A UN GENTILHOMME DE LA COUR DU DUC DE SAVOIE
(MINUTE INÉDITE
Mème sujet.
[Juillet] 1597.
Monsieur,
Je ne puys penser d'ou me vient la faveur [par laquelle] il vous pleut embrasser dernierement l'honnorable souvenance que Son Altesse eut de moy sur la nouvelle qui courut de la maladie de Monseigneur l'Evesque de Geneve, si ce n'est vostre bonté, qui vous sollicite a bienfaire jusques aux inconneuz. Mays je scai bien que ceste vostre courtoisie ne se pouvoit adresser a
e 308 LETIRES DE SAINT FRANÇuIS Db SALES
sujet qui s'en tint plus indigne et plus obligé a vous rendre humble service.
Je prie Dieu quil vous conserve longuement en prosperité, et m'offre meshuy a vous pour demeurer a jamais, Monsieur, Vostre tres humble serviteur.
Revu sur l'Autographe conservé à la Visitation d'Annecy.
A MONSEIGNEUR JULES-CÉSAR RICCARDI ARCHEVÊQUE DE BARI, NONCE APOSTOLIQUE A TURIN
(MINUTE
Assemblée faite à Annemasse pour traiter des intérêts de la religion en Chablais. — Le P. Chérubin député auprès du duc. — Succès prodigieux des Quarante-Heures d'Annemasse.
lThonon,] 14 septembre 1597.
Illustrissimo et Reverendissimo Signor mio
Mentre son stato differendo di giorno in giorno di scriver a V. S. Ill"* sin tanto che io potessi concorrere col P. Cherubino per scrivergli più compitamente, sonno occorse tante cose degne di esser scritte ch'io non so se le potrò ben tutte ridurre nella memoria.
Essendosi ridotti in Annemasse li R^ Padri Giovanni Saunerio, Giesuito, Spirito et Cherubino, Cappucini,
Mon trés honoré, lllustrissime et Révérendissime Seigneur,
Pendant que je différais de jour en jour d'écrire à Votre Seigneurie Illustrissime en attendant que je pusse me concerter avec le P. Chérubin pour le faire plus amplement, il est arrivé tant de choses dignes de vous étre communiquées, que je ne sais si je pourrai les rappeler toutes à mon souvenir.
Comme je vous l'écrivais dans ma derniere lettre, les RR. PP. Jean Saunier, Jésuite, Esprit et Chérubin, Capucins, le chanoine de Sales,
insieme col signor canonico de Sales, il curato di Annemasse (1), tutti prædicatori, et il Barone di Viri, consigliere di Stato di Sua Altezza, per cercar li mezzi convenevoli di ridurre alla fede li popoli che sonno intorno a Geneva, si come io scrissi a V. S. Ill"* per l'ultima mia, si fece questa conclusione. Che bisognava ad ogni modo che le cure fossero restituite dalli Cavaglieri di San Lazaro et altri; che fosse drissato un collegio in Tonone de Padri Giesuiti, od al manco una residentia ad tempus, et per ciò fare, vi foss' applicata l’intrata di un priorato conventuale posseduto dalla communità di esso luogho. Et acciò che gl’ habitatori non ne havessero ramarico verso detti Padri, il che impedirebbe assai il progresso della loro conversione, fu avisato che saria preghata Sua Altezza di voler dar a detta communità, in vece del priorato, un datio o taglione che si cava di detta terra di Tonone. Questo fu il sommario delle conclusioni fatte unanimamente da detti Padri et altri da un canto.
