je demeure à jamais, De Votre Seigneurie Illustrissime et Révérendissime, Le trés humble et tres dévoué serviteur, FRANÇOIS DE SALES, indigne Prévót de Geneve.

Annecy, le 31 mai 1597.

Cette lettre était écrite et non encore expédiée, quand le P. Esprit m'en a fait remettre une que je joins à celle-ci ; je crois qu'il vous renseignera sur les affaires de Thonon.

AU MÉME

(MINUTE

Affaires du Chablais : démélés avec les Chevaliers des Saints Maurice et Lazare ; encore la conférence de Genève.

Sales, 29 juin 1597.

Illustrissimo et Reverendissimo Signor mio osservandissimo,

Mi furono mandate le lettere di V. S. Ill?*', insieme col Breve di Sua Santità (1), dal signor presidente Pobello (2) con grandissima diligentia, si che capitorono nelle mie mani in Tonone alli 23 di Giugno. Ringratio infinitamente V. S. Ill®* del zelo con il quale Ella si adopra per questi poveri popoli.

Quanto all' ordine il quale il signor Ripa (3) fa intendere essersi dato, si per la conservatione del luogho di monsieur di Avulli nel consistorio di Chiablais, sì anche

Mon trés honoré, Illustrissime et Révérendissime Seigneur,

Les lettres de Votre Seigneurie et le Bref de Sa Sainteté (1) me furent envoyés si promptement par M. le président Pobel(2), qu'ils me parvinrent à Thonon le 23 juin. Je vous remercie infiniment du zele avec lequel vous vous employez pour ces pauvres populations.

Quant à l'ordre que M. Ripa ( 5) dit avoir été donné, soit pour le maintien de M. d'Avully dans la charge de chef du consistoire du

(1) Voir ci-devant note ( 1), p. 272.

(3) Raymond Pobel, seigneur d'Asniéres et du Mollard, d'abord avocat au Sénat de Savoie (1566), juge-mage de Bresse (1569), puis sénateur (1571), avait été nommé troisiéme président du Sénat le 9 janvier 1581, et devint second président le 5 août 1585. I1 mourut le 5 aoüt 1597.

(3) Augustin Ripa, premier secrétaire d'Etat, comte de Jaillon (1594), réunissait au titre de conseiller d'Etat, celui de « secrétaire des Commandements, des Finances, de l'Ordre de l'Annonciade et de la sacrée Religion et Milice des Saints Maurice et Lazare. »

per la restitutione dell'intrata al curato di San Giulino, non ne ho sin adesso sentito nuova veruna.

Quanto poi a (3) quello che è stato promesso dalli Cavaglieri, è vero che il signor cavaglier Bergera mi obligó gl'affitauoli, ma è vero ancora ch'io protestai di non voler litigar con essi, che eran tutti habitatori di Tonone ; et non fa bisogno che quelli i quali cercano di ridurli habbiano questi intrighi con loro, massime ir questi calamitosissimi tempi et paesi dove ogn'uno è povero.

Circa l' accrescer li curati, persisto io a dire che è convenientissimo che non solo li Cavaglieri, ma quanti sonno che si ritruovano haver beneficii in Chiablais, li lascino in mano di Monsignor Reverendissimo per darli a capaci. Ma non mi par che debbano li signori Cavaglieri, con questi prætesti, ritardar l'opra et dire che quasi tutte le cure siano nelle mani de' preti, perchè non saranno cinque prati che godano pacificamente detti beneficii (bi. Et io non ne so senon uno, de quelli cinque,

Chablais, soit encore pour la restitution du traitement dà au curé de Saint-Julien, je n'en ai jusqu'ici reçu aucune nouvelle.