le curé d'Annemasse (1), tous prédicateurs, et le baron de Viry, conseiller d'Etat de Son Altesse, se sont réunis à Annemasse afin d'aviser aux moyens les plus convenables pour ramener à la foi les populations des environs de Genève; voici ce qui a été conclu. Il est absolument nécessaire que les Chevaliers de Saint-Lazare et autres cedent les cures qu'ils possèdent ; qu'un collège de PP. Jésuites, ou du moins une résidence ad lempus soit établie à Thonon. ll faudrait appliquer à cela le revenu d'un prieuré conventuel qui appartient à la commune dudit lieu. Mais afin d'empécher les habitants de conserver quelque froideur à l'égard des Peres, ce qui entraverait beaucoup le progrès de leur conversion, on proposa de prier Son Altesse de vouloir bien, en dédommagement de ce prieuré, abandonner à la commune l'impót ou taille qu'elle perçoit maintenant de la ville de Thonon. Tel est le résumé des propositions faites unanimement par les Peres et autres qui assistaient à l'assemblée.
(1) Balthazar Maniglier, « personnage de beaucoup d'érudition et d'une grande piété, » lié d'amitié avec saint Frangois de Sales depuis l'époque oü ils faisaient ensemble leurs études à Paris, avait été nommé curé d'Annemasse le 29 octobre 1596. Honoré de la confiance de son Evéque et de celle du duc de Savoie, il fut chargé par ce dernier de plusieurs missions importantes. Il mourut curé de Serraval en 1635.
Si trattó poi della conferentia, a che modo la potressimo inviare ; ma di questo lasciaró scriver al P. Cherubino al quale sonno state fatte le risposte. In summa, li ministri temono incredibilmente questa impresa. Et perchè il P. Cherubino mi ha detto che V. S. Ill" proponeva di prieghar Sua Santità che ci facesse gratia di scriver al signor Cardinale Legato di Francia acció procuri ch'il Re commandi a' Genevrini di venir a conferentia (1), non posso tralasciar di dire che a questo modo si farebbe detta conferentia et piü fruttuosamente et con conditioni piü avantaggiose.
Hora, di quanto fu proposto in Annemasse, si fece un scritto et memoriale da esser appræsentato a Sua Altezza Serenissima, et fu deputato il P. Spirito per àndar in corte a trattarne ; ma poi Monsignor Reverendissimo nostro volse, et prudentissimamente, che il Padre Cherubino facesse questo viaggio. Et insieme fu trattato di far l'oratione di Quarant'hore in detto luogho di Annemasse, per svegliar quelli ministri di Geneva;
On traita ensuite des moyens à prendre pour acheminer le projet de la conférence ; mais je laisserai le P. Chérubin écrire sur ce sujet, puisque c'est à lui que les réponses ont été données, En somme, les ministres redoutent incroyablement cette entreprise. Le P. Chérubin m'a dit que Votre Seigneurie Illustrissime se proposait de prier Sa Sainteté de vouloir bien écrire à M. le Cardinal Légat de France, afin qu'il tâche d'obtenir que le roi ordonne aux Genevois de venir à la conférence (1) ; or, je ne puis omettre de vous prévenir que, de cette maniere, elle se ferait avec beaucoup plus de fruit et dans des conditions plus avantageuses.
De tout ce qui a été proposé à Annemasse, on a dressé un écrit ou mémoire pour étre présenté à Son Altesse. Le P. Esprit avait d'abord été désigné pour aller en cour traiter de cette affaire ; mais ensuite Monseigneur voulut, et cela tres prudemment, que le P. Chérubin entreprit ce voyage. Il avait été aussi question de célébrer les prières des Quarante-Heures audit lieu d'Annemasse pour réveiller les ministres de Genève. Le Père se trouvant donc à la cour, obtint sur
(1) Il ne fut pas donné suite à ces projets, et les ministres protestants, aprés avoir fait trainer l'affaire en longueur, finirent par refuser la discussion.
onde detto Padre, essendo in corte, hebbe del tutto piissima et gratissima risposta. Ma le cose delle cure et del collegio furono lasciate nelle mani delli signori di Lulino et di Giacob per avisare del modo col quale si potessero essequire ; et adesso, per quanto mi vien detto, si aspetta la venuta del signor cavaglier di Ruffia per farne fine.
Quell'oratione di 40 hore si fece in Annemasse la Domenica prima di Settembre et il giorno della Natività della Madonna, con un frutto molto piü grande di quello che si sperava 1!) ; et ha un poco del miracolo. Annemasse é una parrochia nel contado, vicina a Geneva tre millia, dove non cié commodità di allogiare quattro persone. Ivi, intorno alla chiesa che é tutta guasta da gl' huguenotti, si fece un tentorio capacissimo con tele, legnami, tapisserie (sic) et altre cose simili acciò potessero li popoli star all’ or.
Revu sur l'Autographe conservé à la Visitation d'Annecy.
chaque proposition une tres pieuse et tres agréable réponse. Mais les projets relatifs aux cures et au collège ont été remis entre les mains de MM. de Lullin et de Jacob, qui doivent aviser comment on pourrait les mettre à exécution ; maintenant, à ce qui m'est dit, on attend pour en finir l'arrivée de M. le chevalier de Ruffia.
Cet exercice des Quarante-Heures se fit à Annemasse le premier Dimanche de septembre et le jour de la Nativité de Notre-Dame, avec un fruit beaucoup plus grand que celui que nous en espérions (1); il tient méme un peu du miracle. Annemasse est une paroisse de la campagne, à trois milles de Genève, où il n'y a pas moyen de loger quatre personnes. Là, autour de l'église, qui a été tout endommagée par les huguenots, on construisit avec des toiles, des boiseries, des tapisseries et autres choses semblables une tente tres vaste, afin que tout le peuple pit demeurer . . . . . . . . . . . . - .
(1) Au sujet des Qnarante- Heures, voir tome 1I de cette Edition, Préface des éditeurs (I"° Partie) et Avant-Propos de l'Auteur, pp. 25, 26.
morte (1), adesso che per la medesima bontà sono convalescente, mi è restata una tanta debolezza, massime di gambe, che io non so se devo sperare di poter fare il viaggio di Roma avanti Pasqua, quantunque desiderarei infinitamente di ritrovarmi costì per li giorni santi, et farò ogni sforzo di farlo.
Onde, essendo andato nell' armata nostra avanti ch'io mi ammalassi (3), per pigliar passaporto da Sua Altezza da un canto, et dall’ altro per haver dichiaratione da lui del suo consenso quanto alla restitutione delle cure di Chiablais per li curati che subito fatta detta restitutione ivi si stabiliranno, Sua Altezza, con tutta quella dimostratione di pietà che si poteva sperare, commando tre lettere : una a Sua Santità et le altre a duoi Signori Cardinali, nelle quali ella pregha instantemente la Santa
pendant sept jours consécutifs on n'attendait guére autre que ma mort (1). Maintenant que, par la méme divine bonté, je suis en convalescence, il m'est resté une telle faiblesse, surtout aux jambes, que je ne sais si je pourrai faire le voyage de Rome avant Pâques, quoique je désire infiniment de m'y trouver pour la Semaine Sainte; aussi ferai-je tous mes efforts à cette fin.
C'est dans cette prévision que je m'étais rendu au camp avant de tomber malade (3) : d'abord pour avoir un passeport de Son Altesse, et ensuite pour obtenir la déclaration de son consentement à la restitution des cures du Chablais aux curés qui s'y établiront aussitót que cette restitution sera faite, Son Altesse, avec toutes les démonstrations de piété que l'on pouvait espérer, donna ordre d'écrire trois lettres, l'une à Sa Sainteté et les autres à deux Cardinaux, afin de prier instamment le Saint-Siege de révoquer l'union de ces bénéfices avec ceux des Chevaliers. Or, parce que dans ces lettres je suis
(1) Saint Frangois de Sales avait été atteint de cette fiévre continue qui mit ses jours en péril, à la fin d'octobre 1597, ainsi que le prouvent deux piéces signées, l'une par les chanoines Déage et Grandis, en date du 9 novembre, et l'autre par MS" de Granier, le 30 du méme mois. C'est donc à tort, comme nous l'avons dit ailleurs (Préface de notre tome II, note (3), p. x), que Charles- Auguste de Sales et les historiens qui l'ont suivi placent cette maladie une année plus tard.