Au sujet de ce qui a été promis par les Chevaliers, il est vrai que le chevalier Bergera obligea les fermiers en ma faveur ; mais il est vrai aussi que j'ai protesté ne point vouloir plaider avec ces gens, qui sont tous habitants de Thonon ; et il ne faut pas que ceux qui tàchent de les convertir aient ces démélés avec eux, surtout en des temps si calamiteux, et en des pays ou tout le monde est pauvre.

Pour cequi est d'augmenter le nombre des curés, je persiste à dire qu'il est tres convenable que non seulement les Chevaliers, mais encore tous ceux qui détiennent des bénéfices en Chablais les remettent a M:" le Révérendissime afin qu'il les donne ensuite aux plus capables. Toutefois, il me semble que MM. les Chevaliers ne doivent pas, sous de vains prétextes, retarder cette ceuvre et dire que presque toutes les cures sont entre les mains des ecclésiastiques ; car il n'y a pas cinq prétres qui jouissent paisiblement de ces bénéfices. Sur les cinq je n'en connais qu'un qui ne soit pas moleste

(a) a — [quel grano et vino... ] (b) detti beneficii — et non siano [querelati dall istessi...

il quale non sia querelato dall'istessi Cavaglieri, et quello sin adesso non ne ha cavato un sol quattrino per esser stato impedito dalli Genevrini; et nel resto ha speso del suo et delli suoi amici, nell'opra di Chiablais, quanto basta per non essergli rimproverato quel beneficio (1).

Ho ricevuto il Breve di Sua Santità con ogni humiltà, et vederó di essequire quanto in quello mi è commandato, con ogni diligentia. É vero che il tempo é molto cattivo di qua. Monsignor R"° Vescovo mi ha mandato una lettera per esser mandata a V. S. Ill", nella quale glie dà raguaglio della sanità ricuperata per gratia d' Iddio.

Il P. Cherubino glie scrive circa la conferentia in che stato siamo. Temo che li movimenti della Maurianna non ci diano gran disturbo (3), massime alla venuta del Padre Giesuito che V. S. Ill"* vuol far venire. Et già che mi

———— ———— mart iH rs t ——Á——— —— —

par les Chevaliers mémes, et celui-ci n'en a pas tiré un seul liard parce qu'il en a été empéché par les Genevois. Du reste, il a suffisamment dépensé de son bien et de celui de ses amis dans la mission du Chablais, pour qu'on ne lui reproche pas ce bénéfice(1).

J'ai reçu en toute humilité le Bref de Sa Sainteté ; je tàcherai d'exécuter avec grande diligence ce qu'il m'enjoint. ll est vrai que les temps sont bien mauvais pour ce pays. M*' notre Révérendissime Evéque m'a envoyé, pour faire parvenir à Votre Seigneurie, une lettre dans laquelle il vous annonce que, par la grâce de Dieu, il a recouvré la santé.

Le P. Chérubin vous écrit ou nous en sommes touchant la conférence. Je crains que les mouvements des troupes en Maurienne ne nous causent de grands embarras (2), surtout pour la venue du P. Jésuite que Votre Seigneurie Illustrissime veut nous envoyer. Puisque vous me demandez lequel serait le plus utile, du Recteur de

(1) Le Saint parle ici de lui-méme ; car il avait obtenu au concours, le It mai 1595, la cure de Corsier-Asniéres, dont les revenus étaient aliénés par les hérétiques.

(2) Lesdiguiéres venait de faire une descente dans cette province; le 23 juin il avait surpris Saint-Jean de Maurienne. Dom Sanche de Salinas, chargé de défendre le pays, au lieu d'opposer quelque résistance, avait replié ses troupes sur le Piémont. Lesdignières le poursuivit jusqu'au pied du Mont- Cenis, et s'empara du château de Saint-Michel.