(a) Le duc se trouvait alors à Barraux, sur les frontières du Dauphiné et de la Savoie, pour surveiller la construction du fort qu'il y faisait élever, et qui fut pris par Lesdiguiéres l'année suivante.
Sede di rivocare la unione fatta alli Cavaglieri. Hora, perché dette lettere fanno mentione di me come latore et instruttore della necessità della desiderata revocatione, ho differito sin adesso d'inviarle, sperando di poter portarle fra poco. Ma già ch'io vedo le dette lettere invecchiarsi et dubito che vi sia pericolo nella retardatione, mi è parso bene di mandarle a V. S. III"* et R^*, protettrice amorevolissima di tutto questo negotio, acció che overo le trattenga se cosi glie parerà, overo le mandi per accelerare il negotio, il quale non si terminarà giamai cosi presto quanto si ha da desiderare.
Spero che Sua Santità non haverà in questo difficoltà ; ma Sua Altezza in particolare mi disse che questa opera haveva da farsi senza communicarne una sola parola col signore Arconato (1), suo Imbasciatore appresso Sua Santità, perché egli l'impedirebbe per il proprio interesse. È vero che la necessità è grande ; et si conosce da questo, che queste feste di Natale havendo Sua Altezza
mentionné comme devant en étre le porteur, avec charge d'expliquer la nécessité de la révocation désirée, j'ai différé jusqu'à présent de les expédier, espérant pouvoir les remettre moi-méme sous peu. Mais voyant que lesdites lettres vieillissent, je crains qu'il y ait quelque danger en ce retard, et il me semble devoir les envoyer à Votre Seigneurie Illustrissime et Révérendissime, protectrice trés dévouée de toute cette affaire, afin qu'Elle les retienne si Elle Ie juge bon, ou qu'Elle les expédie pour háter cette ceuvre, laquelle ne se terminera jamais aussi promptement qu'on peut le désirer.
J'espère que Sa Sainteté ne verra pas de difficulté en cela ; mais Son Altesse m'a dit en particulier que cette affaire doit étre traitée sans en souffler mot à M. Arconato (1), son ambassadeur auprés de Sa Sainteté, parce qu'il s'y opposerait en vue de son intérét personnel. ll y a vraiment urgence : ce qui le prouve, c'est que pendant
(1) Frangois Arconato, d'origine milanaise, comte de Tronzano, en Piémont, s'était fait connaitre dans les armées du duc de Savoie pendant les guerres de 1589; mais il servit encore plus utilement ce prince dans la carriére diplomatique. D'abord ambassadeur à Rome (1593-1599), puis en Espagne, il fut l'un des plénipotentiaires qui négociérent le traité de Lyon. Charles-Emmanuel I°" le nomma conseiller d'Etat, chevalier des Saints Maurice et Lazare, puis de l'Annonciade en 1608.
316 LETTRES DE SAINT FRANÇOIS DE Sales
mandato il signor Presidente Fabro, persona di singolarissima pietà et sufficentia, in Tonone per conoscer l'animo delli habitatori di Chiablais circa l'essercitio catholico, quasi tutti mostrorno di desiderarlo, et aspettano di hora in hora che si restituisca.
Il Padre Cherubino ha predicato l' Advento in Tonone et deve giungere qua domani, dal quale V. S. Ill" haverà piü particolar avviso. Mi é stato detto che Sua Altezza ha tolto l'intrata de' Cavaglieri per servitio suo, et l'ho fatta preghare che facesse dar la provisione necessaria per li ecclesiastici che sono nelle tre cure già stabilite.
(b) Ma non posso finirla senza domandare a V. S. Ill" qualche gratia secondo il solito. Sono duoi poveri religiosi, ma da bene, della badia della Madonna di Six (!!,
les fêtes de Noël, Son Altesse ayant envoyé à Thonon M. le président Favre, homme d'une piété singuliere et d'un grand mérite, pour connaitre le sentiment des habitants du Chablais sur l'exercice du culte catholique, presque tous ont témoigné le désirer et ils attendent d'heure en heure qu'il soit rétabli.
Le P. Chérubin a préché l'Avent à Thonon, et il doit arriver ici demain ; il renseignera plus particulierement Votre Seigneurie lllustrissime. On m'a dit que Son Altesse a saisi à son profit le revenu des Chevaliers, et je l'ai fait prier de donner la provision nécessaire aux ecclésiastiques qui sont dans les trois cures déjà établies.
Mais je ne puis finir sans demander, selon mon habitude, quelque faveur à Votre Seigneurie. Deux pauvres et vertueux religieux de l'abbaye de Notre-Dame de Sixt (1) ont célébré avant le
(b) Ma io non posso finirla senza dimandar qualche gratia a V. S. Illma, Cié un monasterio di Canonici regolari, sottoposto all' abadia d'Abondanza,
(1) Ce monastère, fondé dans une pittoresque vallée du Faucigny par des Chanoines réguliers venus d'Abondance, fut, en 1144, élevé au rang d'abbaye. Sous la conduite du bienheureux Ponce de Faucigny, son premier Abbé, il atteignit un haut degré de prospérité et de ferveur ; mais aprés plusieurs siècles la régularité s'altéra dans cette Communauté que saint François de Sales eut la gloire de réformer. Ce sont précisément les deux religieux dont il est ici question qui furent députés auprès de lui pour solliciter cette réforme. Ils survécurent tous deux à notre Saint, et déposèrent sur ses vertus lors des informations pour sa Béatification (1632).
quali hanno celebrato avanti il tempo : cioé uno, chiamato Francesco Biord, quale celebró nell'anno 19°; l'altro, Nicoló Desfaiet, che celebró nel 23°, et questo dopo la Bulla di Sisto V (1), senza tuttavia haver notitia di detta Bulla ; della quale, subito che sonno stati avvisati, mossi di grandissima penitenza, colle lagrime nei occhi, sonno ricorsi da me per haver consolatione. Et io in questo non posso altro se non ricorrere alla bontà di V. S. Ill", acció possino impetrare la consolatione dell’ assolutione. Quel monasterio è di Canonici regolari, sottoposto all'Abondantia ; ma tiene de' monachi quali sono dabbene et timorati, si come mi ha riferito il signor canonico de Sales, quale ivi ha predicato queste feste.
temps : l'un, appelé François Biord, dans sa dix-neuvieme année; l'autre, Nicolas Desfayet, dans sa vingt-troisieme ; et cela apres la Bulle de Sixte V (1), dont ils n'avaient toutefois aucune connaissance. Aussitót qu'ils ont connu l'existence de cette Bulle, touchés d'un grand sentiment de pénitence, les larmes aux yeux, ils ont eu recours à moi pour recevoir quelque consolation. Et moi je ne puis faire autre chose que de recourir à la bonté de Votre Seigneurie afin de leur obtenir l'absolution. Sixt est un monastere de Chanoines réguliers, sous la juridiction de l'abbaye d'Abondance ; mais les moines qui l'habitent sont des hommes de bien, vivant en la crainte de Dieu, ainsi que me l'a rapporté M. le chanoine de Sales qui a préché la ces fétes passées.