domanda quale fia più utile, o vero il Rettor de Turino!', o vero il theologo francese che legge in Milano (2), stimo ch'il francese tornarà più a commodo, si per il commercio della lingua, sì ancora per parer minor affettatione dalla banda nostra, già che questa conferentia non ha da farsi se non sotto nome di Monsignor Reverendissimo nostro. Ma saria bisogno di tenerlo avvertito acciò che venga al primo avviso senza dilatione, perchè il differire non potrà esser senon nocivo. Habbiamo in Chiambery duoi Padri Giesuiti valenti : il Padre Saunerio et il Padre Alexandro, scossese (3); et in caso che fossero chiusi 1 passi et le strade per venire, mi pare che bastariano. È ben vero che questi (renevrini fanno gran difficoltà di ricevere Giesuiti in questa conferentia, con dire che sonno huomini di Stato et esploratori di Spagna ; ma noi, dal canto nostro, faremo ogni sorte di instantia.

Turin (1) ou du français, lecteur de théologie à Milan (2), je crois que le français nous conviendra mieux, soit à cause de la langue, soit aussi pour qu'il y ait moins d'affectation de notre cóté; car cette conférence ne doit se faire que sous le nom de Ms" notre Evéque. Mais il faudrait prévenir ce Père afin qu'il vint sans retard au premier appel : tout délai ne pourrait étre que nuisible. Nous avons à Chambéry deux Pères Jésuites de grand mérite : le P. Saunier et le P. Alexandre, écossais (3); si les passages et les routes [d'Italie] étaient fermés, il me semble que ces Religieux suffiraient. Les Genevois, il est vrai, font grande difficulté d'admettre des Jésuites à cette conférence, disant qu'ils sont hommes d'Etat et explorateurs d'Espagne ; cependant nous emploierons de notre cóté toutes sortes d'instances.

(1) Le P. Antoine Marchesi, milanais, qui exerga cette charge pendant les années 1595-1598 et 1602, 1603.

(2) Le P. Jean de Lorini (voir ci-devant, note (1), p. 105).

(3) Le P. Alexandre Hume ou Humæus, né en Ecosse en 1560, appartenait probablement à la famille des barons Hume de Polwarth; il entra dans la Compagnie de Jésus en 1581. Un de ses contemporains fait de lui l'éloge suivant : I] se rendit recommandable « par son humilité et par le courage qu'il témoigna en plusieurs rencontres où il s'agissait de la conquête des âmes... C'était un saint, tenu pour tel en Chablais et partout ailleurs. » Le P. Hume partagea avec beaucoup de zéle et de dévouement les travaux de saint Frangois de Sales pour la conversion des hérétiques. I1 mourut à Chambéry le 29 mars 1606.

Quanto alla parrochia per laquale desideravo di haver dispensa, il fratello del defunto curato pretende di esserne proviso (©), per resignatione, da Roma; il che se sarà vero, non vorrei esser importuno con V. S. Ill" indarno. Aspettard adunque di supplicarla, sin tanto che di Roma venga la resolutione per questo preetendente.

Fra tanto mi fanno intendere che il signor Cantor della metropolitana di Lione (') indrizza certi avvisi a Monsignor l' Ill"? Cardinale Legato in Francia(?) circa le cose di Genevra ; et perché é persona degna de fede, mi é parso di dover darne aviso a V. S. Ill"*, acció che se per sorte la scrivesse a detto signor Legato et venisse a proposito, lo favorischi. . . . . . .

Revu sur l'Autographe conservé à la Visitation d'Annecy.

Quant à la paroisse pour laquelle je désirais avoir une dispense, le frere du défunt prétend en étre pourvu de Rome par résignation. S'il est vrai, je ne voudrais pas importuner inutilement Votre Seigneurie; j'attendrai donc pour vous supplier a ce sujet la décision de Rome a l'égard du prétendant.

On m'avertit que M. le chantre de la métropole de Lyon (1) adresse a Ms" l'Illustrissime Cardinal Légat de France (2) certains avis touchant les affaires de Genéve; comme il est un homme digne de foi, j'ai cru devoir vous en informer, afin que si par hasard Votre Seigneurie écrit audit Légat et qu'Elle en ait occasion, Elle daigne le favoriser.