nel quale sonno undici religiosi, quali tutti hanno celebrato avanti il tempo, et alcuni dopo la Bulla della S'* di Sisto V, senza tuttavia haver notitia di detta Bulla. Hora, sapendo la irregolarita che corre, desiderano d'havere assolutione, ma non sanno che strada pigliare. Onde supplico V. S. Illma di consolarli in questo, avisandome del modo che si ha da tenere, poichè, per miracolo, questo solo monasterio, fra altri, desidera unanimamente la sua reformatione. Se non vivono da frati, per non haver chi li conduca et ammaestri, vivono al meno da buoni sacerdoti, come testifica il Sig" canonico de Sales, quale vi é stato (a] predicare queste feste passate, et ne ritornó molto edificato della loro conversatione, in comparatione degl' altri religiosi savoyani. Il monasterio si chiama Nostra Dama di Six. — (Mais je ne puis finir sans demander quelque faveur à Votre Seigneurie Illustrissime. Il y a un monastère de Cbanoines réguliers, sous la juridiction de l'abbaye d'Abondance, où se trouvent onze religieux, qui tous ont célébré avant le temps, et quelques-uns aprés la Bulle
(1) La Bulle Sanctum et salutare, donnée le 5 janvier 1589.
Et per fine, Iddio havendome dato questo pezzo di vita che mi resta, io ricognosco di tenerla per servitio di Sua divina Maestà, della santa Chiesa et in particolare per essere,
Di V. S. Ill"* et R”"*, (©) Humilissimo (4) et devotissimo servitore,
FRANC? De SALES, Prævosto di Geneva.
Di Annessy, alli 14 Genaro 1598.
Li medici, quali non hanno per bene che io scriva, m'hanno fatta usare la man d'altri, il che V. S. Ill* me perdoni.
Revu sur les deux textes insérés dans le I°" Procès de Canonisation.
Et finalement, Dieu m'ayant donné ce peu de vie qui me reste, je reconnais devoir l'employer au service de sa divine Majesté, de la sainte Eglise et tout particuliérement à me témoigner,
De Votre Seigneurie Illustrissime et Révérendissime, Le trés humble et trés dévoué serviteur,
FRANÇOIS DE SALES, Prévôt de Geneve.
Annecy, le 14 janvier 1598.
Les médecins, qui ne trouvent pas bon que j'écrive, m'ont obligé à me servir de la main d'autrui. Que Votre Seigneurie Illustrissime me le pardonne.
de Sa Sainteté Sixte V, dont ils n'avaient aucune connaissance. Or, ayant été avertis de l'irrégularité qu'ils ont encourue, ils désirent en étre absous, mais ne savent quel chemin prendre. C'est pourquoi je supplie Votre Seigneurie de les consoler sur ce point, en m'indiquant à quels moyens il faut recourir; car, par miracle, ce monastère, seul parmi les autres, désire unanimement la réforme. S'ils ne vivent pas en religieux parce qu'ils n'ont personne qui les conduise et les instruise, ils vivent du moins en bons prétres, comme l'atteste M. le chanoine de Sales qui a préché là ces fétes passées, et qui s'en est retourné trés édifié de leur conduite, si on la compare à celle des autres religieux savoisiens. Le monastére est appelé Notre-Dame de Sixt.)
[Reprendre au texte, lig. 1.]
(c) et Rma — Paternita
(d) affettionatissimo
( umvrE)
Instantes priéres pour que les Chevaliers des Saints Maurice et Lazare soient contraints à payer les pensions dues aux curés du Chablais. — Députation des villageois de cette province pour obtenir du duc la restauration de leurs églises. — Maladie du Saint.
Annecy, janvier 1598.
(a) Je crois que Vostre Altesse se resouviendra que l'annee passee, appres plusieurs declarations de la bonne intention qu'elle avoit de prouvoir a l'entretenement des gens d'Eglise qui seroient emploiés pour le service de Dieu au duché de Chablais, messieurs les Chevaliers de Saint Lazare promirent en fin finale a Monseigneur le Nonce de donner chasque annee six pensions pour autant de gens d'Eglise ; mais pour ne se forcer pas de premier coup, ilz ne firent ceste premiere annee la que la moytié de ce quilz avoient promis, qui fut cause de reduire les six a troys. Or pensois je que ceste annee ilz envoieroient les commandementz necessaires a leurs fermiers pour faire delivrer tout entierement les six pensions
(a) [Ce qui suit est écrit par saint Frangois de Sales, d'une main ferme et appliquée, sur un feuillet dont la moitié est restée en blanc. Empéché peut-étre par la rechute dont il parle ci-dessus de terminer cette lettre, il dicta à Georges Rolland, son valet de chambre, lequel écrivit au verso du méme feuillet la minute qui constitue notre Piéce CIV.]
Monseigneur,
Il a pleu a Nostre Seigneur de retarder par une longue et grosse maladie le voyage de Rome, pour lequel j'avois receu les commandemens de Vostre Altesse lhors qu'ell'estoit a Barraux, et par lequel j'esperois d'obtenir pleyne provision pour les gens d'Eglise qui se fussent employés a l'instruction du peuple de Chablaix qui auroit affection de se reduire a la sainte foy, selon le saint zele avec lequel V. A. avoit fait une tres ample declaration a Sa Sainteté qu'elle consentoit que toutes les cures fussent employees a cest effect.
Ce pendant, le tems qui va fuyant nous a portés en une nouvell'annee; et...
* I Cor., 1, 23, 26.
promises, affin non seulement de conserver l'exercice commencé en trois lieux par les trois ecclesiastiques dejaz establys.......
Mais voiant quilz n'en tiennent aucun conte, je suis contraint de recourir a la bonté de Vostre Altesse pour la supplier tres humblement que, comme par son authorité et zele elle tira la promesse desditz seigneurs Chevaliers, il luy plaise aussy d'en faire sortir l'effait, commandant a ses officiers et ministres de Chablais de faire saisir sur le revenu des cures ces six pensions, au prouffit des trois curés dejaz constitués et de trois autres qu'on y establira tout aussi tost que l'on aura le moien de les entretenir. Autrement, Monseigneur, le service cessera tout a coup la ou il est commencé, qui sera un grand scandale et perte d'ames, et ne se trouvera personne qui veullie plus y aller pour y estre a la mercy de la provision de messieurs les Chevaliers.
Ce pendant, voicy une preuve certaine de la necessité que l'on a en ce pais la de beaucoup d'ouvriers spirituelz. Ces bons paisans, deputés de plusieurs parroisses, vont supplier Vostre Altesse de leur doner moyen de refaire leurs eglises et d'avoir des pasteurs catholiques. Je puis dire avec verité que la pluspart des vilages du balliage de Thonon sont de mesme vollonté; pour tous lesquelz je prie Dieu de tout mon cœur quil les fasse jouir des desirs quil a mis en eux, et supplie Vostre Altesse en toutte humilité qu'elle leur fasse voir la grandeur de l'affection qu'ell'a a l'honneur de Dieu, puisque l'acueil et faveur que leur simplicité recepvra de Vostre Altesse servira de mesure et de reigle a tout le reste de Chablais, et en fin mesme a ceux de la ville de Thonon, quoy quilz semblent maintenant revesches et rebelles a la lumiere. Aussi est ce l'ordinaire que les pauvres et simples embrassent plus vollontiers le Crucifix que les riches et sages mondains *. Ce furent des bergers qui les premiers adorerent Nostre Seigneur né.
Je pensois bien obtenir de Sa Sainteté la restitution universelle des cures des balliages, suivant l'expres consentement que Vostre Altesse en avoit donné par escrit,
si Dieu n'eust retardé par une longue maladie le voiage de Rome pour lequel j'avois prins a Barraux les commandementz et le congé de Vostre Altesse. Ce sera incontinant que je me verray asses fort pour l'entreprendre. Je prie tres instamment Nostre Seigneur quil vous doint. . . . . . . . . . . . . «. 4
Revu sur l'Autographe conse;vé à la Visitation d'Annecy.