(c) proviso — [con derogatione...

(1) Louis de Sacconay, qui appartenait à une famille savoisienne, était chanoine de la métropole de Lyon dés le 24 décembre 1573. Il remplit successivement dans ce Chapitre les charges de maitre de chœur (1577), chantre (1582) et chamarier (1604); il mourut le 22 juin 1613.

(2) Alexandre de Médicis; voir ci-devaut, note ( 1), p. 221,

Let rsas È . 4»

306 LETTRES DE saint FRANCOIS DE SALES

\MINUTR)

Témoignages de reconnaissance.

(Juillet! 1597.

(a) Monseigneur,

Je remercie tres humblement Vostre Altesse du favorable jugement qu'elle fit de moy dernierement (?), quand la nouvelle se donna que Monseigneur le R" Evesque de Geneve estoit en danger de mort (2). Et sachant que cest heur de comparoistre en vostre memoire en une si honnorable occasion ne peut partir que de la bonté de Vostre Altesse, qui aura peut [étre] esté persuadée qu'il y aye quelque suffisance en moy, proportionée a ceste sienne faveur, je rougis d'honte d'en estre tant indigne (5), et loue Dieu neanmoins qui a donné a Vostre Altesse ceste resolution de vouloir procurer des bons pasteurs a vostre peuple ; car encores que je soys le plus indigne de tous ceux qu'elle pouvoit se reduyr'en souvenance, si

—— ÁÓ———GGMR ee e—==——rrrrrr————_____mttTP————————11——————

(a) Monseig', Je remercie Vostre Ser"* Altesse du favorable souvenir qu'ell'eust de moy dernierement quand ell'eut advis que Monseig" le Rme Evesque de Geneve estoit en danger de mort; lequel, bien quil partit du respect que V. A. porte a la vertu, du merite delaquelle elle croyoit que je fusse prouveu, dont je suis bien esloigné, ne peut qu'il n'anime a se rendre vertueux tous ceux qui l'auront sceu, et ne me donne courage pour m'acquerir la suffisance en contemplation de laquelle V. A. s'advisa lhors de me bienfaire. Et bien que je sois... Ell'animera neanmoins tous ceux qui le sçauront a se [rendre capables de semblable...) procurer une vraye capacité qui puysse meriter un bien semblable...

(b) [Un léger trait de plume a été passé, probablement par distraction, sur les sept mots qui précédent.]

(1) Voir à l'Appendice la lettre du Nonce en date du 16 juin 1597.

(2) Malgré le rétablissement de M*' de Granier, le duc de Savoie ne perdit pas de vue le projet de lui donner le Prévót pour successeur; le a9 août de cette méme année, il signait les lettres patentes par lesquelles celui-ci était nommé coadjuteur de l'Evéque de Genéve avec future succession.

est ce que l'intention droitte de Vostre Altesse ne laisse pas d'en estre tres recommandable (©).

Jay escrit pieca a Vostre Altesse des necessités du Chablais, et (4) quoy que je ne doute point que le zele dont Nostre Seigneur a eschauffé son cœur ne luy en tienne tousjours la memoyre fraiche, si ay je prié monsieur le baron de Chevron de la luy repræsenter.

Je prie sa divine Majesté qu'elle (€) conserve et confere toute benediction a Vostre Altesse, delaquelle je suis,

Monseigneur, (f) Tres humble et tres obeissant serviteur et sujet.

Revu sur l'Autographe conservé à la Visitation d'Annecy.

(c) fres recommandable. — TPuys, en un siecle si desesperé... infortuné...]

(d) ef — [ay prié monsieur le baron de Chivron d'en resouvenir par fois V. A...)

(e) qu'elle — [soit la protection de V. A...)

(f) a Vostre Altesse, — llaquelle je supplie de m'advoüer, ] Monseigneur, f pour son]

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